Il faut toujours se méfier des blockbusters de genre, souvent l’on peut trouver qu’ils ne respectent pas le genre traité en voulant toucher un très grand public et les aficionados sont donc déçus. Combien de chances de se dire qu’il en sera de même ici ? Mickael B. Jordan en tête d’affiche dans un rôle de jumeaux, Ryan Coogler aux manettes qui nous a sorti depuis une dizaine d’années deux films Marvel et un spin-off de Rocky, autant dire que l’on ne sent pas les habitués du film de vampires (puisque c’est donc le genre abordé) au premier abord.
Alors voilà le tableau : États-Unis, état du Sud pendant la ségrégation, deux jumeaux noirs américains qui revenant dans leur ville natale pour y établir leur empire mafieux n’est pas un scénario qui nous amène aux vampires. Et pourtant, on recollera à l’épouvante par l’intermédiaire de la musique et particulièrement du blues. Si vous êtes amateur de cette excellente musique, voir Miles Caton dans son personnage de Sammi Moore vous rappellera immédiatement une légende musicale : Buddy Guy. Chapeau sur la tête, costume sur les épaules et guitare en main, Sammi nous régale d’un peu de blues dans cette œuvre vampirique et ça sera à mon avis le seul point positif que j’ai noté et retenu.
Car oui, j’ai trouvé ce film assez mauvais (le risque des blockbusters horrifiques). Appeler les vampires par l’intermédiaire de la musique, pourquoi pas, la musique et le diable (en général) ont souvent siégés aux mêmes tables. Mais là, il y a un mélange trop lourd de différents genres : horrifique, mafieux, musical et historique. Tout est servi en surdose et c’en est écoeurant.
L’aspect horrifique est tout ou mieux respecté et n'apporte rien de nouveau dans les films de vampires (quoique des vampires chanteurs, même pas … sans le chant je l’accorde mais Jim Jarmusch a déjà fait l’exercice avec Only Lovers Left Alive). Le film de mafieux, là aussi du classique, des jumeaux (om Hardy, Legend) reviennent établir leur quartier chez eux et rencontrent des difficultés, rien de fou. Passons donc à la musique, elle est parsemée tout le long et est un bon prétexte pour glisser du blues à l’oreille des dernières générations, c’est un bon point. Enfin, aspect historique, nos jumeaux achètent leur propriété à un vendeur blanc dont on sait qu’il fait parti du KKK (ou équivalent) et en plus, l’action se passe pendant la ségrégation (ou juste après), je ne pense pas qu’une vente soit aussi “facile” à faire pour eux.
Tout le film traite des trois sous thèmes en laissant pour la fin le quatrième qui apporte l’apothéose du blockbuster et de la vengeance sous couvert de lutte raciale. Là, c’en était trop pour moi, ce genre de film n’avait pas besoin de vérifier les gros bras de Jordan mais si, ça doit être un argument marketing.
Voilà, je n’attendais pas grand chose de ce film en allant le voir sauf d’une bonne surprise et à part la musique, il n’y en a pas eu. Dommage.