Mais que m'arrive-t'il ? Je suis passé totalement à côté !
Il faut dire qu'Almodovar n'est plus l'Almodovar que j'aimais depuis longtemps. Moi, j'aimais l'Almodovar qui faisait des films colorés, osés, subversifs, intenses, différents. On y pleurait, on y riait, on y fantasmait, on s'y retrouvait surpris.
Ici, une femme (Tilda Swinton) touchée par le cancer est bien décidée à écourter ses souffrances. Elle s'est organisée une euthanasie, qu'elle s'administrera elle-même quand le moment sera venu. Et à ce moment-là, elle voudrait qu'une amie (Julianne Moore) soit présente, dans la "piéce d'à-côté". Une amie, qui n'est pas très certaine d'avoir envie d'affronter cette mission.
Bon. Tout est dit. Il ne se passe rien d'autre.
Le film, c'est presque 2 heures de dialogues. Oui, il y a d'autres acteurs au casting, mais ce sont presque des figurants. LE film entier n'est quasi composé que d'interminables dialogues entre Swinton et Moore :
- J'aimerais que tu m'aides à mourir Ingrid
- Mais tu es certaine, Martha ? La vie peut-être encore longue et belle, tu ne sais pas
- Ma décision est prise chérie, je suis prête
- Mais je ne sais pas si j'ai la force de t'accompagner
- Tu es plus forte que tu le crois Ingrid. Je suis sereine. Aide-moi à ne pas souffrir avec la même sérénité, chérie. Tu es mon amie
Bla-bla-bla....
Déjà, le thème n'est pas marrant. Mais ce thème, traité avec une lenteur infinie, ponctué de flashback pendant lesquels Swinton revient sur des épisodes de sa vie, sans que l'on sache en quoi ça intervient dans notre histoire....
Franchement, je me suis cru devant "Ça commence aujourd'hui", l'émission de Faustine Bollaert sur France2 l'après-midi, où essentiellement des femmes viennent livrer leurs ressentis, leurs émotions, leurs expériences intimes à d'autres femmes devant leur petit écran. Peut-être que ce film est trop féminin pour moi.... ce qui m'étonne car, hyper sensible et émotif, Dieu sait ce que je suis moi-même un homme très féminin. Mais là, je n'ai ressenti aucune émotion pendant ce film. Je n'ai pas ri une fois. Tout se passe comme prévu.
Un moment, Moore se retrouve devant un policier dubitatif, qui s'étonne se sa présence dans cette maison au moment de la mort de Swinton... j'ai cru qu'un film un peu plus complexe commencait enfin.... bah non ! Et ça n'est même pas vraiment un film militant sur l'euthanasie. Dans "tout sur ma mère" ou "parle avec elle", Almodovar avait prouvé qu'il savait traiter des sujets difficiles, mais en proposant un film à nombreuses couches. Ici, il n'y en a qu'une. Plate. Très plate.
Bref, je me suis vraiment ennuyé...
Et quand Swinton, une fois morte, revient en incarnant la fille se son personnage principal (Avec simplement un maquillage et une couleur de cheveux différentes)... la goutte de trop !
Bon, c'est Almodovar. C'est raffiné. La photo est sublime. On ne peut pas donner moins de 3/5. Mais je ne les donne même pas avec enthousiasme