Un film mal aimé réalisé par Timur Bekmambetov, producteur du "War Of The World" de 2025 et produit par Amazon ? Qu'est-ce qui pouvait mal se passer ? Malgré des critiques très négatives et un bagage assez lourd, j'ai choisi de faire confiance à ce film (enfin pas jusqu'à aller le voir en salle quand même) qui avait l'air d'être un thriller assez efficace. Eh oui, je n'ai regardé aucune bande-annonce, j'ai simplement fait confiance à l'affiche qui montre Chris Pratt courir pour sauver sa peau et à la phrase d'accroche rappelant fortement "Minority Report", tout comme le concept dans son ensemble d'ailleurs. Mais au lieu de ça, on a un Chris Pratt assis pendant une heure et demi dans un screenlife movie la majeure partie du temps.
Les screenlife movies, ce sont des films montrant des personnages interagir sur un écran d'ordinateur, comme "Unfriended" par exemple ou... "War Of The Worlds", on y revient ! En soi, je n'ai pas vraiment de problème avec le genre, je dois même bien avouer que j'apprécie la plupart du temps mais là, je me suis surtout senti trahi car les scènes d'action, ce sont soit des courses poursuites visuellement très moches et sacrément artificielles vues d'un drone ou les dix dernières minutes du film (et encore, c'est mal torché). Le reste du temps, c'est donc Chris Pratt qui tente de prouver son innocence face à un juge en IA. Mais, je dois bien avouer également que je me suis laissé prendre au jeu.
J'adore le thriller, qu'il soit très bien écrit ou au ras des pâquerettes. Et ainsi, cette enquête condensée en une heure et demi, menée par un héros alcoolique qui manque de tabasser sa femme dès que ça ne tourne pas rond (une manière assez bizarre de construire son "héros" en effet), a réussi à maintenir mon attention du début à la fin. Et je n'aurai pas être pas cherché plus loin si ça avait été un simple film de plateforme. Mais là on parle d'un film de cinéma. Et clairement, on a l'impression de voir un produit Amazon sur grand écran et c'est quand même sacrément frustrant.
Puis ce n'est pas sauvé par les acteurs dont le jeu froid et sans expression (forcément, c'est une IA sauf quand elle bugue, peut-être qu'elle ressent des émotions ? Ça aussi, c'est raté) de Rebecca Ferguson laisse de marbre, contrastant beaucoup trop avec l'hyperactivité forcée (en même temps, quand il n'a pas un Marvel ou un "Jurassic World" sous la main, les temps sont durs) de Chris Pratt.
Bref, si "Reconnu coupable" n'est pas un navet et peut tout à fait occuper une soirée faute de mieux, il en restera très oubliable.