Father Mother Sister Brother
Note moyenne
3,0
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238 critiques spectateurs

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cédric l.
cédric l.

23 abonnés 143 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 janvier 2026
Une Perle signée Jim Jarmusch. Un film qui est très bien réalisé, cadré au millimètre près, pour ça Bravo "l'Artiste". Un long-métrage qui se divise en trois parties. 3 Histoires, 3 Destinations, 3 Problématiques. La première partie "FATHER" on voit un frêre et une soeur rendrent visite à leur père, pour prendre de ses nouvelles, et lors de leur rencontre, ils réalisent qu'ils ne connaissent pas leur propre Géniteur. La deuxième partie "MOTHER" une mère tente annuellement de tisser les liens avec ses deux filles aux tempéraments diamétralement opposés. Le problème c'est que ses filles ne sont plus des enfants, et arriver à l'âge adulte, leurs besoins, leurs aspirations ne sont plus les mêmes. La dernière partie "SISTER/BROTHER" des jumeaux qui ont toujours été très proche se demandent quelle tournure leurs vies va prendre suite à la disparition de leurs parents. La vie nous réserve bien des surprises à un moment donné, le tout, c'est de savoir comment y remédier et continuer à vivre normalement. Un très bon film du réalisateur américain, qui mérite amplement le "Lion d'Or" obtenu à la dernière Mostra de Venise.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 568 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 janvier 2026
Ai vu « Father Mother Sister Brother » de Jim Jarmusch qui a obtenu le Lion d’Or à la Mostra de Venise 2025. Cette variation sur les liens parents vieillissants et enfants adultes sous forme de triptyque est originale et le film est à l’image des relations décrites, distendues, silencieuses, malaisantes. C’est ce qui fait le charme de ce long métrage. Trois histoires, trois lieux, trois castings trois étoiles. Le premier volet et le deuxième sont assez semblables dans leur scénario mais ce sont les meilleurs. Un père solitaire (Tom Waits) reçoit la visite de son fils un minimum attentionné (Adam Driver) et de sa fille consternée (Mayim Bialik excellente) dans sa maison en pleine forêt pour un après-midi. Deux filles (Cate Blanchett géniale et Vicky Krieps) que tout oppose vont prendre le tea-time annuel chez leur mère écrivaine et distante (Charlotte Rampling magnifique). Puis le film se ferme sur un duo de frère et soeur jumeaux (Indya Moore et Luka Sabbat tous deux hypnotiques de beauté) qui entreposent toutes les affaires de leurs parents décédés dans un garde meuble. Des gestes maladroits, des silences lourds de sens, des répliques anodines où acerbes, des regards vides où demandeurs d’amour… la direction d’acteurs est un des atouts de ce film au sujet assez singulier qui déclenche des rires nerveux et un peu d’émotion. Jarmusch s’amuse à faire des clins d’oeil entre les trois volets qui lui servent également de fil rouge, aussi nous retrouvons dans les trois parties 3 personnes qui font du Skateboard au ralenti, des confidences en gros plan dans une voiture, des conversations autour de l’eau à défaut de se dire autre chose, la couleur rouge… Jarmusch n’est pas moralisateur, n’apporte aucune justification, tout simplement il observe en gros plan, comme pour un film animalier, des relations complexes et banales de personnages dont on ne saura finalement rien. Le scénario sur LE malentendu intrinsèque aux relations familiales du fait que les enfants grandissent et deviennent des adultes alors que les parents restent parents, trouvera son sens dans le dernier plan du film dans une conclusion assez pessimiste.
Karim El Attar
Karim El Attar

