Father Mother Sister Brother
Note moyenne
2,9
1812 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

242 critiques spectateurs

5
23 critiques
4
57 critiques
3
63 critiques
2
51 critiques
1
30 critiques
0
18 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Cadreum
Cadreum

77 abonnés 830 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 janvier 2026
Qui est le film ?
Après Paterson, The Dead Don’t Die ou Coffee and Cigarettes (dont il s'apparente le plus), Father Mother Sister Brother promet peu et tient cette promesse à la lettre. Observer des enfants adultes confrontés à leurs parents ou à leur absence. Explorer ce qui circule encore ou non, entre des êtres liés par le sang mais séparés par le temps, les choix, les silences. Ici, juste trois segments autonomes, reliés par un thème aussi universel que miné : la famille.

Par quels moyens ?
Comme toujours chez Jarmusch, le refus de l’événement agit comme un principe organisateur. Le déplacement en voiture, l’attente, le silence, la conversation qui n’aboutit à rien. Là où le cinéma à tendance à dramatiser les conflits familiaux par l’affrontement, la révélation ou l’explosion émotionnelle, Jarmusch observe leur forme la plus courante et la plus douloureuse : l’inadéquation. Rien n’arrive, au sens spectaculaire. Qui plus est, Jarmusch met juste en présence des états relationnels comme somme d'événements passés sans l'expliciter.

Le premier segment, centré sur le père, repose entièrement sur le malentendu. La mise en scène capte finement l’angoisse d’un retour, la difficulté d’entrer à nouveau dans un espace familial. Le film capte ce moment où l’on se prépare à affronter un parent sans savoir exactement ce que l’on attend de lui. Tom Waits incarne un père qui ne correspond à aucune des catégories que ses enfants projettent sur lui. Cette indétermination est intéressante mais elle reste cantonnée à un seul registre. En synthèse, la fameuse tirade sur les drogues est à la fois comique et tragique. Elle montre un homme qui répond littéralement à une question mal posée, montrant l’impossibilité d’un langage commun. Chacun parle depuis un monde qui n’est plus partagé. Cependant, le film observe sans jamais déplacer son point de vue. Le malaise s’installe, puis se maintient, sans véritable variation.

Là où le père était une énigme passive, la mère est une présence active, structurante et écrasante. Charlotte Rampling compose une figure de mère-artiste qui a choisi l’œuvre plutôt que l'affection et qui en assume les conséquences sans les expliquer. Le film ne juge jamais cette femme. Il montre simplement ce que ce choix a produit chez ses filles : une rivalité figée dans l’enfance et une quête de reconnaissance qui ne trouve jamais de point d’aboutissement. Tim et Lilith ne sont pas seulement en compétition l’une avec l’autre. Elles sont en compétition avec une mère qui refuse de descendre de son piédestal. Pourtant, là encore, le dispositif s’épuise rapidement. La mère reste une figure conceptuelle et les filles peinent à exister autrement que comme symptômes de son pouvoir.

Le dernier segment, centré sur le frère et la sœur endeuillés, introduit une douceur nouvelle. Les échanges sont plus fluides, les silences moins lourds. Ce segment est aussi celui de la transmission réussie. Les parents, malgré leur marginalité et leurs zones d’ombre, ont laissé quelque chose de vivant. Une sensibilité, un goût, une capacité à être au monde. On sent une tentative d’ouverture, une idée de transmission apaisée. Mais cette respiration arrive tard et semble appartenir à un autre film. Elle révèle par contraste la rigidité des segments précédents, sans parvenir à les rééclairer rétroactivement.

La fragmentation en trois parties, censée offrir une polyphonie familiale, fonctionne comme une variation sur un même motif mais où l’ensemble manque de frottement. Les récits ne dialoguent pas réellement entre eux. Ils s’additionnent plus qu’ils ne se répondent. Le film observe la famille sous trois angles, mais sans jamais faire surgir un point de friction qui dépasserait le constat.

