Together joue habilement avec l’idée de fusionner le drame romantique et le body horror. Dès le départ, le film pose une question troublante : jusqu’où peut-on se perdre dans une relation, au point de ne plus savoir où l’on finit et où commence l’autre ? Tim (Dave Franco) et Millie (Alison Brie) s’installent à la campagne pour relancer leur couple, mais une eau mystérieuse dans une grotte isolée déclenche une transformation corporelle terrifiante : leurs corps se collent, s’attirent, se confondent littéralement.
Ce concept audacieux fonctionne comme métaphore de la dépendance affective. Le film explore l’obsession, la peur de perdre l’autre et la difficulté à exister individuellement. Chaque étape de la fusion est autant visuelle que symbolique : la proximité forcée devient malaise, puis horreur. Le spectateur est invité à ressentir cette perte d’autonomie, ce mélange de désir et de répulsion, cette intimité imposée qui devient prison.
Dave Franco et Alison Brie portent le film par leur chimie naturelle. Ils réussissent à rendre crédible une relation qui, hors du contexte horrifique, semblerait invraisemblable. Leurs regards, leur complicité, la frustration et la peur qui se lisent sur leurs visages, permettent au spectateur de s’immerger malgré les limites du scénario.
Pourtant, là où le film aurait pu transcender son idée originale, il s’essouffle. Le rythme est inégal : certaines scènes longuettes diluent la tension, et les séquences horrifiques attendues sont trop rares pour provoquer un vrai malaise. La mise en scène oscille entre drame intimiste et horreur corporelle, mais jamais le film ne parvient à totalement fusionner les deux, comme si la peur et la métaphore restaient à distance l’une de l’autre.
Malgré ces défauts, le film délivre un message fort : certaines relations, même aimantes, peuvent asphyxier. Le désir de fusion, d’union parfaite, peut se transformer en dépendance toxique où l’individualité se perd. Together illustre cette vérité de manière littérale, crue et dérangeante, mais c’est aussi sa limite : le symbolisme, trop explicite, réduit parfois l’impact émotionnel.
En conclusion, Together est un film intriguant mais frustrant. Il nous rappelle que la proximité absolue n’est pas toujours synonyme d’amour ; elle peut devenir confinement. Le film aurait pu être un chef-d’œuvre d’horreur psychologique, mais il reste un avertissement dérangeant : même collés l’un à l’autre, certaines relations ne méritent pas que l’on reste.