Sinners
Note moyenne
3,7
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739 critiques spectateurs

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Diabloxrt
Diabloxrt

80 abonnés 1 874 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 avril 2025
Si le retour de Ryan Coogler m'a forcément intrigué, je ne m'attendais pas à autant apprécier le visionnage de "Sinners". Pourtant, ma relation avec ce film a été extrêmement particulière, et cela, pour deux raisons. La première, car je n'avais aucune idée de ce qu'allait être le projet. Je n'avais vu aucune image, lu aucun synopsis et je n'avais donc qu'un léger aperçu sur ce qu'il pourrait être. Par conséquent, contrairement à d'autres, je ne pouvais pas être déçu du visionnage, car je n'en avais aucune réelle attente. Là où je peux tout à fait comprendre que certaines personnes ont été gênées par le vrai contenu du film, la faute à un marketing mal géré notamment, ce n'est donc pas du tout mon cas. Quant à la deuxième raison, cela vient simplement du fait que je l'aie vu deux fois. Le premier visionnage avait été très intéressant, mais j'avais quand même eu la sensation d'être passé à côté de quelque chose. Ma seconde fois a donc été essentielle pour compléter mon avis sur ce projet, et grâce à celle-ci, je peux affirmer que ce film est vraiment excellent. spoiler: Se déroulant dans les années 30, ce dernier s'inscrit donc dans le contexte de l'époque. Nous sommes en plein milieu de la Prohibition, et plusieurs décennies après la libération des esclaves en Amérique. L'histoire se situe d'ailleurs dans le Mississippi, l'une des régions les plus représentatives de cela. Séparé en deux parties bien distinctes, le scénario se sert donc de cette première heure pour nous présenter l'environnement dans lequel va évoluer l'intrigue. Nous nous baladons au travers de décors très bien reconstitués, et parfaitement mis en valeur. La caméra de Ryan Coogler a toujours été de qualité, et c'est donc encore le cas ici. La photographie aide également à la très bonne représentation de l'univers, un ton assez jaunâtre et des noirs bouchés venant offrir des images absolument sublimes. Au milieu de cela, nous allons donc découvrir tous nos personnages, à tour de rôle, et commencer à comprendre que les bases de ce monde sont belles et biens ancrés dans le réel. L'objectif de cette longue introduction est de nous montrer comment se sont installé les anciens esclaves et comment se passe désormais leur vie. Ici, la représentation sociale de cette époque passe donc avant toutes autres choses, et c'est peut-être un élément qui pourrait gêner des spectateurs qui s'attendaient uniquement à voir de la violence La première partie va clairement prendre son temps, mais sans que cela soit forcément gênant ou dénué de sens. Il est clair que le rythme se veut assez lent sur la première heure, mais ce n'est pas pour autant qu'il ne se passe rien. Chaque scène va servir à quelque chose, à introduire un personnage ou une idée. On découvre donc tous nos protagonistes, et les liens qui les unissent. Le scénario insiste d'ailleurs vraiment sur ce point, pour montrer qu'une véritable communauté s'est créée au fur et à mesure des années, ceux-ci cherchant donc à créer un monde où ils pourront être libres. Cela se ressent notamment dans les dialogues, mais surtout dans le jeu des acteurs. Ils sont tous très bons, on sent un véritable esprit de camaraderie entre eux. Pourtant, certains éléments amènent un constat assez amer à cela, notamment par le vice assez explicite que peuvent avoir nos héros. Cela se ressent évidemment chez les deux jumeaux, qui, même s'ils ont de bonnes intentions, sont quand même d'anciens gangsters. L'un est énormément attiré par l'argent, et l'autre a son esprit bien trop tourné vers les relations intimes. Mais cela se voit aussi chez un personnage comme Delta Slim et sa consommation d'alcool, ou chez Pearline et son indifférence à l'infidélité. Le but de cette partie est donc de nous attacher à cette communauté, tout en ayant conscience que quelque chose cloche, que cette sensation de liberté n'est peut-être pas amenée de la bonne manière. À ce compte-là, le milieu du film est assez important, ce dernier mettant la musique et