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Michèle Sévellec
2 critiques
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3,0
Publiée le 4 février 2025
Endormis (après avoir vu le film) sur une déception, "on n'y croit pas" , "aucune émotion soulevée par le film" , personnellement gênée par les gros plans, mais c'est sûrement dû au fait que nous l'avons vu en version française... ce matin, nous nous réveillons avec un sentiment plus mitigé... il a quelque chose, un charme indéfinissable... mais surtout surgit alors l'évidence, que personne n'a souligné dans les critiques (ou alors j'ai loupé quelque chose...), que le personnage de Martha est inspiré de celui de Martha Gelhorn, (1908-1998 ) sacrée reporter de guerre et qui a choisi d'avaler une capsule de cyanure face à son cancer incurable... d'ailleurs, la Martha du film attrape un livre en louant son contenu... et cite l'auteur... Martha Gelhorn ... et là, du coup, nous regardons le film sous un autre angle... mais l'évocation de son métier de reporter est tellement anecdotique... Almodovar a-t-il voulu nous épargner la lourdeur de souvenirs de guerre plus sérieux que celui des "Frères Carmes" ? Bref, finalement, on se pose des questions sur la motivation exacte d'Almodovar, d'avoir voulu aborder ce sujet qui n'invite pas à la légèreté et à l'acidité de ses films "habituels" et qui n'a gardé de ses habitudes que le côté sombre... des questions...c'est déjà ça...
Habituellement très fan des films du maestro Almodovar, j’ai été fortement déstabilisé par les dialogues en anglais qui sonnaient totalement faux (à mon oreille) dans la première partie du film . La deuxième partie du film est cependant plus accessible et part dans une direction qui m’a beaucoup plus intéressé. C’est un film d’ambiance qui vaut pour les costumes magnifiques - les décors - les références innombrables à la peinture (Hopper) et les vieux films (The Dead). La tonalité de cette œuvre laissera certainement beaucoup de spectateurs déconcertés voire déçus en comparaison des précédentes productions de leur auteur. Un film automnal, contemplatif et quelque peu mélancolique.
C'est un beau manifeste pour le choix de fin de vie, avec plein de bons sentiments entre de bonnes actrices, face au crépuscule et à l'injustice et au vécu similaire. Des longueurs, mais nécessaires afin de mieux apprécier la volonté d'en finir plus vite que l'inéluctable et d abréger ses souffrances...
Almodovar nous emmène dans une magnifique forêt de pins pour un alliage entre la vie et la mort, et les émotions qu’elle peut provoquer chez chacun-e. Un film qui fait réfléchir au tabou de l’euthanasie dans un drap de couleurs, de costumes et de plans magnifiques.
C'est un Pedro Almodovar pépère. Film agréable à regarder, avec une intrigue très simple ouvrant sur une question philosophique et sociétale, celle de la fin de vie et du droit à l'euthanasie. On retrouve, comme à l'habitude, de l'engagement dans son cinéma et cette patte esthétique qui le caractérise dans le traitement des couleurs et des formes. Pour autant, il manque un peu de subtilité dans cet Almodovar. La franchise de la discution entre Tilda SWI ton et Julianne Moore, ajoutée à la simplicité de l'intrigue, ne laissent que peu de place à la nuance relationnelle qui caractère pourtant son cinéma. Cela reste un très bon film, agréable à regarder.
Julianne Moore a eu beaucoup de courage pour accepter ce rôle avec une belle interprétation pour le reste atmosphère aseptisé scénario très limité si c'est le bilan d'une vie elle est bien triste on s'ennuie beaucoup du mal à avoir de l'empathie pour Ingrid
J'étais un peu dubitative au départ, ayant encore en mémoire le précédent duo féminin que Julianne Moore a formé avec Natalie Portman dans "May December" de Todd Haynes, et où il est aussi question d'une écrivaine.
Mais l'intérêt grandit avec l'avancement du film, et paradoxalement le ralentissement de son rythme. Très dialogué, il se présente comme une réflexion sur la mort, au sens strict comme métaphorique, individuel comme collectif. Sont ainsi abordés l'attrait et la répulsion qu'elle suscite, la guerre, le changement climatique, etc.
L'amour qu'Amoldovar porte à l'art est visible : - L'entrée de l'appartement du personnage joué par Tilda Swinton comporte une œuvre qui évoque très fortement les photographies ultra colorées que le cinéaste expose par ailleurs (fleurs dans des vases). - Par ailleurs, dans une sorte de mise en abyme de leur relation, le personnage incarné par Moore lui raconte la vie de la peintre Dora Carrington (aucun lien de parenté avec Leonora Carrington, qu'elle a précédée). - La dernière partie s'inspire explicitement de la toile "People in the sun" réalisée par Hopper en 1960.
Très belle histoire, très actuelle, sur la nécessité de mourir paisiblement. Quelques clins d'œil sur l'Amérique et son extrémisme religieux, sur fond de notes écologistes. Cela dit, les protagonistes vivent dans un monde sans problèmes financiers du tout! Ce qui est difficile pour la majeur partie du monde devient plus aisé avec des moyens financiers importants! Of course!
