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AB5792
8 critiques
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3,0
Publiée le 5 juin 2026
Le film a pour décor un tournage. L'occasion pour un réalisateur, père absent durant l'enfance de sa fille, de lui donner un coup de pouce alors qu'elle a trente ans, en lui confiant un rôle important dans son prochain film. Le jeu de Javier Bardem qui incarne le réalisateur, est très inspiré. L'ensemble peut se voir sans ennui même si une fois de plus c'est un peu long (plus de deux heures). Quelques scènes sont très réussies (comme celle qui reconstitue un repas, tournée le matin sous un soleil de plomb avec du poisson au menu). D'autres expriment l'air du temps (quand des méthodes de conduite d'équipe se traduisent par des départs sur le plateau). Il arrive aussi que le film "tombe" juste et la c'est vraiment du cinéma. Pour le reste, l'intrigue un peu banale pourrait donner une impression de "déjà vu".
Film long et bavard, sans être ennuyeux car les acteur·ices sont très convaincant·es. Film nombriliste, centré sur le tournage d'un film. De magnifiques paysages à certains moments.
L'Être aimé est une œuvre d'une densité romanesque et émotionnelle rare. Sorogoyen prouve qu'il sait filmer les dynamiques familiales avec la même virtuosité et la même violence psychologique que ses thrillers policiers. Un grand cru cinématographique pour 2026.
Très décevant, malgré l'acteur excellent et une scène très drôle. Le film tourne en rond, bavard, ennuyeux, rien à voir avec " valeur sentimentale" que j'avais trouvé excellent, sur le même sujet.
Voilà plus de 4 ans qu’on attendait Rodrigo Sorogoyen au tournant de la pellicule après son extraordinaire As Bestas. Le moins qu’on puisse dira après ces 135 minutes d’un drame tendu et prenant, c’est qu’on n’est pas déçu. Réalisateur mondialement célèbre, Esteban Martínez revient en Espagne pour tourner son nouveau film. Il en offre le rôle principal à une jeune actrice inconnue, sa fille, qu’il n’a pas vue depuis treize ans. La jeune femme accepte cette formidable opportunité, mais sait qu’à l’occasion de ce tournage, elle va se confronter à un homme qu’elle n’a jamais pu considérer comme un père. Le poids du passé menace de rouvrir leurs blessures. L’an dernier, à Cannes, Valeurs sentimentales de Joachim Trier où il avait reçu le Grand Prix. Même trajectoire pour ce film magnifique mais, hélas sans récompense, ce qu’on peut, - a priori, car on est loin d’avoir découvert tous les films en compétition sur la Croisette -, regretter, car c’est un très grand film. Même parcours, disais-je, et aussi un sujet très semblable, à cette différence près – et de taille -, c’est qu’ici, on assiste au tournage et à ses vicissitudes. Mais on est mis « au parfum » d’emblée avec la scène d’ouverture qui n’est autre qu’un plan séquence de près de 20 minutes en forme d’affrontement entre les deux personnages centraux que l’on apprend à connaître et à cerner tout de suite, avant même que le titre n’apparaisse à l’écran. Virtuose ! Sorogoyen va ensuite avec une habileté sans pareil à illustrer le mythe du créateur démiurge, génie tourmenté et nécessairement torturé dont le talent justifierait de se comporter comme un tyran avec ses équipes pour obtenir l’œuvre susceptible de marquer les esprits. D’où cette espèce de huis-clos étouffant que va constituer le tournage du film. bref une mise en abyme exceptionnelle et fascinante. Un seul bémol pour moi dans ce chef d’œuvre, la variation entre les formats, les passages au noir et blanc qui virent à un systématisme un peu obscur, sans qu’on soit toujours certain de déceler de véritables intentions dans ces artifices esthétiques. Mais qu’importe, voilà un très grand film espagnol qui prouve, s’il en est encore besoin, que Sorogyen a repris le flambeau vacillant d’Almodovar. A ne pas rater. Ce film est aussi né de l’envie du cinéaste de travailler avec Javier Bardem et Victoria Luengo. En en faisant un père et sa fille, Sorogoyen faisait coup double et surtout un choix parfait. Leur relation pour le moins tumultueuse crève l’écran et phagocyte les présences de Raul Arévalo, Marina Fois et tous les autres. Quand le cinéma parle de cinéma, et quand il atteint ces sommets, on ne peut que dire « Chapeau bas ! ». Et puis, allez voir ce film rien que pour la scène de tournage autour de la table avec les maquereaux qui est un grand moment de chaos absolu sur lequel va s’abattre la colère du génie toxique qui se prend pour Dieu-tout-puissant derrière sa caméra. Inoubliable !