le blues au premier plan. Cette musique est montrée comme le véritable élément de liberté pour nos personnages, c'est elle qui réunit cette communauté et qui leur permet d'exprimer leurs maux. Une séquence démontre d'ailleurs l'importance du blues, et je parle évidemment de ce fameux plan-séquence de fête. La musique du présent, du passé et du futur se mélange, et le résultat est absolument extraordinaire. La scène est impressionnante, et si on peut évidemment féliciter Ryan Cooler pour la précision chirurgicale du déplacement de sa caméra, il ne faut pas oublier l'immense contribution de Ludwig Göransson. Tout son travail sur la musique a été maîtrisé, que ce soit pour cette séquence ou pour l'entièreté du film. Elle dynamise le montage, et elle pioche dans énormément d'inspirations différentes. Elle a forcément une base de blues, mais le hip-hop, le rock ou des sonorités plus anciennes encore se ressentent également. Au milieu de cela, Sammie se montre donc comme le seul personnage à avoir un réel espoir de liberté. C'est lui qui amène le blues, il est jeune et son esprit n'a pas encore été perverti par tout ce que ce monde avait à offrir. Et c'est donc lui qui, logiquement, va amener à l'ouverture de la seconde partie. Celle-ci, contrairement à la première, se veut totalement dans l'ambiance de ce qui avait été promis. Nos personnages seront donc confrontés à des vampires, des créatures qui n'ont pas été choisies au hasard. Le fait que l'on ne sache pas d'où vient le vampire original en est l'exemple total d'ailleurs. Remmick peut avoir plusieurs origines, et l'histoire joue énormément avec cela. Par ailleurs, Jack O'Connell l'interprète à la perfection, il est vraiment terrifiant à certains instants. Les prothèses sont également de qualité, et c'est donc assez plaisant de voir les agissements de cette horde. Mais comme je l'ai dit, il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre le but de ces créatures "vampirisées", l'idée derrière cela abordant l'appropriation culturelle de cette musique. Plus qu'un combat physique, c'est un combat idéologique pour la survie de la seule forme d'expression d'un peuple entier à cette époque. On comprend donc totalement le sens, les séquences sont assez impressionnantes (bien que réduites) et elles amènent quand même à un destin très tragique pour une bonne partie de nos personnages. Eux qui se sont tournés vers "le vice", leur rédemption viendra du fait de se rendre compte que la seule chose à protéger, la seule qui leur a complètement offert une sensation de liberté, est la musique. Le final joue donc énormément sur cette métaphore, en assemblant tous les détails qu'aura disséminés le film à droite à gauche, et cela, pendant plus de 2 heures. Et pour moi, c'est donc vraiment une réussite.
Il est clair que ce film n'est pas ce que le marketing nous avait vendu, il est avant tout tourné vers ses thématiques (celles-ci sont également assez nombreuses) et il est de ces films où chaque détail compte. Par conséquent, il y a 1000 raisons de ne pas aimer ce long-métrage. Mais personnellement, j'ai beaucoup aimé. J'ai aimé la mise en scène millimétrée de Ryan Coogler. J'ai aimé la photographie extrêmement léchée qui sublime la représentation très précise de cette Amérique des années 30. J'ai aimé le moindre personnage, même secondaire, car s'ils sont montrés comme remplis de défauts, ils forment un groupe extrêmement attachant. J'ai aimé la musique de Lugwig Göransson, qui accentue chaque scène et offre un dynamisme certain au montage. J'ai aimé les scènes de violence de la deuxième partie, qui sont certes peu nombreuses, mais qui sont très réussies. J'ai aimé les nombreuses thématiques explorées ici, car même si elles s'avèrent plus importantes que le scénario, elles sont tellement bien intégrées à l'ensemble, que l'histoire ne souffre même pas vraiment de leurs exploitations. Et enfin, j'ai aimé l'ambiance que dégage ce film. L'ensemble est vraiment prenant, et je ne me suis jamais ennuyé face à tout ce que propose le projet. Très clairement, il a quelques petits défauts, mais malgré tout, j'ai particulièrement apprécié mon moment. Cela ne m'empêche pas de lui mettre la note maximale. Pour conclure, un chef-d’œuvre.
ne0n
ne0n