Quelle lecture en tirer ?
Father Mother Sister Brother est un film honnête, juste, mais aussi étrangement inoffensif. Il regarde la famille comme un lieu d’échec du langage mais sans risquer autre chose que l’observation. Ce qui reste, ce sont des instants précis : une route enneigée, un thé trop silencieux, deux jumeaux qui parlent simplement de leurs parents morts. Des fragments touchants, mais isolés. On ressort avec le sentiment d’avoir vu un film conscient de ses limites mais un peu trop satisfait de les habiter. Un cinéma qui sait regarder, indéniablement, mais qui regarde ici sans se mettre en danger.
Fernanda Guapa
Fernanda Guapa

6 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 janvier 2026
Une mise en scène de la distance, faite de cadres rigoureux, de silences éloquents, de dialogues réduits à l’os, où l’essentiel se joue moins dans ce qui se dit que dans ce qui ne peut plus se dire.
Willard_S
Willard_S

30 abonnés 70 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 janvier 2026
Un excellent triptyque sur la famille à l'instar de ce qu'elle est : parfois touchante, acerbe, cynique et délicieusement émouvante. Et quel casting !
Damien DURAN
Damien DURAN

5 abonnés 90 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 janvier 2026
Laissez vous bercer par ces histoires familiales qui nous amènent dans un monde où les apparences sont trompeuses. La poésie grinçante de Jarmush nous a séduit.
Theo
Theo

44 abonnés 1 089 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 janvier 2026
J’y suis allé avec l’envie très simple de retrouver ce que j’aime chez Jarmusch : cette façon de filmer les gens comme on écoute une chanson un peu bancale, en laissant l’air circuler entre les mots, en faisant confiance aux silences, au décalage, à la grâce de l’instant. Et sur ce point, *Father Mother Sister Brother* de Jim Jarmusch coche beaucoup de cases… parfois même un peu trop. Le film se présente comme un triptyque de récits familiaux, trois “moments” autour d’enfants devenus adultes et de liens distendus, dans des cadres et des humeurs différents. L’idée est belle : faire résonner la famille comme un pays étranger où l’on revient sans parler la langue, où les gestes sont connus mais les codes ont changé, où l’on cherche des preuves d’amour dans les détails — un regard, une tasse posée, une phrase qu’on n’ose pas finir — plutôt que dans les grandes déclarations.

Ce qui frappe d’abord, c’est la cohérence de ton : une comédie-drame à la fois tendre et sèche, drôle sans chercher la vanne, mélancolique sans tirer la couverture “tristesse prestige” sur chaque scène. Jarmusch filme comme s’il retirait volontairement la mousse : pas d’esbroufe, pas de climax fabriqué, pas de surlignage émotionnel. Les conversations sont souvent des trajectoires obliques : on parle de tout sauf du sujet, on contourne l’essentiel par politesse, par fatigue, par peur de réveiller quelque chose d’irréparable. Et c’est justement là que le film est le plus juste : dans ce réalisme discret des retrouvailles où chacun arrive avec son bagage invisible, convaincu d’être raisonnable, et finit par se rendre compte qu’il est surtout rempli de non-dits.

La mise en scène, elle, joue l’économie. Plans qui laissent le temps de “s’installer”, cadres composés avec une simplicité presque entêtée, humour qui naît d’un décalage de tempo — une réponse qui arrive trop tard, un silence trop long, une politesse trop insistante. Le film a l’élégance des choses qui n’appuient pas. On sent une vraie attention aux corps : la façon dont un personnage reste debout alors qu’il devrait s’asseoir, dont un autre s’occupe de la vaisselle comme s’il réparait une relation, dont un troisième fuit une pièce comme on fuit une question. Jarmusch a toujours aimé observer les rituels du quotidien, et ici ça devient le langage même du film : la famille n’est pas un “thème”, c’est une chorégraphie de petites habitudes qui ne se synchronisent plus.

Et il faut le dire : le casting a de quoi faire saliver, avec ce mélange de visages très “jarmuschiens” et d’interprètes qu’on n’attend pas forcément dans ce registre-là. Les comédiens, sans jamais chercher la performance démonstrative, existent à l’écran avec une présence simple, presque documentaire. Il y a des regards qui racontent plus que les dialogues, des manières de tenir une cigarette, de s’asseoir, de sourire par réflexe. Le film fonctionne souvent comme ça : il n’essaie pas de vous convaincre par le scénario, il vous attrape par une attitude, une micro-expression, un détail de voix. On peut sortir d’une scène en se disant qu’il ne s’est presque rien passé et, pourtant, garder en tête une sensation très précise : celle d’un malaise poli, d’une tendresse empêchée, ou d’une complicité qui se cherche.