28 abonnés 251 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 janvier 2026
Jim Jarmusch n’a rien perdu de sa superbe. Le réalisateur des excellents Ghost Dog, Dead Man ou encore Coffee and Cigarettes propose ici un film, ou plutôt trois courts métrages, autour des liens familiaux.
Cette comédie dramatique, à la fois touchante et délicate, se distingue par son intimisme et sa sincérité. Certains reprocheront au film d’être ennuyeux, d’autres iront jusqu’à parler de pathos, mais je ne partage pas ces avis. Le choix de scinder le récit en trois histoires permet au contraire d’avoir une vision d’ensemble plus riche et de mieux comprendre où Jarmusch souhaite nous emmener.
Cber
Cber

1 abonné 7 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 décembre 2025
3 histoires de familles compliquées où personne ne se parle. Le première fonctionne très bien mais les autres sont mauvaises et peu subtiles.
Olivier Levigne
Olivier Levigne

37 abonnés 453 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 février 2026
Ma critique du film Father Mother Sister Brother.

Synopsis : Trois histoires qui mettent en scène les relations entre des enfants adultes et leur(s) parent(s) distant(s), mais aussi les relations entre eux.

Je l’ai vu dans mon cinéma art et essai de quartier un jeudi soir de février 2026.
En VO
Une grosse vingtaine de personnes dans la salle dont un groupe d’anglais qui riaient à chaque scène. Mais, j’ai pu constater que le rire n’est pas si communicatif que ça.

A noter que Allociné me donnait un indice d’affinité de 45% et que sur 230 critiques, quand même pas loin de 100 donnaient une note de 2 et moins. Seulement 23 sur les 230 avaient donné la note de 5. Bizarre.

Je me suis laissé tenter pour trois raisons :
> Ma femme et une très bonne amie m’avaient fortement recommandé ce film, ce qui me fait penser que ce film est fait pour la gente féminine ...
> Depuis 1986 et la découverte du cinéma de Jim Jarmusch avec le film “Down By Law”, je suis un fan inconditionnel, ce qui me fait penser que comme Almodovar, comme quelques autres, il y a un moment, quand on a ses trimestres et plus rien à dire, prendre la retraite pour un cinéaste n’est pas forcément honteux …
> Et quand même, Lion d’or à Venise, ce qui me fait penser que … enfin, vous aurez compris.

Là, j’ai beaucoup aimé les deux interprétations de Tom Waits et Charlotte Rampling. Pour ces deux-là, ça vaut le coup d’y aller. Les prises de vues, la lumière, le cadrage, rien à dire, c’est très réussi.
J’ai bien aimé les costumes, les décors, les accessoires, mais est-ce que ça suffit ?

Attention spoiler
spoiler: Les routes enneigées de la campagne américaine dans la première scène où un frère et une soeur vont voir un père qui prétend avoir des problèmes de fric , Les rues de la banlieue de Dublin où deux sœurs vont voir une mère écrivaine qui déprime à l’idée de recevoir ses filles. Et finalement les rues du 18ème et 19ème arrondissements de Paris où un frère et une soeur jumeaux visitent l’appartement vide et le garde meubles de parents morts dans un accident d’avion … A chaque fois des skaters … A chaque fois des remarques sur l’eau … A chaque fois des longs moments où on s’attarde sur les routes, les rues … A chaque fois, des silences, des plans en plongée verticale … Et au final pas vraiment d’histoire, en tout cas, rien qui relie les trois histoires. Tout cela, selon moi, n’est pas suffisant pour qu’on ne s’ennuie pas.

Fin du spoiler.

Ce film parle des rapports parents/enfants, ou plus précisément ce film parle des parents qui mentent à leurs enfants, des enfants qui ne visitent leurs parents qu’une fois par an.
En conclusion, je dirais “tout ça pour ça”

Difficile de mettre une note.
Allez, je vais mettre 3,5 et dire que c’est BIEN.
Je comprends qu’on puisse être sous le charme et donner une note supérieure à celle que j’ai donnée, mais je comprends aussi que l’ennui ait pu être total et qu’on donne une note proche de zéro.
Je ne dis pas qu’il faut aller le voir.
Theo
Theo

35 abonnés 1 074 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 janvier 2026
J’y suis allé avec l’envie très simple de retrouver ce que j’aime chez Jarmusch : cette façon de filmer les gens comme on écoute une chanson un peu bancale, en laissant l’air circuler entre les mots, en faisant confiance aux silences, au décalage, à la grâce de l’instant. Et sur ce point, *Father Mother Sister Brother* de Jim Jarmusch coche beaucoup de cases… parfois même un peu trop. Le film se présente comme un triptyque de récits familiaux, trois “moments” autour d’enfants devenus adultes et de liens distendus, dans des cadres et des humeurs différents. L’idée est belle : faire résonner la famille comme un pays étranger où l’on revient sans parler la langue, où les gestes sont connus mais les codes ont changé, où l’on cherche des preuves d’amour dans les détails — un regard, une tasse posée, une phrase qu’on n’ose pas finir — plutôt que dans les grandes déclarations.

Ce qui frappe d’abord, c’est la cohérence de ton : une comédie-drame à la fois tendre et sèche, drôle sans chercher la vanne, mélancolique sans tirer la couverture “tristesse prestige” sur chaque scène. Jarmusch filme comme s’il retirait volontairement la mousse : pas d’esbroufe, pas de climax fabriqué, pas de surlignage émotionnel. Les conversations sont souvent des trajectoires obliques : on parle de tout sauf du sujet, on contourne l’essentiel par politesse, par fatigue, par peur de réveiller quelque chose d’irréparable. Et c’est justement là que le film est le plus juste : dans ce réalisme discret des retrouvailles où chacun arrive avec son bagage invisible, convaincu d’être raisonnable, et finit par se rendre compte qu’il est surtout rempli de non-dits.

La mise en scène, elle, joue l’économie. Plans qui laissent le temps de “s’installer”, cadres composés avec une simplicité presque entêtée, humour qui naît d’un décalage de tempo — une réponse qui arrive trop tard, un silence trop long, une politesse trop insistante. Le film a l’élégance des choses qui n’appuient pas. On sent une vraie attention aux corps : la façon dont un personnage reste debout alors qu’il devrait s’asseoir, dont un autre s’occupe de la vaisselle comme s’il réparait une relation, dont un troisième fuit une pièce comme on fuit une question. Jarmusch a toujours aimé observer les rituels du quotidien, et ici ça devient le langage même du film : la famille n’est pas un “thème”, c’est une chorégraphie de petites habitudes qui ne se synchronisent plus.

Et il faut le dire : le casting a de quoi faire saliver, avec ce mélange de visages très “jarmuschiens” et d’interprètes qu’on n’attend pas forcément dans ce registre-là. Les comédiens, sans jamais chercher la performance démonstrative, existent à l’écran avec une présence simple, presque documentaire. Il y a des regards qui racontent plus que les dialogues, des manières de tenir une cigarette, de s’asseoir, de sourire par réflexe. Le film fonctionne souvent comme ça : il n’essaie pas de vous convaincre par le scénario, il vous attrape par une attitude, une micro-expression, un détail de voix. On peut sortir d’une scène en se disant qu’il ne s’est presque rien passé et, pourtant, garder en tête une sensation très précise : celle d’un malaise poli, d’une tendresse empêchée, ou d’une complicité qui se cherche.

Là où je deviens plus partagé, c’est que cette “écriture du peu” finit par tourner un peu sur elle-même. À force de privilégier l’esquisse, certaines séquences ressemblent davantage à des vignettes brillamment jouées qu’à des histoires qui avancent. C’est assumé, je le comprends, mais ça demande une disponibilité totale du spectateur : accepter que l’intérêt soit dans la nuance, pas dans la progression. Or, dans un triptyque, l’inégalité se voit immédiatement. Quand une partie vous touche moins, vous avez le sentiment d’attendre la suivante plutôt que de vous laisser porter. Et même quand une scène est excellente, le film a parfois cette tendance “musée” : on admire le cadre, la justesse, la musicalité du dialogue… et on reste légèrement à distance de l’émotion, comme si l’œuvre avait peur de se salir les mains avec le débordement.