31 abonnés 145 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 avril 2025
Une sorte de Nuit Enfer de Rodriguez insufflé au Blues. Le réalisateur de Black Panthère s'en ai donné a cœur joie pour nous exposer son récit et ses sonorités.
Les acteurs maîtrisent très bien leur rôles dans cette amerique d'après guerre (1ere); Où les tensions raciales qui malgrés leur importance, ne débordent pas dans ce récit.

Pour ma part la sauce à très bien pris, cette patte artistique m'a scotché sur le fauteuil du cinéma. J'ai pu ressentir une certaine poésie dans certains plan.

J'ai adoré la façon dont les antagoniste ont été dépeint, tel un conte que l'ont raconte aux enfants pour les effrayé.

N'OUBLIEZ PAS DE RESTER JUSQU'À LA FIN DU GÉNÉRIQUE
Zaldi
Zaldi

124 abonnés 167 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 mai 2025
Il est là mon premier coup de cœur de l'année...quel film ! Sinners possède pourtant un synopsis assez simple, l'ensemble pourrait même faire penser à la copie d'un film culte du même genre spoiler: (je parle évidemment d'une nuit en enfer)
, malgré cela Ryan Coogler nous plonge dans une histoire captivante et un voyage hypnotisant dans le blues des années 30 sous fond de fantastique...par où commencer ? Les acteurs sont géniaux, énorme mention à Miles Caton qui crève l'écran et qui devrait avoir une grande carrière vu sa performance dans Sinners. Comment parler de ce film sans évoquer la bande son exceptionnelle de Monsieur Ludwig Göransson. Les décors sont superbes tout comme la mise en scène spoiler: (alors oui tout le monde parle (à raison) de la fameuse scène où Sammie chante et brise le voile entre passé, présent et futur, mais parlons aussi des nombreuses autres scènes marquantes du film comme celle où les vampires dansent ensemble sur The Rocky Road To Dublin ou bien celle où Smoke décime les membres du KKK).
Vous l'avez compris ce film est une vraie claque et Ryan Coogler nous signe sûrement son meilleur film ! À regarder sans modération, à découvrir sur grand écran et une bande son à écouter encore et encore...on peut le dire, je suis mordu de ce film !
Gregory S
Gregory S

55 abonnés 765 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 février 2026
Attention allez jusqu'à la toute fin du générique. On en a pour son argent, c'est un film d'épouvante et non d'horreur. Il vous fera peu frissonner de peur mais le theme des vampires est plutôt bien mis au goût du jour, La lumière est très belle, la reconstitution des années 30 dans le sud est americain est assez réussie, la musique du film (aussi bien la musique que les chansons) est un des point fort du film et le contexte, les noirs contre les blancs, est une des très bonne idée du film.
RedArrow

1 871 abonnés 1 676 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 avril 2025
1932, État du Mississippi. Après avoir joué aux gangsters à Chicago, les jumeaux Moore reviennent à la grande surprise de tous dans leur petite ville natale pour y ouvrir un club festif réservé à la communauté noire. S'ils craignent évidemment les cagoules blanches dissimulées du Ku Klux Klan qui rôdent aux alentours, ils sont bien loin d'imaginer la nature de la menace d'une toute autre ampleur qui vient chercher à s'inviter à leur soirée d'inauguration, attirée par la voix de leur petit cousin prodige du blues...

On avait un peu oublié la force de frappe cinématographique dont est capable Ryan Coogler que l'on avait laissé en train de faire les griffes de Black Panther chez Marvel. Et puis, bim, sans crier gare, voilà que le bonhomme rappelle son talent à nous avec ce qui s'apparente à la meilleure "Nuit en Enfer" tombée depuis un moment sur un grand écran !