Un réalisateur de films renommé essaye de renouer avec sa fille illégitime en lui donnant un rôle central dans sa prochaine oeuvre. Le film dans le film... Je suis pas rentré dans l'histoire. C'est interminable, répétitif, prévisible et les dialogues sont creux et pompeux. Reste quelques belles images et Javier Bardem qui réussit à donner un peu d'émotions à un film oubliable.
Qui est cet "Etre aimé" ? La fille retrouvée de Javier Bardem hypnotique et inquiétant dans son rôle de magna du cinéma, l'égo même du réalisateur ou le cinéma lui-même. Un beau film sur le cinéma qui se perd parfois dans quelques effets de manche non-nécessaires mais qui soigne son image.
Raté à Cannes car le film passait avant mon arrivée, j''ai pû rattraper en salle le dernier film de Sorogoyen, que j'apprécie beaucoup dans ce qu'il peut proposer au cinéma. L'impression qui prédomine quand je sors de L'être aimé est celle de la confusion. Sorogoyen joue avec la mise en scène et je m'interroge sur la justification des effets qui pourraient sembler n'être juste qu'une expérience sensorielle. On passe du scope au 4:3, de la couleur au noir et blanc, du son diégétique à une bande originale extradiégétique, d'un son direct à un son dans un casque pris par des micros de tournage, d'un son postsynchronisé sans aucune ambiance à un son plus naturel... La caméra est parfois celle du tournage, parfois une caméra de making of on dirait, parfois une caméra de souvenirs familiaux, parfois juste une caméra externe. On passe du point de vue subjectif au point de vue objectif en un clin d'oeil... Bref le réalisateur joue avec ces mises en abîme et nous invite dans un tourbillon d'idées. Mais il ne faudrait pas que cette surenchère fasse perdre le fil des émotions au spectateur. Heureusement le duo d'acteurs principal est très impliqué et joue tout en retenue cette relation père-fille qui ne tient qu'à un fil. Cette relation est mise fortement en parallèle avec la relation realisateur-acteur sur les plateaux de tournage, au point qu'on se demande dans quelle mesure Sorogoyen parle de lui dans ce film. Le cadrage reste en gros plan voire très gros plan, excepté quelques vues de paysages qui viennent comme une bouchée d'oxygène nous faire respirer. Mais Sorogoyen parvient à rendre ces cadrages tout de même très créatifs notamment sur la première scène de discussion entre le père et sa fille. Le film est passé à côté du palmarès à Cannes mais nul doute qu'il trouvera son public.
L'être aimé évoqué les relations complexes entre un père qui n'a pas vu sa fille depuis 13 à travers la réalisation d'un film où le réalisateur Javier bardem. Des riches sa propre fille actrice. Des non duts des regards échangés un film fort javier bardem joue très bien
Un cinéaste réputé retourne dans son Espagne natale pour tourner un film avec sa fille dont il s’est éloigné.. Évidemment les retrouvailles sont houleuses. Ce film arrive à créer une tension sur cette histoire de filiation inexistante. On a tous besoin d’un père mais comment le devient on si on a jamais vraiment voulu endosser le rôle? La mise en scène de Sorogoyen est très réussie, il cadre au plus près de ses personnages, comme lors de la formidable scène d’ouverture. Et c’est sans doute l’une des meilleures compositions de Javier Bardem. Après son très bon « As Bestas » et sa série « Los Anos Nuevos » le réalisateur espagnol s’impose comme l’une des valeurs sûres du cinéma européen.
Amateur du travail de Sorogoyen, de son sens du rythme et des dialogues, j'ai été un peu moins sensible à l'Étre Aimé, sans réussir à m'attacher aux personnages, et ce dès le dialogue initial, long et trop bavard à mon goût.
Après El Reino, Madre et As Bestas, Sorogoyen persiste et signe un film d’une élégance et d’une profondeur rares.
De chaque scène transsude la tension sous-jacente d’une double dynamique filiale et professionnelle, complexe et irrésolue.
Javier Bardem, dans un rôle en langue maternelle, emprunte toutes les ramifications d’un jeu trouble et puissant, face à une Victoria Luengo qui tente de reconquérir sa place dans un échiquier familial et professionnel contrôlé par celui qui, jadis, a fait se dérober le sol sous ses pieds.
La mise en abîme ose et puise dans une boîte à outils fournie pour faire émaner toute la puissance évocatrice de cette friction intérieure qui consume nos deux protagonistes.
Cette tension est renforcée par une seule et unique apparition musicale, contrainte elle aussi entre sa condition intra et extradiégétique. Il en va de même pour l’incursion ponctuelle d’un noir et blanc (sublime) pour sceller la dichotomie, reine du métrage.