Derniers Avis : Father Mother Sister Brother - Page 7
Father Mother Sister Brother
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Frank Trouillard
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4,0
Publiée le 15 janvier 2026
Du pur Jarmusch ! Minimaliste, intellectuel, très américain, humaniste et en même temps avec du cynisme... Les acteurs sont parfaits, touchants, justes - Le construction du film est pesée au milligramme près... et le message final très fort, très profond, bouleversant - on ressort un peu déstabilisé, sans toujours savoir quoi en penser et ensuite le film revient en réflexion intérieure, philosophique - la preuve que Jarmusch est très fort et met le doigt où il faut Certains pourront critiquer une certaine lenteur - un minimalisme exagéré - un intellectualisme froid
Je n’avais pas vu de film de Jim Jarmusch depuis trente ans. Dead Man était resté imprimé dans ma mémoire. Ce sera le cas aussi de Father Mother Sister Brother, une beauté absolue en trois actes servie par un casting de choix : Tom Waits, Charlotte Rampling, Cate Blanchett, Adam Driver, Indya Moore. Un film sur la difficulté de l’amour entre membres d’une même famille, l’effort que commande une vie dans le carcan familial, le poids de l’injonction sociale. Cette difficulté traverse le monde, du fin fond des États-Unis à Dublin et Paris. Avec tout de même un message d’espoir pour ceux qui osent prendre leur envol.
Lion d'or à la Mostra de Venise, ce film de Jim Jarmusch se découpe en trois nouvelles dans lesquelles on peut retrouver des images récurrentes (le skateboard par exemple). On y assiste à des échanges familiaux doux ou piquants, drôles ou graves, c'est selon. Ces relations sont faites de bons mots, mais il manque un peu de tonus dans ce cinéma d'auteur revendiqué. Au final, on adhére plus ou moins à ces sketchs mais force est de reconnaître que le gratin hollywoodien (Adam Driver, Cate Blanchett ou encore Vicky Krieps) se contente du minimum dans ce film intéressant mais un poil prétentieux du fameux cinéaste dandy.
Superbe ! Les relations d'adultes avec leur daron et daronne scrutées tout en finesse et en détail,... Chacun y picorera des souvenirs ou des ressentiments enfouis. Chacun sera ému, chacun rira des situations empruntées qu'il a vécu avec ses parents ou ses enfants, situations où l'amour n'arrive à s'exprimer qu'au travers de maladresses (ou de vacheries). Construire un scénario sur un sujet aussi ténu relève du grand art. L'interprétation avec un casting au top ne gâche rien à l'affaire.
Je me suis royalement ennuyée du début à la fin. Manifestement je ne suis pas taillée pour ce genre de film lors duquel je me serais probablement endormie si j'avais été fatiguée. Tout est non-dit, beaucoup trop de silences qui donnent l'impression au final qu'il n'y avait pas grand chose à raconter. Seul aspect positif : le bonheur comparatif de la relation riche et tellement vivante que l'on partage avec ses propres enfants !
Ne vous attendez pas à un film palpitant.... Ce sont 3 histoires de famille hélas très banales. Mais ça reste du Jim Jarmusch, donc parfois original visuellement, et avec des acteurs qui tiennent la route, plus que le volant du chariot de cinéma.... Les scènes de rue du Paris des 18e et 19e arrondissements tranchent avec les quartiers chics privilégiés par les cinéastes français....
Jarmusch m'a déçue et je ne comprend pas que ce film ait pu être primé ! Il ne se passe rien, il n'y a pas d'émotion, c'est long et sans aucun intérêt !! Ce n'est pas parce Rolex se retrouve dans les 3 histoires que cela apporte quoi que ce soit !
Film en 3 chapitres, comme l'indiquent le titre et l'affiche, dans 3 lieux différents (Etats-Unis, Irlande, France). En commun dans ces 3 histoires un lien parent-enfant froid et distant avec peu de conversations. Lors des retrouvailles bien que rares, le temps leur paraît long et ayant du mal à trouver des choses à se dire/à faire, les personnages trinquent alors à l'eau, au thé, au café. Film sur le non-dit entre les parents et les enfants, dans les deux sens, les vies qu'on fait semblant d'avoir pour garder l'image du parent ou de l'enfant qu'on a toujours fait croire qu'on était. Dernier chapitre "Brother Sister" filmé dans les rues de Paris, avec une façon de filmer qui m'a fait penser à Gaspard Noé. La marque de montre Rolex est mentionnée dans chaque chapitre, mais pourtant pas dans le générique de fin.
Jim Jarmusch revient avec "Father Mother Sister Brother" sous la forme d’un triptyque aussi élégant que déroutant. Trois courts-métrages autonomes, portés par un casting impressionnant, qui partagent une même mélancolie et un goût prononcé pour les marges, les silences et les gestes anodins chargés de sens. Jarmusch filme ces fragments de vie avec son minimalisme habituel, laissant les acteurs exister dans l’ellipse et la retenue. Peu à peu, des motifs reviennent et tentent de tisser un lien entre les trois récits : cette étrange phrase : "Bob est ton oncle", répétée comme un code secret ; cette question absurde mais insistante : "peut-on trinquer avec de l’eau ?" ; des skateurs filmés au ralenti ; et enfin cette Rolex. Ces éléments, présents dans chaque segment, agissent comme des balises. Le spectateur cherche alors un point de convergence entre ces indices, une révélation finale qui viendrait justifier ce jeu de miroirs, sans jamais la trouver réellement. Ce refus de conclure laisse le triptyque inachevé, comme s’il manquait une dernière pièce pour que l’ensemble prenne tout son sens.
