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pvh
65 critiques
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4,0
Publiée le 12 janvier 2025
Très beau film, un magnifique scénario, deux actrices formidables (mention spéciale pour Tilda Swinton). À souligner aussi un remarquable travail de maquillage. Et une bande-son au top, comme toujours chez Almodóvar. Petit bémol sur qq longueurs dans le scénario et qq invraisemblances qui n’apportent pas grand chose…
Le titre de ce film adapté de la nouvelle « Quel est donc ton tourment ? » (2010, Sigrid Nunez) fera certainement penser aux spectateurs ayant assisté à des cérémonies funéraires contemporaines à ces mots de réconfort : « Je suis passé dans la pièce d’à côté », fréquemment cités en étant tirés d'un texte (un sermon en fait) du théologien et écrivain britannique Henry Scott Holland en 1910. Il s’agit par cette image d’apaiser l’assistance en évoquant un au-delà dans lequel le défunt se trouve : la pièce d’à côté. Cela dit, malgré l'emprunt, le propos narratif et le fil conducteur dans ce film ne sont pas du tout les mêmes. La pièce d’à côté est cette fois quelque chose de factuel. La chambre dans laquelle séjournera l’amie venue accompagner une fin de vie dont la malade entend choisir d’ici peu le jour et l’heure face à un mal incurable qui la ronge. Le scénario très épuré aborde l’amitié, les années qui ont passé, les souvenirs qui datent d’autant plus qu’elles s’étaient perdues de vue. Et bien sûr la maladie. Puis le droit de mourir dans la dignité. Le suicide assisté ou, plus brutal, l’euthanasie ce que la loi du pays (Etat de New York) réprouve et réprime et nécessite donc de prendre des précautions pour que l’amie quelque peu complice ne soit pas inquiétée. C’est poignant. Chacun y trouvera matière à réflexion personnelle.
Fluidité beauté et douceur... Almodovar cette fois ne nous entraîne pas dans des ascenseurs émotionnels mais trace un superbe sillon au plus près de ses formidables comédiennes. Et quel plaisir de retrouver au rendez-vous son esthétique et la musique d'Alberto Iglesias.
Très partagée sur ce film … très différent de ses autres films La performance des actrices est incroyable c est une certitude Les thèmes abordées sont très durs et très bien traitées mais il manque à mon goût la couleur d Almodovar qui fait sa signature et qui met un peu de légèreté sur des sujets souvent très durs Je suis sortie un peu dubitative .. sûrement le côté espagnol qui m’a manqué et que j aime tant chez lui
Premier Almodovar que je vois. On m' a dit du plus grand bien de ses films, des scène comiques, féminines, colorées.
Une amitié entre 2 femme, des personalitées tres bien explorée, avec les interogations de chacune, leur différentes représentations de la mort et de la lutte contre la maladie. Des scènes hautes en Couleur et des jolis plans.
Comment mourrir? Où et avec qui? Avec dignité? De mainere licite ou illégale? Des sujets durs, tabous mais tres interessants qui font vraiment réfléchir.
Mais je me suis ennuyé, je ne suis pas rentré dedans, c'est trop pesant et il n'y a pas du tout d'humour. Je crois que j'ai compris ce que veut dire Agonie, j'en ai ressenti chaques minutes... (même si a mon avis c'est l'effet recherché par le réalisateur). "Il y a de nombreuses façons de vivre une tragédie"
La chambre d'à côté permet à Almodovar, après des projets plus oubliable, de retrouver un peu de sa superbe. Ce drame épuré superbement filmé est interprété par deux actrices au sommet de leur art. Julienne Moore et Tilda Swinton livrent une somptueuse partition tragi-comique jusque dans un final puissant, qui vient convoquer les ombres des vivants comme des morts. Derrière le glamour hollywoodien, se joue une tragédie d'une douceur surprenante. Un beau film qui évite le pathos pour nous amener à une subtile réflexion sur l'euthanasie. A voir.
Très intéressant film de Pedro Almodóvar , son tout premier tourné en langue Anglaise , magistralement écrit et aussi , et surtout , interprété par le duo Tilda Swinton - Julianne Moore sur qui repose le film ! Malgré le sujet qui pourrait sembler lugubre , mais qui est en fait tout le contraire , on retrouve l'esthétique propre à Almodóvar très colorée !
La Chambre d’à côté est une élégie feutrée, un huis clos où Pedro Almodóvar orchestre un dialogue entre la peur de la mort et l’attente de l’inéluctable. Les principes sont clairement établis : un tandem - une femme mourante et une autre, terrifiée par l’idée de la fin – partage un instant de vie, où le réconfort circule dans les deux sens, loin de toute unilatéralité.