Impossible en effet de ne pas penser au film culte de Robert Rodriguez en découvrant "Sinners" de par simplement son statut de film de vampires pur et dur, rendant toutes ses lettres de noblesse horrifiques à ces créatures parfois trop souvent tournées en dérision, ses unités de temps (sur une journée) et de lieu (un univers à ciel ouvert qui se réduit en huis-clos dans sa deuxième partie) et, bien sûr, sa structure narrative en elle-même.
Avec le choix d'une exposition de près d'une heure, servant avant tout à présenter sa nébuleuse de personnages et ses liens plus ou loin mouvementés dans un contexte évidemment difficile lorsque l'on ne répond pas aux critères cutanés exigés pour exister dans la société de l'époque, le long-métrage se démarque forcément du tout-venant fantastique mercantile (et il est doté d'un budget de 90 millions de dollars, un blockbuster en la matière !) grâce à son choix de privilégier le développement d'attaches entre ses héros et le spectateur sur la durée plutôt que le bête et méchant frisson précipité (la menace vampirique n'est révélée en toile de fond que le temps d'une courte séquence dans cette partie). Il préfère aussi dévoiler à travers ces pendants une communauté et sa culture obligées de rester sur un qui-vive permanent pour espérer survivre au cœur du ségrégationnisme qui vampirise tout un pays et essaie de se montrer à la hauteur de ce parti pris en lui-même qui prend son temps à placer ses pions avant l'explosion tant attendue (dans l'ensemble, les protagonistes sont d'ailleurs majoritairement réussis même s'ils faut bien avouer que certains sortent vraiment du lot par ce que l'intrigue leur offre pour exister).
De fait, quand les choses sérieuses à canines allongées sanguinolentes démarrent, force est de constater que les efforts effectués autour du noyau central de personnages sur lequel le film s'est centré jusque-là fait des merveilles niveau caractérisation individuelle ou en dynamique de groupe dans l'action face des assaillants particulièrement carnassiers.
Et, là encore, avec ces derniers, le film réussit le tour de force d'offrir une représentation vampirique qui parvient à maintenir son aura de mystère/fascination à chaque apparition. Reprenant pourtant à son compte tous les clichés bien connus lui étant attachés (jusqu'à l'ail !), "Sinners" conjugue tous ces éléments dans sa métaphore sociale particulièrement bien sentie et leur donne une nouvelle saveur au rythme de son blues et de la douleur qu'elle recouvre.

Car, oui, en faisant de cette grange une espèce d'arche isolée de la culture noire soudainement submergée par la soif de ceux qui veulent la conquérir et la faire leur, où le chant du personnage du jeune cousin va en devenir l'exaltation intemporelle lors d'une séquence qui s'inscrit d'emblée comme une des plus fortes que pourra nous proposer le cinéma américain en ce sens cette année, "Sinners" trouve une espèce de sentier d'expression idoine pour mêler l'horreur littérale à celle rampante (et elle aussi intemporelle) d'une oppression sociale prête à tout pour injecter son venin dans les veines d'une communauté qu'elle ne comprend pas et qu'elle entraîne de fait dans une lutte perpétuelle pour assurer son caractère immuable.
En plus d'en faire un affrontement musical riche (quelle bande originale !) et de toute beauté (quelle mise en scène pour nous ensorceler à chaque note !), le film va aussi habilement y intégrer la thématique religieuse et faire simplement de la destinée de ses héros jumeaux un judicieux miroir de péchés à hauteur d'homme (sans tomber dans la facilité, chapeau !) où l'émotion va être terrassante jusque dans les derniers instants du film, bien appuyée par un Michael B. Jordan au talent décidément admirable dans ce double rôle (tout le casting est parfait soit-dit en passant), et même se permettre un épilogue intimiste brillant, toujours rythmé au son du blues, lors de son générique de fin.

Sortez vos plus beaux pieux et gousses d'ail et n'hésitez pas un seul instant: courez découvrir "Sinners" en salles, enfin un blockbuster d'horreur transpirant autant d'intelligence que de sang et réinstallant Ryan Coogler comme cinéaste sur lequel l'avenir du cinéma US doit compter.
Aegnor
Aegnor

27 abonnés 31 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 avril 2025
Vu en avant-première :
Le film est, je trouve, excellent. Coogler nous montre un film de vampire durant la ségrégation aux USA. Le synopsis est intriguant il faut le dire.
Tout d'abord le casting est très solide et n'a aucun faux pas. Chacun porte son rôle à merveille. Les musiques sont superbes et font partie intégrante de l'adn du long métrage. La cinématographie est excellente, l'action palpitante et le son très bien travaillé apportant sensualité et intensité aux scènes empreintes de mysticisme. L'utilisation de croyances d'Afrique de l'ouest et le cadre du film apporte un peu de nouveauté dans le paysage cinématographique occidental. On a l'impression de voir La couleur pourpre avec une touche de fantastique et d'horreur. Personnellement, c'est une réussite. Je recommande grandement.
GyzmoCA
GyzmoCA

295 abonnés 2 582 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 avril 2025
Avec Sinners, Ryan Coogler livre un film audacieux et visuellement maîtrisé, porté par un Michael B. Jordan au sommet de son charisme — et en double. L’acteur incarne deux gangsters venus de Chicago s’installer dans le Mississippi, révélant avec finesse deux facettes très différentes de son jeu. Il impose sa présence à chaque plan, confirmant une fois de plus qu’il est l’un des acteurs les plus captivants de sa génération.