ça faisait très longtemps que je n'avais pas vu ou revu un film de Jim Jarmusch mais celui-ci m'a instantanément fait repenser à "Night on Earth" (1992) que j'avais beaucoup aimé, on retrouve un montage en plusieurs volets, en plusieurs endroits sur la planète Terre (Etats-Unis, Irlande, et...France avec Paris pour toile de fond, à apprécier en VO !) pour des épisodes de vie dans lesquels chacun peut se reconnaître : Un père qui est content de revoir ses enfants mais qui est aussi heureux de rester libre malgré tout ce qui semble lui manquer dans la vie; Une mère qui a deux filles aussi différentes l'une que l'autre avec une hérédité à l'image de la couleur rouge qu'elle partagent toutes les trois pour ce partage autour d'un goûter raffiné façon Tea-Time, une façon de montrer que très souvent les enfants n'ont que peu à voir avec l'un et/ou l'autre de ses deux parents même s'ils ont été très présents dans leur éducation... Et il en est de même dans une fratrie, elle peut être tout aussi dissemblante que fusionnelle comme le montre les deux derniers volets de la trilogie. L'esprit de Jim Jarmusch est là qui nous distille son point de vue à la fois tendre et lucide sur la forme et l'intensité de la trame qui fonde les liens familiaux. Avec ces trois petites tranches de vie, il porte vers les spectateurs trois éclairages différents mais tous aussi lucides les uns que les autres comme si les facettes de nos liens familiaux recevaient tour à tour chacune leur propre éclairage, une vue en mosaïque qui forme un ensemble tout à la fois disparate et cohérent, comme en témoignent ces points communs glissés ça et là tout au long de la narration... Les dissemblances affichées ne font au final que confirmer l'unité et l'universalité de la force des liens familiaux, malgré les distances, malgré les absences, malgré les non-dits et les différences de mentalités et de ressentis.
Ce long-métrage se déploie comme une véritable allégorie de la cellule familiale, explorée à travers une mise en scène d'une précision chirurgicale. Le film s'articule autour de trois récits enchâssés, semblables à des contes modernes, dont les transitions oniriques assurent une unité thématique et scénaristique saisissante.
Une mise en scène de la répétition
L'unicité du propos repose sur des choix esthétiques forts qui soulignent l'atavisme familial : • L’uniformité visuelle : Le fait que les protagonistes arborent les mêmes vêtements d’une histoire à l’autre renforce l'idée d'un destin commun, presque interchangeable. • La symétrie des corps : Les plans zénithaux, capturant les personnages accomplissant les mêmes gestes, illustrent une forme de conditionnement ou de mimétisme héréditaire. • L’évolution du langage : L'expression « Bob's your uncle » (et le tour est joué) sert de fil conducteur sémantique. D'abord mal comprise, elle est ensuite réutilisée avec une politesse de façade — masquant un décalage absurde — pour finir par habiter un instant de pure mélancolie, chargée du poids des souvenirs.
Le portrait d'une famille entre déshumanisation et nostalgie
Le film dépeint avec finesse la dysfonctionnalité des dynamiques familiales. Par exemple dans la première mini-histoire, on y observe notamment la figure d’un père excentrique, dont la fantaisie cache mal le vide laissé par le deuil. Face à lui, des enfants « formatés », prisonniers d’un ennui profond et d’une existence presque déshumanisée. Au cœur de cette grisaille, l’apparition des skateurs agit comme une épiphanie visuelle. Ils représentent cette lueur d’espoir, le spectre d'une jeunesse perdue et d'une insouciance révolue, brutalement rattrapée par la rudesse des drames domestiques. Cet élément de mise en scène fera une apparition récurrente au gré des deux autres mini-histoires racontées dans le film.
La famille : un socle irrémédiable
À mesure que le récit progresse, les rapports se ressentent illustrant comment la famille passe du statut d'obligation à celui de refuge. Pourtant, le film souligne que ce socle, aussi complexe soit-il, reste l'élément central de l'identité humaine : une structure que l'on ne choisit pas, mais dont l'absence laisse un vide éternel.
C’est une œuvre à la fois simple et profonde qui, en prenant le temps d'installer ses personnages, nous offre des moments de poésie d'une grande richesse thématique.
Avec Father Mother Sister Brother, Jim Jarmusch propose un triptyque minimaliste sur les liens familiaux, fait de silences, de malentendus et de distances irréductibles. Chaque segment explore une variation émotionnelle différente. Porté par des acteurs très justes, le film touche par sa délicatesse et sa pudeur, mais peut aussi frustrer par son extrême dépouillement, donnant parfois l’impression d’une esquisse plus que d’un récit. Un film élégant, mélancolique, qui observe la famille comme un lieu de transmission fragile et de solitude persistante.