Là où je deviens plus partagé, c’est que cette “écriture du peu” finit par tourner un peu sur elle-même. À force de privilégier l’esquisse, certaines séquences ressemblent davantage à des vignettes brillamment jouées qu’à des histoires qui avancent. C’est assumé, je le comprends, mais ça demande une disponibilité totale du spectateur : accepter que l’intérêt soit dans la nuance, pas dans la progression. Or, dans un triptyque, l’inégalité se voit immédiatement. Quand une partie vous touche moins, vous avez le sentiment d’attendre la suivante plutôt que de vous laisser porter. Et même quand une scène est excellente, le film a parfois cette tendance “musée” : on admire le cadre, la justesse, la musicalité du dialogue… et on reste légèrement à distance de l’émotion, comme si l’œuvre avait peur de se salir les mains avec le débordement.

C’est d’autant plus paradoxal que le sujet, lui, est tout sauf froid : la famille, l’âge, la culpabilité, la place qu’on occupe — ou qu’on n’occupe plus — dans la vie des autres. Le film sait pointer quelque chose de très vrai : les parents deviennent des énigmes au moment précis où on aimerait enfin les comprendre, et les enfants adultes rejouent malgré eux des rôles anciens, même quand ils jurent avoir changé. Mais cette lucidité est traitée avec une retenue si constante qu’elle finit par uniformiser les émotions. J’aurais aimé, à un moment, sentir un vrai risque : que le film ose une scène moins “contrôlée”, un écart de ton, un instant de gêne ou de joie qui ne soit pas immédiatement ramené à la neutralité élégante. En l’état, c’est beau, souvent fin, parfois même assez drôle… mais un peu trop sage pour vraiment marquer au fer.

Techniquement, c’est très soigné sans être tape-à-l’œil : une photographie qui sait rendre chaque lieu habité, un montage qui laisse respirer mais qui, du coup, accentue aussi les longueurs quand l’écriture patine, et une utilisation de la musique qui intrigue parce qu’elle n’est ni omniprésente ni totalement absente — plutôt un contrepoint discret, comme une radio dans une autre pièce. Jarmusch semble vouloir que le spectateur écoute le film autant qu’il le regarde : les bruits de pas, les portes, les respirations, les silences qui deviennent presque des répliques. C’est un vrai parti pris, et il peut être hypnotique… ou légèrement anesthésiant, selon votre humeur du jour.

Ce que j’apprécie beaucoup, malgré mes réserves, c’est la manière dont le film traite la morale. Il n’y a pas de méchants, pas de procès, pas de jugement définitif. Juste des gens maladroits, fatigués, parfois égoïstes, parfois généreux, souvent incapables d’exprimer la bonne chose au bon moment. Le film comprend que dans une famille, on peut aimer très fort et blesser très fort sans l’avoir prémédité, simplement parce qu’on ne sait pas faire autrement. Et il évite aussi le piège du “tout se réconcilie” facile : il préfère laisser planer l’ambiguïté, comme dans la vraie vie, où l’on ne résout pas tout en deux heures, où l’on repart parfois avec plus de questions que de réponses. C’est intelligent, adulte, et plutôt rare.

Mais voilà : intelligent et rare ne veut pas automatiquement dire bouleversant ou indispensable. *Father Mother Sister Brother* est pour moi un film qui se respecte plus qu’il ne se lâche, un Jarmusch délicat, parfois précieux, qui offre de très beaux moments d’observation humaine mais qui, sur la durée, donne aussi la sensation d’un exercice de style confortable — l’art de l’ellipse, la gêne feutrée, l’humour sec, la mélancolie en sourdine. Ceux qui aiment Jarmusch pour son minimalisme et sa poésie du quotidien y trouveront clairement leur compte. Les autres risquent de rester sur le pas de la porte, à regarder la scène sans jamais vraiment y entrer.