Le film se divise clairement en deux parties : d’abord une atmosphère tendue et ancrée dans le réalisme criminel, puis un virage brutal et jouissif vers le fantastique, dans une ambiance de film de vampires à la Une nuit en enfer. Coogler maîtrise parfaitement cette transition de ton. La photographie, les costumes, et la mise en scène sont soignés, avec une vraie identité visuelle qui distingue le film dans un genre souvent balisé.

Le récit prend le temps d’installer ses personnages, rendant le chaos final d’autant plus marquant. Si la dernière partie, plus orientée action et combat, convainc moins, ce n’est pas là que réside la force du film. Ce qui fait la réussite de Sinners, c’est sa construction, sa tension dramatique, et la justesse de son casting dans un univers original et déroutant.

Un film de genre ambitieux, porté par un duo d’acteur en un seul corps, et un réalisateur qui prouve une fois de plus qu’il fait partie des meilleurs.
Séance de minuit
Séance de minuit

72 abonnés 117 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 septembre 2025
Sinners mêle avec audace horreur, drame historique et mythologie vampirique pour offrir bien plus qu’un simple film de genre. L’immersion dans le Mississippi des années 30, marquée par la ségrégation, sert de toile de fond à une fable sombre sur le retour aux racines et le poids du passé. L’ensemble hybride se tient grâce à une mise en scène maîtrisée et une originalité rafraîchissante !
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 173 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 avril 2025
Alors qu’ils cherchent à s’affranchir d’un lourd passé, deux frères jumeaux reviennent dans leur ville natale pour repartir à zéro. Sauf qu’une fois sur place, ils vont devoir faire face à une puissance maléfique redoutable…

Ryan Coogler (Black Panther - 2018) délaisse les films de superhéros pour le genre horrifique et nous entraîne dans le sud des États-Unis, alors en pleine ségrégation raciale. Durant 130 (longues) minutes, le réalisateur oscille maladroitement entre plusieurs genres cinématographiques : western, thriller historique, drame social, vampire et fantastique !

Et le résultat est assez mitigé, car si le point de départ est louable : rendre hommage à la culture afro-américaine en mettant en lumière son folklore, ses croyances (le “hoodoo”) et son blues, au final, on en ressort aussi confus que désappointé.

C’est d’autant plus frustrant que la reconstitution des 30’s est franchement réussie, de même que sa distribution et surtout la magnifique . spoiler: (avec cette scène assez hallucinante où se mêlent différentes temporalités et musicalités, où toute la culture afro-américaine y passe).


L’ennui, c’est que le film, scindé en deux parties, met un temps fou à démarrer. Passé la première heure, on entrevoit enfin le bout du tunnel avec la seconde partie qui se déroule intégralement dans le "juke joint", mais c’est déjà trop tard. On a senti le temps passer et face à un scénario aussi invraisemblable qu’incompréhensible, ajoutez à cela, ce mélange des genres et cette métaphore du racisme assez grossière (les vampires qui déciment toute la communauté noire du Mississippi), bref ça fait beaucoup pour un seul film.

Vous l’aurez compris, je n’ai absolument pas compris toute cette hype autour du film, une sorte d’ersatz d’Une nuit en enfer (1996), réalisé par un cinéaste un peu trop inspiré par Jordan Peele (Get Out - 2017).

● ● ●
garnierix

306 abonnés 592 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 avril 2025
Contrairement à ce qui se colporte d'une critique à l'autre, ce film ne rappelle rien d'existant au cinéma. C'est un objet indéfini dont le synopsis et la bande-annonce en disent trop pour ne rien dire. "Film de genre" si l'on veut. Genre nouveau alors. Même la fin est d'un genre nouveau : on a un vrai chapitre d'une dizaine de minutes après qu'un vrai générique de fin a déjà poussé la moitié des spectateurs à sortir de la salle (du jamais vu). C'est comme si l'auteur redoutait qu'on voie comment il conclut son film !

