Ça se laisse… regarder
Comme beaucoup de gens, j’ai découvert Emmanuel Poulain-Arnaud en 2021 avec le très sympathique Le test. Il revient sur le devant de la scène avec ces 90 minutes de comédie dramatique qui bénéficient d’un casting de luxe. Même si tout le monde, ou presque, connaît le pitch du film, vue la campagne de promotion qui a précédé la sortie, je vous le retranscris in-extenso : Chris et Antoine ont bien du mal à s’entendre depuis leur divorce. Mais, lorsqu’on leur annonce que leur fils de 16 ans est atteint d’une maladie rare, qui va lui faire perdre la vue, ils s’efforcent de mettre leurs rancœurs de côté. Les ex-conjoints embarquent leur fils pour des vacances inoubliables, bien décidés à lui offrir ses plus beaux souvenirs. Quand il faut donner mon avis devant ce genre de film, je me retrouve à peu près aussi embarrassé qu’une poule devant un couteau… je ne sais pas quoi en faire. Tirer sur l’ambulance serait trop facile – voire injuste -, aligner les compliments me paraîtrait pour le moins très exagéré… Bref, ce n’est certes pas un grand film, mais, c’est familial, gentillet, sans beaucoup d’aspérités et surtout le casting s’en sort avec les honneurs. C’est déjà ça !
Un très bon point, car, même si l’histoire de ce jeune garçon perdant la vue faisait écho à sa propre histoire, le réalisateur a su éviter tout pathos et tirer son scénario vers la comédie dramatique de bon aloi, en montrant que dans les situations les plus tragiques naissent aussi des moments de comédie et de légèreté. Les images de la côte landaise sont magnifiques, collant parfaitement avec la pratique du surf, qui a une place centrale dans le film. Du fell good movie de bonne qualité sans tutoyer les sommets. Ce film devrait faire un tabac… le dimanche soir à la télé. Pour le reste, c’est regardable et aussitôt oubliable.
Le duo Audrey Fleurot / Dany Boon fonctionne parfaitement. Et le jeune Ewan Bourdelles est impeccable de justesse. Bien sûr, les personnages secondaires campés entre autre par Nicolas Marié, Thomas VDB et Amalia Blasco sont un tantinet sacrifiés. Que pouvait-on attendre de plus d’une coproduction TF1, M6, SND ? C’est propret, sans risque et lisse comme il se doit. On est loin du chef d’œuvre mais tout aussi loin du naveton qu’on pouvait craindre. La moyenne pour le casting.