Je ne sais pas pourquoi ce film m'a tant ému. Peut-être est ce conjoncturel, ou personnel. Toutefois, je me permets de recommander ce film, car il me semble qu'il touche à quelque chose d'universel. Monsieur Klapisch y aborde notre identité collective, en tant que rêveurs, amoureux, voyageurs, explorateurs. Il s'intéresse à notre identité relationnelle en nous renvoyant en 1890, au carrefour du romantisme et de la modernité.
Dans ce film, j'ai eu l'impression qu'il nous parlait en tant que spectateur, à nous et de nous, de notre rapport aux autres, qui est finalement le miroir de nous même.
Un miroir qui est plus peinture que photographie. Plus impressionniste que descriptif et tellement émouvant. La moindre petite trace que laisse l'héroïne Adèle, par exemple, est unique et permet l'avenir: l'enchainement des générations, l'arbre généalogique. Mieux, elle permet de réinventer l'avenir par un conte et des rencontres. Chaque impression est une projection, comme celle d'un galet sur l'eau, d'un pinceau sur une toile, d'un regard sur une personne.
Ce va et vient avec la belle époque fait prendre du recul par rapport à la technique, pour mieux se recentrer sur l'humain. Effet du retour dans le passé ou fait exprès et talent de cinéaste, j'ai eu l'impression, enfin, d'entendre à nouveau des acteurs respirer, de les sentir s'émouvoir, de voir des humains jouer leur rôle... Comme dans les vieux films.
Et je sors de la projection sans maux de tête, car les images sont justes et non pas juxtaposées. Elles sont choisies et le style est épuré.
Merci pour ce très bon moment Monsieur Klapisch.