Baskerfield, en Californie. Honey O'Donahue, une détective privé queer et dur à cuir a rendez-vous avec une jeune femme effrayée qui semble avoir besoin de ses services. Mais la cliente potentielle est retrouvée morte. Honey décide d'en savoir plus.
Bienvenue sur le plateau de Je fais mon Cinéma, où notre incontournable animateur, le toujours élégant, toujours dévoué Léon Trotteur, distribue la parole avec le sourire... et parfois un casque, tant les échanges promettent des étincelles !
Aujourd'hui, le nouveau film d'Ethan Coen, Honey Don't, divise franchement nos chroniqueuses.
Léon Trotteur : « Mesdames, je sens que nous n'allons pas être d'accord... Julie, à vous l'honneur. »
Julie Nulle (Le Regard Libre) :
« Une fois de plus, je vais dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Sur le papier, c'était alléchant : un réalisateur culte, un casting séduisant, une promesse de comédie noire policière déjantée... Et au final ? Quelle déception ! La mise en scène manque d'énergie, le scénario est complètement raté et le rythme est d'une mollesse incroyable. Franchement, c'est mou... mais vraiment mou !
Les personnages sont plus grotesques qu'amusants. Même Chris Evans, en fanatique religieux aussi pervers que ridicule, finit par tourner en rond. Quant aux nombreuses scènes de sexe, elles donnent surtout l'impression de vouloir masquer le vide d'un scénario qui ne raconte finalement pas grand-chose.
Résultat : une comédie policière noire qui n'est ni drôle, ni palpitante, ni vraiment distrayante. Je suis restée complètement à la porte. »
Léon Trotteur : « Charlotte, j'imagine que vous ne partagez pas cet avis ? »
Charlotte Chapeau Rond et Rouge :
« Pas du tout, Léon ! Enfin... pas complètement. Je reconnais volontiers que le scénario aurait mérité d'être plus solide. C'est probablement la faiblesse du film.
Mais pour le reste, quel plaisir ! C'est brutal, sauvage, irrévérencieux. J'y retrouve tout ce qui fait le charme du cinéma des Coen. Cette galerie de personnages improbables, cette Amérique profonde, poussiéreuse, pauvre, un peu oubliée, qui semble figée quelque part entre les années 1950 et aujourd'hui. Ce n'est pas seulement un décor : c'est un état d'esprit.
Le film critique les travers humains avec une ironie mordante. C'est une véritable parodie où tout participe au spectacle : les décors, les costumes, les personnages hauts en couleur et cette ambiance moite, sombre, presque étouffante que j'adore.
Et puis il y a les deux héroïnes. Margaret Qualley est formidable, magnétique, imprévisible. Face à elle, Aubrey Plaza est, comme souvent, irrésistible avec son flegme décalé. À elles deux, elles portent le film avec beaucoup de talent. »
Julie Nulle :
« Je veux bien reconnaître que les actrices sont excellentes. Là-dessus, nous sommes d'accord. Mais deux très bonnes interprètes ne suffisent pas à sauver un scénario qui tourne à vide. J'attendais une enquête délirante, j'ai surtout regardé le temps passer. »
Charlotte Chapeau Rond et Rouge :
« Et moi, j'ai savouré cette tension permanente, ce mélange de polar et de comédie noire complètement débridée. Oui, il manque un scénario plus percutant, je te l'accorde. Mais l'univers, l'humour absurde et cette galerie de marginaux suffisent à me séduire. »
Léon Trotteur :
« Voilà un débat comme on les aime ! D'un côté, Julie Nulle dénonce un scénario inexistant, un rythme poussif et des provocations qui tombent à plat. De l'autre, Charlotte Chapeau Rond et Rouge applaudit une satire féroce, une ambiance dark délicieusement décalée et deux actrices au sommet de leur art.
Une chose est sûre : Honey Don't ne laisse pas indifférent. À vous maintenant de choisir votre camp... ou, mieux encore, d'aller vous faire votre propre cinéma ! »