"Sinners" est un mélange de genres et me laisse perplexe. C'est pétri de défauts, de péchés en somme.
Péché de gourmandise d'abord : à trop vouloir en mettre, la recette déborde et n'a pas de vraie saveur car finalement "Sinners" pourrait être un remake d' "Une nuit enfer" en pamphlet antiraciste rythmé par du Blues, avec des accents de comédie musicale. Pourtant Ryan Coogler a un talent évident de mise en scène et certains passages sont juste géniaux. C'est son péché d'orgueil aussi qui le plombe, il veut trop en faire, comme cette double ration du très fier Michael B Jordan, ou encore de cette volonté de filmer en Imax. L'esbroufe au détriment de la cohérence. C'est censé se passer sur un jour, de 72heures j'imagine...
Ce qui fait tomber en quelque sorte le film dans l'avarice, puisqu'à se croire plus malin, en suivant une voie puis en tirant dans tous les sens, sans rien expliquer (le passé des jumeaux, les Indiens, les vampires, comment les tuer, le KKK, etc), ça sonne faux. Et creux.
Il y a la luxure évidemment, en rajoutant du sexe, du gore et de la sueur.
La colère aussi car le film pourrait être une ode à la liberté sur fond de Blues et de ségrégation (et ce serait parfait), mais non il rajoute des pistes comme le KKK (totalement survolé), mais veut gonfler le torse et montrer la colère du peuple afro-américain avec un épilogue rageur, gratuit et finalement raciste, comme une tentative ratée pour refaire le final de "Django Unchained". Il y a d'ailleurs une scène post générique toute aussi gratuite qui rallonge encore la douloureuse.
On sent l'envie de bien faire, mais la paresse d'écriture truande le tout.
Restent deux scènes musicales mémorables, une image et une bande son léchées.