C’est d’autant plus paradoxal que le sujet, lui, est tout sauf froid : la famille, l’âge, la culpabilité, la place qu’on occupe — ou qu’on n’occupe plus — dans la vie des autres. Le film sait pointer quelque chose de très vrai : les parents deviennent des énigmes au moment précis où on aimerait enfin les comprendre, et les enfants adultes rejouent malgré eux des rôles anciens, même quand ils jurent avoir changé. Mais cette lucidité est traitée avec une retenue si constante qu’elle finit par uniformiser les émotions. J’aurais aimé, à un moment, sentir un vrai risque : que le film ose une scène moins “contrôlée”, un écart de ton, un instant de gêne ou de joie qui ne soit pas immédiatement ramené à la neutralité élégante. En l’état, c’est beau, souvent fin, parfois même assez drôle… mais un peu trop sage pour vraiment marquer au fer.

Techniquement, c’est très soigné sans être tape-à-l’œil : une photographie qui sait rendre chaque lieu habité, un montage qui laisse respirer mais qui, du coup, accentue aussi les longueurs quand l’écriture patine, et une utilisation de la musique qui intrigue parce qu’elle n’est ni omniprésente ni totalement absente — plutôt un contrepoint discret, comme une radio dans une autre pièce. Jarmusch semble vouloir que le spectateur écoute le film autant qu’il le regarde : les bruits de pas, les portes, les respirations, les silences qui deviennent presque des répliques. C’est un vrai parti pris, et il peut être hypnotique… ou légèrement anesthésiant, selon votre humeur du jour.

Ce que j’apprécie beaucoup, malgré mes réserves, c’est la manière dont le film traite la morale. Il n’y a pas de méchants, pas de procès, pas de jugement définitif. Juste des gens maladroits, fatigués, parfois égoïstes, parfois généreux, souvent incapables d’exprimer la bonne chose au bon moment. Le film comprend que dans une famille, on peut aimer très fort et blesser très fort sans l’avoir prémédité, simplement parce qu’on ne sait pas faire autrement. Et il évite aussi le piège du “tout se réconcilie” facile : il préfère laisser planer l’ambiguïté, comme dans la vraie vie, où l’on ne résout pas tout en deux heures, où l’on repart parfois avec plus de questions que de réponses. C’est intelligent, adulte, et plutôt rare.

Mais voilà : intelligent et rare ne veut pas automatiquement dire bouleversant ou indispensable. *Father Mother Sister Brother* est pour moi un film qui se respecte plus qu’il ne se lâche, un Jarmusch délicat, parfois précieux, qui offre de très beaux moments d’observation humaine mais qui, sur la durée, donne aussi la sensation d’un exercice de style confortable — l’art de l’ellipse, la gêne feutrée, l’humour sec, la mélancolie en sourdine. Ceux qui aiment Jarmusch pour son minimalisme et sa poésie du quotidien y trouveront clairement leur compte. Les autres risquent de rester sur le pas de la porte, à regarder la scène sans jamais vraiment y entrer.

En sortant, je me suis senti comme après une conversation avec un proche qu’on n’a pas vu depuis longtemps : il y a eu des instants précieux, des choses qu’on a reconnues, une tendresse réelle… et pourtant, on a évité l’essentiel. C’est peut-être exactement ce que le film veut provoquer, et en ce sens il est réussi. Mais en tant que spectateur, j’avoue que j’en attendais un peu plus : un frisson de vie, un vertige, ou simplement une surprise qui fasse basculer l’ensemble. À la place, j’ai eu un objet élégant, parfois touchant, souvent malin, mais qui me laisse un souvenir moins fort que ses meilleures œuvres — un film que je ne regrette pas d’avoir vu, mais que je ne défendrai pas non plus comme un incontournable.
Grégoire MP
Grégoire MP

