Il s’agit d’une adaptation du roman éponyme de l’écrivain américain David Vann, publié en 2009 aux États-Unis au sein d’un recueil de nouvelles intitulé Legend of a Suicide. C’est la première fois que l’un de ses livres est porté à l’écran.
Pour les scènes extérieures, le réalisateur Vladimir de Fontenay a posé sa caméra à Bardufoss, au nord de la Norvège, au-delà du cercle polaire. Les scènes intérieures ont, quant à elles, été filmée en studio en banlieue parisienne, à Auvers-Saint-Georges (Essonne).
Pour trouver le décor parfait à son film, Vladimir de Fontenay et son équipe ont fait un long travail de repérages qui a duré trois ans.
Bien avant sa sortie sur les écrans français, Sukkwan Island a été présenté dans plusieurs festivals américains parmi lesquels ceux de Sundance ainsi que celui de San Francisco (San Francisco International Film Festival).
Après un premier long-métrage co-réalisé avec la cinéaste Nina Ljeti (Memoria – 2015), il s’agit du second long-métrage que Vladimir de Fontenay réalise en solo après Mobile Homes (2017).
C’est en le voyant s’exprimer en anglais dans Anatomie d’une chute de Justine Triet (2023) que Vladimir de Fontenay a eu l’idée de faire appel à l’acteur français Swann Arlaud pour jouer le rôle de Tom.
Le tournage des scènes en Norvège s’est fait en deux temps. Vladimir de Fontenay est tout d’abord venu avec son équipe et ses comédiens en plein hiver. Les conditions étaient extrêmes puisque les températures pouvaient parfois atteindre -30 degrés ! Ils sont ensuite revenus quelques mois plus tard, en été, pour tourner la seconde partie du film. Le tournage s’est révélé beaucoup plus clément puisque le cinéaste et ses collaborateurs pouvaient notamment se baigner dans un lac qui, quelques mois plus tôt, était entièrement gelé et sur lequel ils avaient d’ailleurs installé leurs nacelles.
Pour affronter le tournage sous des températures polaires, Swann Arlaud s’est préparé en amont en faisant beaucoup de sport mais aussi en prenant des douches glacées. Un rituel assez extrême mais qu’il a fini par adopter, non sans un certain plaisir.
Parmi les scènes les plus compliquées qu’il a dû tourner pour le film, Swann Arlaud évoque notamment celle où il a dû dépecer à main nue un renne encore à moitié congelé. Du faux sang avait été rajouté sur l’animal. Mais dans la composition de ce liquide très souvent utilisé au cinéma, il y a énormément d’eau ce qui fait qu’en l’espace de quelques secondes, les mains du comédien étaient complètement gelées. Ainsi, entre les prises, une personne de l’équipe lui versait systématiquement de l’eau chaude sur les mains.