Ce film se déploie en deux mouvements distincts. D'abord, un prélude méditatif, dense en dialogues et ponctuée de flashbacks construits comme le récit d’un souvenir. Cette langueur désarçonnante, elle ne cherche ni le pathos ni l’émotion immédiate, mais installe patiemment les fondations d’un crescendo métaphorique.
Lorsque la seconde partie s’élève, c’est avec la solennité d’une tragédie dépouillée : l’euthanasie, débarrassée de tout ornement dramatique, se révèle en toute nudité. Par cela, le film dépasse l’illustration pour devenir une réflexion sur les pensées qui accompagnent les grandes décisions.
Visuellement, Almodóvar compose un tableau fascinant. Les cadres sophistiqués, les jeux de lumière, et les références picturales confèrent au film une maîtrise esthétique indiscutable. Cependant, cette beauté, calculée au millimètre, dilue l’émotion brute, transformant les souffrances humaines en images trop parfaites. En d'autres mots, à force de vouloir illustrer son concept, il n'en dit plus grand chose.
Almodóvar, cependant, évite de sombrer dans le mélodrame grâce à une écriture subtile et à des personnages nuancés. En choisissant deux actrices autour de la soixantaine, Almodovar revendique la visibilité des femmes plus âgées dans un cinéma souvent focalisé sur la jeunesse. Il leur offre une voix et une complexité rarement accordées, explorant leurs émotions, leurs désirs et leurs peurs sans condescendance ni simplification.
La Chambre d’à côté est une œuvre visuellement inattaquable, mais émotionnellement distante, comme si, face à la mort, Almodóvar choisissait d’en rester à sa représentation.
Le texte anglais est si facile à comprendre, que l'on a envie de regarder The room next door sans sous-titre. Le sujet de la fin de vie décidée est un thème rare, mais tellement essentiel. Le sujet divisera, c'est normal, Martha, jouée par une Tilda Swinton, délicate, sans fard ni masque, déterminée et sereine, le dit et comprend le refus de celles qui ne souhaitent pas "l'accompagner". En revanche, quand on a déjà accompagné les derniers moments d' un proche, ami ou parent, on ne pourra que se sentir conforté dans le choix que l'on a fait, ici brillamment mis en images par Almodovar. Le maitre s'est assagi depuis Julietta, et sa mise en scène, apaisée, ainsi que les décors, colorés, choisis comme toujours avec soin, servent sans faute le propos. Rien n'est anodin à l'écran, et quand on cite à plusieurs fois, le dernier film de John Huston, The dead, on se demande si le testament de Pedro n'est pas ce film. Les sujets annexes, qui peuvent paraitre bien banals, voir inutiles, sont en fait nécessaires pour donner encore plus de relief à la démarche de Martha: spoiler: le retour du Vietnam du père de sa fille ou l'insistance d'un inspecteur de police ultra rigide sur la morale religieuse.
L'amant de l'amie est également secondaire, mais pas anecdotique quand Martha se retourne pour tirer le bilan de sa vie. A l'écran, cependant, ce sont deux femmes qui à nouveau sont à l'honneur. Et acceptent de jouer le jeu du temps qui passe. Tableau de Hopper, couleurs hitchcockiennes, extrait de Buster Keaton, on ne chipote pas sur les références, pour un peu allait arriver la ballade de Narayama! Ce n'est pas le passage à l'anglais qui a changé Almodovar, c'est la course du temps qui inexorablement ralentit la course de ce grand espagnol, tout comme sa musique d'accompagnement. Ne regrettons rien de son exubérance passée, elle devient sagesse et retour à l'essentiel, la beauté d'un décor, ou du chant d'un oiseau. cinéma janvier 2025
Un magnifique duo d'actrices aussi généreuses que complémentaires pour une ode à l'amitié ainsi qu'à la beauté, même fugace, de la vie. Pedro Almodovar nous livre un film pudique mais puissant, sans pathos mais avec beaucoup de douceur et de poésie. Un Lion d'or complètement mérité.
Film profond, Almodóvar en anglais, ça le fait bien ! Les dialogues sont très intéressants, philosophiques avec une réflexion prenante autour de la mort. Les actrices sont merveilleuses. Les décors à la manière de Hopper sont tout simplement sublimes. C'est un film qui pousse à réfléchir mais pas pour autant plombant, un beau film.
On en sort bouleversé. On réfléchît. On réfléchit mieux. Quel bel univers, de merveilleuses actrices. Une histoire de vie, d’espoir, d’acceptation, de choix. Très belle pensée pour la société et l’humanité également.