29 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 19 janvier 2026
J'ai été vraiment déçu par le film, j'attendais un format moderne et nouveau ; je suis parti de la salle après la deuxième famille, c'est lent, il ne se passe rien, c'est pas clair, c'est mal réalisé, bref, je ne vois pas l'intérêt de ce genre de film
CINETCHIKA
CINETCHIKA

1 abonné 21 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 janvier 2026
Un excellent film de Jarmusch où s'enchaînent des histoires de vie éloignées et pourtant similaires, un peu comme les protagonistes de ce joli mélo. Et d'ailleurs, on retrouve dans ce trio de duos, certaines similitudes, des running gags. Mais au fait, quel est le goût de l'eau ?
charboyon
charboyon

19 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 janvier 2026
Quel ennui ! On aimerait qu'il se passe quelque chose ; certes on comprend bien le lien entre les histoires, même sans les skate boards et les verres d'eau (on n'est pas complétement imbéciles non plus). Mais quel ennui...
Giu Ghica
Giu Ghica

1 abonné 17 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 février 2026
Le titre, Father Mother Sister Brother, annonce un itinéraire. Un voyage, donc.

On espérait une escapade, on a eu un trajet en TER un jour de grève, sous la pluie, sans chauffage.

Tout se passe exactement comme promis : c’est long, c’est froid, et on regarde par la fenêtre en se demandant pourquoi on est monté là-dedans.

Premier arrêt : « Father ». Les États-Unis, Tom Waits, en vieux père faussement clochard mais réellement manipulateur, qui joue les indigents froissés pour soutirer quelques billets à ses enfants, Jeff (Adam Driver, très bon, comme d’habitude, donc un peu inutilement bon ici) et Emily (Mayim Bialik).
Ils ne savent rien l’un de l’autre, presque rien de leur père, et nous, spectateurs, on comprend vite le principe : personne ne parle vraiment, tout le monde est un peu triste, et ça va durer.

Deuxième escale : « Mother ». Direction Dublin, ambiance thé tiède et non-dits bien infusés.

Charlotte Rampling incarne une écrivaine chic, distante, élégante, probablement allergique aux émotions visibles.

Une fois par an, elle reçoit ses deux filles pour une pâtisserie et un malaise existentiel : Timothea (Cate Blanchett, brillante même quand elle joue l’ennui) et Lilith (Vicky Krieps, fauchée mais cool).

Toutes deux font semblant d’aller bien, la mère fait semblant de s’y intéresser, et le film fait semblant que cette froideur est bouleversante.

Spoiler : elle est surtout frigorifiante.

Dernier arrêt : « Sister Brother ». Paris, maison d’enfance, parents morts, trauma encore chaud.
Indya Moore et Luka Sabbat incarnent des jumeaux très différents, très beaux, très silencieux, très endeuillés. C’est délicat, c’est lent, c’est triste.

On a compris. Vraiment.

Trois épisodes, trois groupes de personnages, trois décors, et pour relier tout ça : des Rolex (parce que le temps passe, évidemment), des toasts à base de boissons non alcoolisées (la joie est sobre, ici), des skateurs qui surgissent comme des métaphores roulantes, et quelques moments de beauté gratuite — littéralement les seuls instants où l’on respire.

Le tout orchestré par Jim Jarmusch, qui enferme son film dans un double paradoxe :

c’est intelligent, c’est maîtrisé… et pourtant profondément déprimant.

Premier paradoxe : nous parler de la beauté du lien familial à travers des familles dysfonctionnelles, fracturées, pleines de rancune et de frustrations.
Deuxième paradoxe : nous expliquer que les mots ne disent jamais tout, en remplissant le film de silences si lourds qu’ils pourraient demander un abonnement à la salle de sport.

Le film travaille en soustraction, oui — parfois jusqu’à soustraire l’envie de continuer à regarder.

Tout est là, pourtant.

