1h30 dans la peau de soldats au coeur du terrain. Pourquoi cette guerre ? Pourquoi cette mission d'exfiltration en particulier ? Sur le papier, elle semble anecdotique, ni intiatrice ni décisive
avec 2 morts et 2 blessés graves côté coalition
. Ayant déjà travaillé avec Ray Mendoza sur son "Civil War", peut-être que les récits de ce-dernier l'ont convaincu sur le concept de ce film. Ne pas parler de faits d'armes extraordinaires, ne pas vendre la guerre. Simplement montrer la vérité, froidement et de manière ultra réaliste, ce à quoi n'importe quel soldat doit s'attendre lorsqu'il est engagé dans un conflit. Alors oui, on se retrouve devant quelque chose de distant, avec un enjeu global très limité. Et je n'ai jamais été dans l'armée, mais ça me semble assez logique que sur le terrain, notamment dans les guerres les plus modernes, tout soit protocolaire et qu'il n'y ait que très peu de place pour l'empathie.
C'est ce qui est ressenti devant ce film où rien ne dépasse, très peu de dialogue superflu avec beaucoup de jargon, des relations hiérarchiques et des actions minutieusement orchestrées. Les soldats sont avant tout des gens entraînés à communiquer les données importantes, se tenir sans cesse au courant et prouver à l'interlocuteur que le message est compris. Là-dessus, le métrage ne faiblit jamais : Ray Mendoza était officier de communication, on imagine qu'il n'a rien laissé passer. Les transmissions d'informations (sous toutes ses formes) sont omniprésentes et forment 90% des dialogues du film. C'est d'ailleurs les protocoles établis à ce niveau qui permettent à la mission de ne pas se terminer en une hécatombe. Même en situation de crise, quand la tension est maximale, quand ils sont blessés, épuisés, les soldats gardent un maximum la tête froide et tout ce qui a été appris au camp est répété sur place. Enfin tout dépend le degré de blessure...
Il faut avoir le coeur bien accroché pour supporter la deuxième moitié du film. Mais c'est dans la continuité de cette volonté de réalisme que l'on montre ce que ça veut dire d'être grièvement blessé. Oui, le sound design est très immersif. C'est jubilatoire sur les coups de feu, les explosions, les passages des avions de chasse parce qu'on a l'habitude de ça au cinéma. Le détail porté au son est extrêmement abouti : le bruit des douilles, des impacts, la puissance d'une onde de choc, l'assourdissement... l'expérience au casque ou avec un bon système son est nécessaire. Cependant, il faudra faire avec des bruits beaucoup moins agréables, mais souvent minimisés dans le cinéma d'action. Quand on a mal, on a mal tout du long, quand bien même la douleur est insupportable. C'est toujours bien de se le rappeler.
Un pari réussi donc, puisque le film semble communiquer exactement les messages qu'il voulait. La guerre moderne, c'est avant tout de la tension, du bruit, du protocole, très déshumanisé. Côté casting, c'est excellemment incarné. Ray Mendoza s'est attribué un beau rôle (c'est à lui qu'on s'attache le plus en tout cas) et je n'ai pas suivi de près la carrière de Will Poulter, mais si vous n'avez en tête que "Les Miller" ou son rôle d'Adam Warlock dans "Les Gardiens de la Galaxie 3" (comme moi), attendez vous à être surpris !