En sortant, je me suis senti comme après une conversation avec un proche qu’on n’a pas vu depuis longtemps : il y a eu des instants précieux, des choses qu’on a reconnues, une tendresse réelle… et pourtant, on a évité l’essentiel. C’est peut-être exactement ce que le film veut provoquer, et en ce sens il est réussi. Mais en tant que spectateur, j’avoue que j’en attendais un peu plus : un frisson de vie, un vertige, ou simplement une surprise qui fasse basculer l’ensemble. À la place, j’ai eu un objet élégant, parfois touchant, souvent malin, mais qui me laisse un souvenir moins fort que ses meilleures œuvres — un film que je ne regrette pas d’avoir vu, mais que je ne défendrai pas non plus comme un incontournable.
Fañch
Fañch

3 abonnés 36 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 janvier 2026
Quand on aime Jarmusch, on aime l’aspect contemplatif de son cinéma. On retrouve la même énergie que Coffee and Cigarettes ou Night on Earth. Le style est intact, original et soigné.
Simurr
Simurr

2 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 janvier 2026
Côtoyons-nous notre famille seulement à cause de nos liens de sang ? Un peu matrixé par ce film, il fait se rendre compte qu’on ne connaît pas forcément notre famille.
Sylviane44
Sylviane44

13 abonnés 34 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 janvier 2026
Je me suis amusée à checker les références communes aux 3 histoires : la Rolex, mon oncle s’appelle xxx, trinquer avec xxx,… Amusant. On se retrouve dans la difficulté de communiquer avec ses proches, parler de choses sans importance en évitant celles qui sont profondes. Bon film.
PopCornFatal
PopCornFatal

9 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 janvier 2026
Father Mother Sister Brother est un film sensible qui observe les liens familiaux avec pudeur et retenue.

Sans chercher l’effet ou la démonstration, le film s’attache aux silences, aux non-dits et aux fractures ordinaires qui traversent une famille. La mise en scène est sobre, parfois presque trop, mais elle laisse de la place aux comédiens, justes et investis.

L’ensemble manque peut-être d’un peu de relief ou d’audace narrative pour marquer durablement, mais le regard porté reste sincère et humain.
Un film discret, imparfait, mais respectable dans sa démarche.
lionelb30

548 abonnés 2 947 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 janvier 2026
Trois histoires dans ce film ou au final on ne vois pas grand intérêt. Acteurs pas mal , quelques petites choses amusante , un rythme lent.
Jerican
Jerican

16 abonnés 123 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 janvier 2026
Un bon cru Jarmusch qui se savoure sur la durée, avec les résonnances et les échos existentiels entre les 3 différentes histoires, si éloignées et si proches. Des acteurs aussi brillants qu'émouvants. Un ton inimitable, la patte de Jim !
Jk_lambert
Jk_lambert

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 12 janvier 2026
Le premier sketch est assez savoureux grâce à Tom Waits, les 2 autres répètent le « scénario » en moins bien - dans les silences génés entre parents et enfants. Psychologie de comptoir (la famille c’est pas toujours facile, on hérite des traumas parentaux, sans blague !) et ennuie profond au bout du compte. On aurait excusé peut être un premier film mais là, Jarmush, un Lion d’or et des critiques élogieuses, faudra m’expliquer  !
Frédéric C
Frédéric C

1 critique Suivre son activité

1,0
Publiée le 12 janvier 2026
Difficile de ne pas voir dans ce film l'essoufflement d'un cinéaste qui n'a plus rien à dire. La recette Jarmusch (scènes en voiture, bonne musique, succession de scènes parallèles sous des lattitudes différentes comme dans Night on Earth) tourne ici totalement à vide. Le film ronge son propre malaise pendant plus d'une heure en essayant de le vendre comme une profonde comédie sur la banalité supposée universelle et la beauté des liens familiaux. En tout probablement une heure de plans de voiture sur fond vert, moches et paresseux. Les dialogues ne décollent jamais. Les acteurs et actrices sont obligés de cabotiner (surtout Blanchet! Krieps, et Rampling) ou bien sont introuvables (jumeaux parisiens issus d'une pub Dior). Le tout laisse un goût amer, comme une pâle copie étudiante mais friquée d'un cinéaste qu'on adore. Et le lion d'or? No comment, on n'attend rien des prix, mais on est quand-même déçu.
Mando
Mando

4 abonnés 15 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 janvier 2026
On attend sans doute beaucoup d’un film ayant obtenu un prix prestigieux. Quelques moments marrants, bons acteurs mais réalisation assez inégale à mon goût.
Philippe Fouassin
Philippe Fouassin

3 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 janvier 2026
C’est un peu chiant. Le 1 moyen, le 2 bien et le 3 très chiant. Film pour faire une petite ronflette au cinoche
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse