On assiste ici à un triptyque d'histoires qui se font échos, raisonnent entre elles et qui décortiquent les liens de 3 familles dans 3 villes différentes.
La première histoire est "Father" qui se situe au New Jersey avec ce père qui se joue de son fils pour pouvoir être entretenu. Le trio d'acteurs est formidable et on est touché par ce fils qui cherche la reconnaissance de son paternel.
La deuxième histoire est "Mother" et se déroule à Dublin. On assiste aux retrouvailles annuelles de cette mère stricte avec ses deux filles aux antipodes l'une de l'autre. Cette mère distante qui cache les romans qu'elle écrit à ses filles comme pour entretenir une certaine distance avec elles.
La troisième est dernière histoire s'intitule "Sister Brother" et dresse à Paris le portrait de jumeaux qui se retrouvent dans l'appartement vidé de leurs parents décédés dans un crash d'avion. C'est l'histoire la plus poétique pour moi... On les voit peu à peu se détacher de ce lien pour s'émanciper enfin avec cette belle image finale...
Les vécus sont différents mais chaque histoires tramporte des similitudes et une rodondance de liens et de clins d'œil comme les skageurs qui passent au ralenti, la couleur rouge, la Rolex, trinquer avec des boissons inhabituelles ou que les personnages tiennent les mêmes débats. Comme pour rappeler que chaque famille à son histoire mais qu'on a tous un lien invisible entre nous.
C'est un film qui prend le temps de se poser et assume les longs silences. J'ai aimé remarquer les regards malaisants, les mains contrariées, les non-dits pour ne pas blesser et les secrets qu'on ose pas dévoiler.
Le rythme lent peut en dérouter plus d'un et laisser des spectateurs en bord de route mais j'ai été embarquée par la complexité et la diversité des liens qui existe dans une famille qu'on ne choisi pas mais dont on ne peut se détacher véritablement...
Avant-première en présence de Jim Jarmusch et Charlotte Rampling, il a précisé qu'il avait coupé les ponts avec sa famille à 17ans. On assiste à de la distance, des manques de complicité et des non-dits entre les personnages puis ça va en s'améliorant. Parsemés d'humour et de quelques moments de nostalgie, un film intéressant.
Trois histoires qui prennent leur temps... Trop, à mon goût, pour se laisser séduire par le contenu qu'elles proposent. Un récit commun sur les fêlures des relations familiales qui manque cruellement d'énergie.
« Father Mother Sister Brother » est un triptyque composé de trois tableaux familiaux en apparence banals, presque anodins. Jim Jarmusch y déploie une mise en scène minimaliste, oui, mais jamais sèche : elle sait au contraire laisser surgir les émotions là où on ne les attend pas. Chaque segment fonctionne comme une composition précise, faite de silences, de gestes retenus, d’objets et d’une étrange familiarité qui trouble autant qu’elle touche. Le film demande un spectateur actif, prêt à accueillir les non-dits et à combler les vides. Ce sont des histoires et des émotions délicieusement gênantes, brillamment discrètes et profondément humaines.
Magnifique photographie et bande son dans ce tryptique qui explore les relations parents/enfants avec un casting prestigieux. Les silences sont éloquents, les mensonges aussi. Beaucoup d'humour dans ces relations vidées de tout amour, sauf dans le dernier volet assez émouvant.
Si l'esthétique de Father, Mother, Sister Brother reste impeccable, on regrette l'aspect poussif du liant entre les 3 volets.
Les 2 premières histoires sont une réussite de mise en scène de moments familiaux gênants. La 3eme, bien qu'attendrissante, souffre de certaines incohérences.
Sujet bien intéressant ainsi que la construction des épisodes et le scénario soigné, excellents les acteurs, Rampling superbe d’expressivité, riche d’expressions d’un simple lever de sourcil. Pourtant le sentiment de personnages simples et sans nuance, presque caricaturaux, d’un récit monocorde et sans surprise après le premier épisode, que j’ai trouvé le meilleur, jusqu’au dernier qui dévoilera le sens idéologique de l’ensemble, les liens complices, significatifs de la fratrie, fruit de parents libérés de conventions et contraintes. Des parents morts, qu’ont peut idéaliser et regretter sans danger. Non dépourvu d’intérêt, un film mince, un discours prévisible.
Film délicieux magnifiquement réalisé et superbement interprété. Les ilots des familles parfois brisées ou tout au moins coupées dans leurs intimités sont bouleversants et cocasses. J'ai adoré