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Les sorties de Philippe
76 abonnés
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3,0
Publiée le 8 janvier 2026
Father Mother Sister Brother est un long-métrage en forme de triptyque : trois histoires d’une quarantaine de minutes situées dans le New Jersey, à Dublin puis à Paris et qui parlent des relations entre des enfants adultes et leurs parents. Des récits sur les silences, les non-dits, les petits mensonges. Sur l'incommunicabilité surtout. Discute-t-on assez avec nos parents ? Non, sans doute pas suffisamment et, surtout, pas assez franchement nous dit Jimmy Jarmush. Un film qui ne casse pas la baraque mais qui possède son charme proustien. On peut voir. > Plus d’infos culture sur mon Instagram "Les sorties de Philippe"
Les relations complexes parents / enfants en trois épisodes indépendants ; on est enthousiaste au premier, moins au second, et lassé au troisième, mais cela reste intéressant et original.
Comme d'habitude, et contrairement à l'air du temps où tout nous est expliqué car nous serions débiles, ce cinéma nous oblige à réfléchir sur nos relations familiales.
Film étrange mais consacré à l'étude des comportements à l'intérieur de 3 familles. Les difficultés à se parler à évoquer les souvenirs d'enfance. Paradoxalement Jarmush a réalisé un film plutôt académique où les silences, les non dits prennent une place importante.
Ne vous attendez pas à un film palpitant.... Ce sont 3 histoires de famille hélas très banales. Mais ça reste du Jim Jarmusch, donc parfois original visuellement, et avec des acteurs qui tiennent la route, plus que le volant du chariot de cinéma.... Les scènes de rue du Paris des 18e et 19e arrondissements tranchent avec les quartiers chics privilégiés par les cinéastes français....
Mais quel ennui … c’est long, c’est lent, même les acteurs ont l’air de s’ennuyer. Vicky Krieps est la seule éclaircie. Des plans interminables de conduite en voiture, des fils rouges inutiles et sans puissance, Rollex, blaguounette Bob, skaters. Et surtout quasiment aucune émotion.
Trois histoires familiales. Deux enfants qui rendent visite à leur père qui semble vivre modestement sa solitude. Une mère avec de grandes difficultés à communiquer avec ses filles. Un frère et une soeur qui se remémorent les souvenirs de leurs parents disparus, dans un Paris sublime. Les dialogues, poétiques, profonds, et justes, éclairent les souvenirs, les silences. C’est drôle, bouleversant, tout simplement magnifique. En prime, la dernière partie parisienne montre une ville solaire, apaisée, moderne, et c’est très plaisant d’y découvrir cette ville ainsi transformée.
Beaucoup aimé ce film, les 3 segments qui s'équilibrent en terminant sur une partie un peu triste mais pleine d'amour tandis que les 2 premières en sont dénuées. C'est beau, superbement construit (tous ces détails qui se répondent d'un chapitre à l'autre) C'est cruel et assez drôle en même temps. Ce n'est pas seulement un film sur l'incommunicabilité mais aussi sur le mensonge (le père de la première partie est un modèle du genre ; mensonges aussi de la fille interprétée par Vicky Krieps dans la seconde partie) Petite remarque qui n'a pas altéré mon plaisir : on voit que ce film n'a pas été pensé pour des français (parisiens en tous cas) car le parcours à Paris est pour le moins erratique Bref j'ai vraiment été séduite, comme je le suis souvent par les films de Jim Jarmusch
Le premier portrait dépasse de loin les deux autres. Le second tient la route. Le troisième est un clip de mode. Le placement de produit Rolex et l’annonce dans le générique de la production Saint-Laurent / Vacarello ne flattent pas le résultat.
Ce long-métrage se déploie comme une véritable allégorie de la cellule familiale, explorée à travers une mise en scène d'une précision chirurgicale. Le film s'articule autour de trois récits enchâssés, semblables à des contes modernes, dont les transitions oniriques assurent une unité thématique et scénaristique saisissante.
Une mise en scène de la répétition
L'unicité du propos repose sur des choix esthétiques forts qui soulignent l'atavisme familial : • L’uniformité visuelle : Le fait que les protagonistes arborent les mêmes vêtements d’une histoire à l’autre renforce l'idée d'un destin commun, presque interchangeable. • La symétrie des corps : Les plans zénithaux, capturant les personnages accomplissant les mêmes gestes, illustrent une forme de conditionnement ou de mimétisme héréditaire. • L’évolution du langage : L'expression « Bob's your uncle » (et le tour est joué) sert de fil conducteur sémantique. D'abord mal comprise, elle est ensuite réutilisée avec une politesse de façade — masquant un décalage absurde — pour finir par habiter un instant de pure mélancolie, chargée du poids des souvenirs.
Le portrait d'une famille entre déshumanisation et nostalgie
Le film dépeint avec finesse la dysfonctionnalité des dynamiques familiales. Par exemple dans la première mini-histoire, on y observe notamment la figure d’un père excentrique, dont la fantaisie cache mal le vide laissé par le deuil. Face à lui, des enfants « formatés », prisonniers d’un ennui profond et d’une existence presque déshumanisée. Au cœur de cette grisaille, l’apparition des skateurs agit comme une épiphanie visuelle. Ils représentent cette lueur d’espoir, le spectre d'une jeunesse perdue et d'une insouciance révolue, brutalement rattrapée par la rudesse des drames domestiques. Cet élément de mise en scène fera une apparition récurrente au gré des deux autres mini-histoires racontées dans le film.
La famille : un socle irrémédiable
À mesure que le récit progresse, les rapports se ressentent illustrant comment la famille passe du statut d'obligation à celui de refuge. Pourtant, le film souligne que ce socle, aussi complexe soit-il, reste l'élément central de l'identité humaine : une structure que l'on ne choisit pas, mais dont l'absence laisse un vide éternel.
C’est une œuvre à la fois simple et profonde qui, en prenant le temps d'installer ses personnages, nous offre des moments de poésie d'une grande richesse thématique.
Poétique, énigmatique, touchant. Un film subtil, qui ne laisse pas indifférent. Trois scènes sans liens apparents, pour interroger les relations parents-enfants dans toute leur complexité.