L'auteur avait déjà introduit son film de manière étrange : on peine en effet à comprendre, bien que les personnages ne cessent de palabrer. Ce n'est pas une accroche puissante ! D'ailleurs, on a l'impression que l'introduction dure une heure, puisqu'on finit par imprimer au bout d'une heure. Malin ? Étrange quand même pour le spectateur pressé de vivre une inquiétude...

N'empêche qu'on finit par vivre un bon moment de bon cinéma. On a déjà été charmé par la reconstitution historique des années 30 depuis le début. Par les images aussi, qui sont loin d'être naturelles, même pour les paysages de ce Mississipi (elles sont étudiées, arrangées, envoûtantes, sensuelles). Mais le grand moment, c'est la musique (qu'on aime le blues ou pas), cette vibration qui fait vibrer notre être (chez la plupart des gens). C'est un personnage à part entière, excellent. Un personnage qui se trouve un autre personnage du film avec qui jouer, et surtout avec qui danser : la religion. "Le blues déchire le voile entre la vie et la mort".

Le film est imbibé de religiosité. Noyé pour ainsi dire, puisque tel est le genre annoncé. À aucun moment ce personnage n'est introduit. Il s'immisce l'air de rien, puis enfle, et finit par prendre toute la place. Il n'a pas de nom, mais il pourrait s'appeler candomblé, umbanda, etc. Il y a (avant le gore attendu et catastrophique) des scènes dansées d'une puissance énorme, des scènes qu'on ne peut vivre que dans des rituels afro-améridiens où sont convoqués les esprits.

Donc ce film n'est pas pour tout le monde. Il faut avoir cette sensibilité musicale et / ou spirituelle. Il n'est pas non plus pour les amateurs de frayeur. La bande-annonce prétend que le film "réinvente la peur" : quelle blague ! Quant à ceux venus écouter un message politique genre anti Ku Klux Klan, ma foi, si on veut, accessoirement... Un des jumeaux dit au début qu'il n'a rien découvert de plus convaincant que le pouvoir (genre Al Capone), mais c'est pour mieux introduire le fantastique, les vampires, etc.

A.G.
Mr cinetok
Mr cinetok

341 abonnés 398 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 avril 2025
5 pour le meilleur film du réaliateur, 5 pour le Blues, du Blues et encore du Blues. Une fable et pas qu'un film d'action. Les protagonistes prennent le temps pour s'installer et mettre en place l'ambiance qui va faire notre bonheur. C'est magniquement réalisé, reprend à merveille l'histoire noir américaine et ses origines musicaux. Un folklore qui résonne à travers les ages et nous emporte dans un récit de fantastique et d'horreur pour le pire mais aussi pour le meilleur. C'est beau, drôle et sensuelle et très riche en émotion divers et variés. Moi je dis OUI, c'était excellent. envie de réécouter direct la BO.
Cool_92

366 abonnés 688 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 avril 2025
Un film surnaturel et viscéral, autant une ode à la communauté afro-américaine qu'un film de vampires. Ryan Coogler assure la mise en scène, c'est plutôt rythmé et efficace même si les effets numériques se voient un peu trop à certains moments. Les acteurs sont bons, Michael B. Jordan notamment avec son double rôle, même si les personnages auraient pu avoir plus d'épaisseur. J'ai largement préféré la première partie du film qui fait très film de gangster et dénonciation de la ségrégation. J'ai beaucoup moins aimé la partie vampire, qui n'apporte rien d'original et est confuse. On pense évidemment beaucoup à Une nuit en enfer, mais il n'arrive pas à l'égaler.
lmc-3

307 abonnés 509 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 29 avril 2025
Affiche de film d'horreur, tag de film d'horreur, synopsys de film d'horreur, bande annonce de film d'horreur;
le film vitrine du moment faisant un carton au box office et remplissant les caisses des salles obscures...