Film traitant d’un sujet loin d’être simple J’aurai aimé plus de temps sur le thème juridique et d’autres sujets associés cependant le dialogue entre les deux actrices principales sont riches
Histoire simple : une reporter de guerre a un cancer, elle ne veut plus se faire soigner, achète une pilule pour en finir, et demande à une amie écrivain de l'accompagner ...
Vu (en VO) dans mon cinéma de quartier un lundi soir. Surprenant de voir l'assistance attendre à la fin du film dans le silence.
J'ai attendu un peu avant d'écrire. C'est clair que c'est un Almodovar assez atypique. Langue anglaise, moins de rythme. Si je devais juger ce film au premier degré, je lui mettrais 0,5 - parce que pas de rythme et personnage prétentieux ... Mais bon, j'ai regardé cette oeuvre au second degré et si on comprend la manière dont Almodovar a voulu parler de ce sujet délicat qui est la fin de vie assistée, on constate que cette manière de traiter le sujet est originale et plutôt bien vue. Le décor est superbe - qui n'aurait pas envie de vivre dans cette maison ? - et les interprétations sont remarquables.
Deux petits défauts selon moi : Il manque un peu de matière sur la fin, spoiler: surtout quand le flic cherche à creuser , mais c'est subjectif. Et aussi le fait d'avoir voulu placer à tout prix des oeuvres références, et spoiler: aussi le discours écologique via le personnage interprété par John Turturo , deux choses qui n'ont rien à voir avec l'histoire principale.
Au final, j'ai passé un très bon moment de cinéma, mais je choisis de ne mettre pas plus que 3,5. Je déclare que c'est BIEN. J'ai été un peu déçu, j'attendais plus de ce film et de ce réalisateur. Allez le voir - aller le voir si vous êtes inconditionnel d'Almodovar, si ce sujet vous interresse, si vous êtes prêt au cinéma d'auteur, si vous êtes prêt tout court.
Un très joli Almodovar qui explore le droit à la fin de vie digne, sans douleurs, choisie et accompagnée de ceux qui nous aiment. Julianne Moore et Tilda Swinton sont le cœur battant de ce film sur la Mort très réaliste et jamais triste, plutôt joliment philosophique (côté épicurien). Les deux Dames (qu'on adore, cela va sans dire) sont absolument parfaites et fusionnelles dans le rôle de Martha et Ingrid, ces deux amies qui s'entraident face au cancer, s'attristent, rient, s'engueulent sans jamais élever la voix, partagent leurs souvenirs sans filtre, et arrangent les affaires de la vie de celle qui s'en va (Martha). On peut dire sans se tromper que l'on n'a jamais vu les actrices, seulement leur personnage (on s'y attache en deux secondes et demi, et encore, si l'on est lent) dont les psychologies sont bien dépeintes : l'astuce du scénario est d'obliger une femme qui a pour principale phobie la Mort à aider son amie à passer de l'autre côté, ce qui fait remonter à la surface beaucoup de questions et doutes (dans le binôme, c'est elle qui a peur, pas l'intéressée, ce qui est souvent cocasse malgré la situation tragique). La scène où l'on a eu le souffle coupé comme Ingrid, spoiler: de penser que Martha était morte (sans prévenir : la mise en scène n'avait laissé aucun indice), et de voir débarquer tranquillement la "morte" en pyjama... On lui en a voulu mentalement, en même temps que l'on rigolait de la bêtise de la situation (à la "Indiana Jones 3 : ...j'ai cru t'avoir perdu !"), et c'est à cet instant qu'on craint d'être foutu pour le final, on est suspendu à l'émotion qui nous attend (en même temps qu'Ingrid). Et finalement, Almodovar de nous surprendre encore : pas question de rejouer la même "fin" qu'on a essuyé, la réelle est gorgée de douceur, de tranquillité et de réconciliation. Une conclusion qui fait du bien. Mention quand même à la "fille de Martha" qui est juste spoiler: Tilda Swinton avec une perruque... Alors là : non, on a eu un sourire incrédule, on voit l'idée de spoiler: "la vie de Martha continue à travers sa fille, qu'Ingrid apprend à faire son amie comme sa mère avant elle", mais au moins un petit effort sur le maquillage, ça n'aurait pas été de trop. Quant à la thématique sociale, on ne peut qu'applaudir Almodovar, quand notre société moderne ne propose rien pour épargner les souffrances de patients (et des familles), quand les malades décidés à en finir le font "salement" (avec la famille qui est embêtée par la justice, comme dans le film) ou sont transportés dans des états lamentables jusqu'en Suisse (on vous recommande le film Tout s'est bien passé, pour mettre des images sur ces périples indignes). On préfère largement voir cette Martha qui est maître de sa vie jusqu'au bout, épaulée par sa meilleure amie qui a peur d'être "dans la chambre d'à côté" de la morte, qui, en spoiler: éteignant sa lumière, dans son costume jaune clinquant, sous les doux rayons du Soleil, offre l'occasion à deux de ses proches de refaire leur propre vie un peu mieux ensemble... Un bien joli film, qui supplante au sombre diagnostic le rayonnement des derniers instants partagés, où brille l'excellent binôme Julianne Moore et Tilda Swinton.