Un oldies des années 90 que l'on connait par cœur, et qui fonctionne sur différents aspects, que ce soit l'humour et les répliques, la SF et toutes ces trouvailles ingénieuses (on sait tous qu'un jour ces trois coquillages seront inventés), l'histoire et l'intrigue des personnages auxquels chaque nom a une valeur symbolique, l'action et les combats, tout en ayant une critique sociale et politique sur nos sociétés, qui sont toujours autant d'actualité.
Moultes références, avec l'arme fatale 3, le petit clin d'œil au "meilleur des mondes", Schwarzy président, on peut aussi s'amuser du fait que Van Damme, Steven Seagal ou même Jackie Chan auraient pu jouer dans ce film, mais aucun d'eux ne voulait incarner l'antagoniste. À noter qu'en version originale il ne s'agit pas de Pizza Hut, mais de Taco Bell.
C'est un film clé de son époque, qui incarne non pas le futur, mais le passé, celui d'un état d'esprit, d'une façon d'être, d'un cinéma qui a disparu au profit, du profil, de cette course au graphisme, au réalisme, cherchant le frisson visuel plutôt que spirituel, un monde moderne basé sur la consommation, la désinformation, le conflit, le buzz, l'éphémère à outrance, et on voit que les dictatures à tout niveau et en tout domaine grandissent, même dans le cinéma. Demolition Man porte en lui l'âme d'une époque où les choses s'inscrivaient dans le temps, avec aisance et bienveillance, une liberté de plus en plus contrôlée.
Néanmoins, malgré un Sly qui ne se prend pas au sérieux, pour certains ce sera juste un film de gros bras aux scènes d'action décérébrées, noyant une histoire mal exploitée, remplie de violence, d'invraisemblance, et traitée sans aucune subtilité. Un nanar prévisible, trop ciblé, et finalement assez vide.