Le style Jarmusch, reconnaissable entre mille : cadres élégants, lenteur assumée, humanité marginale, musique impeccable, personnages à côté du monde.

Mais à force de cohérence, le film devient un objet sous cloche, froid, distant, presque clinique. Une démonstration de cinéma d’auteur parfaitement exécutée, mais émotionnellement anémique.

L’universalité, grande valeur revendiquée du film, devient ici son principal problème.
Oui, la famille est universelle.

Oui, elle est faite de désillusions, de frustrations et de non-dits.

Mais avait-on vraiment besoin de se faire rappeler tout cela avec autant de gravité, dans un monde déjà saturé de gris, de silence et de fatigue morale ?

On aurait aimé un pas de côté, une étincelle, un risque. Quelque chose. N’importe quoi.

Father Mother Sister Brother n’est pas un manuel sur la famille : c’est un résumé.

Un bon résumé, bien écrit, bien filmé, bien joué. Mais un résumé quand même.

Il ne nous apprend rien que l’on ne sache déjà, ne nous bouscule pas, ne nous surprend pas.

Il confirme. Calmement. Poliment. Trop poliment.

Et c’est peut-être ça, le vrai problème : Father Mother Sister Brother a gagné le Lion d’or, mais il lui manque ce grain de folie, cette audace, cette chaleur qui justifierait qu’on s’en souvienne autrement que comme « ce film très bien fait, très intelligent, et très déprimant ».

Il est élégant, oui. Lucide, certainement. Poétique, parfois. Mais original ? Pas vraiment. Nécessaire ? Encore moins.
Quentin H
Quentin H

6 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 29 janvier 2026
spoiler:
Mais quel ennui... Soit le réalisateur a fait un film pour montrer à ses copains "artistes" ce à quoi ressemble la vraie vie, soit il nous prend pour des zombies. C'est plat, c'est mou, ca décrit des choses moches spoiler: (un père qui cache une partie de sa vie à ses enfants, deux filles qui ont au final peu de choses à se dire avec leur mère alors qu'elles se voient une fois par an, un frère et une sœur triste du décès de leurs parents)
.

Bah ouais, c'est ça la vie. La vraie. Pas toujours belle, pas toujours intense, des rencontres pas toujours souhaités.

Bon bah voilà, deux heures perdues pour voir des choses basiques, tristes et regrettables certes, mais comme il n'y a aucune réflexion dans ce film, ça reste plat et ennuyeux.

J'ai hésité à quitter en milieu de film, peut-être aurais-je dû.
Françoise BARQUIN
Françoise BARQUIN

1 abonné 3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 janvier 2026
Ce triptyque est très réussi Trois histoires qui parlent avec finesse des relations entre des enfants adultes et leurs parents, et aussi des relations tout court
Beaucoup de finesse dans le jeu des acteurs et la mise en scène
Flo
Flo

3 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 14 janvier 2026
Je me suis royalement ennuyée du début à la fin.
Manifestement je ne suis pas taillée pour ce genre de film lors duquel je me serais probablement endormie si j'avais été fatiguée.
Tout est non-dit, beaucoup trop de silences qui donnent l'impression au final qu'il n'y avait pas grand chose à raconter.
Seul aspect positif : le bonheur comparatif de la relation riche et tellement vivante que l'on partage avec ses propres enfants !
Natissy
Natissy

12 abonnés 218 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 janvier 2026
3 minis films avec 3 Portraits depeignent les Liens familiaux parents enfants, les héritages, les non dits..film contemplatif, poétique...
Elisabeth Ygorra
Elisabeth Ygorra

2 abonnés 16 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 26 janvier 2026
Je n'ai pas compris ce film qui pour moi a été d'un ennui mortel malgré les bons comédiens. Juste la 3 ème partie était un peu plus réussie ce qui fait que je ne suis pas partie avant la fin. Heureusement que je n'ai payé que 4 euros dans mon cinéma de quartier !
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