1h40 de situation initiale et de développement de personnage, l'image est belle, beaux cadres, beaux costumes, éclairages, cadrages, (mais des effets numériques abomiables), de la bonne musique, du cadre historique, de la politique, le film cherchant à créer un lien entre spectateur et personnage, et blablabla

Mais:
que c'est lonnnnnnnng, soporifique, le film jongle sur tous les tableaux, en pleine crise identitaire, il ne sait jamais dans quelle catégorie se ranger, quelles sont ses valeurs, ni à qui s'adresser, il mélange tout un tas d'ingrédient pour un résultat insipide et dénué de tout sens, présente deux scènes (probablement deux des plus dures à tourner et des plus chers) tournant à la comédie, ce qui est vendu se tient en 20 minutes d'élement perturbateur, de péripéties, de conclusions et d'épilogue (dont la partie antérieur au générique plutôt cool), les éléments non développés étant les plus important:
le passé des protagonistes ? le personnage principal = soldat ? des règles soumises aux vampires jamais précisées aux spectateurs et changeantes selon ce qui arrange) un évènement arrivant tout de suite après l'élément de résolution qui annule l'interêt de tout ce qui a été fait auparavant spoiler: le Soleil qui se lève et tuant tous les vampires encore debout à la seconde après que le personnage principal ait réussi à venir à bout du vampire principal
, une bande annonce qui décrit le blues comme la source du mal ??? des références au sexe toutes les deux minutes pour plaire aux plus jeunes : en sommes : un calvaire.
Qui sont les indiens et où sont-ils passés ?

A fuir.
Zola Ntondo
Zola Ntondo

75 abonnés 130 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 avril 2025
Avec Sinners, Ryan Coogler ne se contente pas de réaliser un film – il orchestre une expérience sensorielle et métaphysique. Ce thriller surnaturel, à la fois hommage au blues du Delta et fable horrifique, transcende les genres pour explorer l’âme tourmentée de l’artiste, porté par une mise en scène virtuose et une bande-son envoûtante.

Au cœur du récit, la Dobro, cette guitare aux accents métalliques et ancestraux, devient bien plus qu’un instrument : une voix spectralement humaine, un pont entre les vivants et les forces obscures. Le jeune Sammie (interprété par une révélation à surveiller) incarne le paradoxe du génie maudit, dont le talent prodigieux attire autant qu’il détruit. La légende de Robert Johnson plane sur le film, mais Coogler la réinvente en une méditation moderne sur le prix de la création.

Si Une nuit en enfer (1996) de Rodriguez et Tarantino a marqué les esprits par son mélange décomplexé d’action et d’horreur, Sinners opère une transition plus subtile et bien plus troublante. Le film commence comme un drame naturaliste, ancré dans le Mississippi contemporain, avant de glisser imperceptiblement vers le fantastique. L’horreur n’éclate pas – elle s’infiltre, comme une mélodie qui dérive vers une dissonance inquiétante.

Dans un double rôle magistral, Michael B. Jordan livre une performance électrisante. En incarnant deux frères liés par le sang mais divisés par leurs démons, il explore avec une intensité rare les thèmes de la culpabilité, de la jalousie et de la rédemption. Son jeu, à la fois physique et profondément intériorisé, rappelle les grandes performances tragiques du cinéma classique.

La photographie d’Autumn Durald Arkapaw (Wakanda Forever, Loki) est un personnage à part entière. Les plans, tantôt saturés de chaleur étouffante, tantôt baignés d’une lumière lunaire inquiétante, créent une atmosphère où chaque ombre semble vivante. Les séquences musicales, filmées comme des transes, rappellent The Harder They Come (1972) ou Purple Rain (1984), mais avec une tension gothique inédite.

Sinners ne se contente pas de raconter une histoire – il l’impose, comme une mélodie obsédante qu’on ne peut plus oublier. Entre le lyrisme de The Green Knight (2021) et la violence cathartique de Mandingo (1975), Coogler signe une œuvre profondément originale, où chaque plan, chaque note, semble chargée d’un sens mystique.

Un film incontournable pour les amateurs du genre, à la fois cérébral et viscéral, qui confirme Ryan Coogler comme l’un des cinéastes les plus audacieux de sa génération. Préparez-vous à être ensorcelé.
Flower 0478
Flower 0478

105 abonnés 440 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 avril 2025
Waoh j'ai adoré Michael B. Jordan a parfaitement incarné ses rôles en interprètant deux jumeaux qui reviennent dans leur ville natal qui est le Mississipi pour acheter une scierie il est très talentueux et charismatique j'adore cette acteur on a pas fini de parler de lui pendant longtemps c'est une belle surprise les autres acteurs jouent bien également j'ai pu voir l'acteur Jack O'Connell dans l'amant de Lady chatterlly que j'ai beaucoup aimé je trouve qui interprète bien son rôle et il est très charismatique j'ai beaucoup aimé la musique je conseille ce film allez y sans hésiter.
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