Film très intéressant, dans l'ère du temps, avec l'avancée irréversible de l’IA. Le film renvoie dans sa structure à . de Steven Spielberg (génie, toujours en avance de son temps) ainsi que Downsizing plus récemment : l’aspect de fin du monde est un prétexte pour servir le vrai propos du film qu’est la force de l’humanité. Explication :
la 1ère histoire narrée est notre réalité, dans laquelle un organisme international est parvenu à recréer artificiellement la complexité biologique du corps humain, mais n’a pas réussi à le coupler avec une AI capable d’émotions à notre image. C’est la prouesse réalisée par 2 scientifiques coréennes, qui grâce à la technologie de l’organisme, vont réussir à créer 2 enfants, une fille et un fils (ce dernier étant élevé par le protagoniste An-na), qui ont atteint un niveau d’émotion infantile semblable à l’Homme. Puis vient la fin de notre espèce (la montée des mers). L’organisme se révèle être le dernier bastion de l’humanité ; conscient de la fatalité, ils ont œuvré pour créer des laboratoires automatisés en orbite, qui pourront recréer une vie à notre image, une fois le pôle de nouveau gelé. La première scientifique ayant fui avec sa fille (incapable de s’en séparer après l’avoir élevé), l’organisme recherche donc An-na et son fils, qui sont la dernière chance pour laisser un legs humain. Toujours dans la réalité, An-na, son fils, et leur protecteur parviennent en haut de l’immeuble, où An-na semble se résigner à abandonner son fils. En route pour le laboratoire, les derniers humains indiquent faire face à un obstacle : si l’IA infantile est un succès, il reste à concevoir l’IA d’un adulte, précisément d’une mère, qui avec un enfant (des données récupérées du fils) pourraient former la première pierre de l’humanité. La scientifique pense atteindre cet objectif, il faut créer une simulation, dans laquelle une mère, contre vents et marées, devra retrouver son fils. C’est à ce moment que le film semble redémarrer. Nous réalisons peu à peu que nous assistons désormais à des itérations de la simulation, générative. On notera que la 1ère simulation qui nous est offerte est la 491 (inscrit sur le t-shirt) ; la première fois où l’IA An-na se comporte peut-être en mère (dans les 1ères simulations, An-na devait probablement abandonner le fils dès le début et fuir en haut sans s’arrêter). Nous assistons donc à la montée progressive de toutes les versions améliorées d’An-na, où elle gagne à chaque fois un peu plus en humanité. Au départ ignorante qu’elle un IA, An-na comprend petit à petit ce qu’elle est, notamment en voyant des milliers de copies du dessin de son fils, représentant le moment où elle l’abandonne sur le toit. Il est intéressant de noter comment la simulation impacte l’environnement ; dans la réalité (début du film), dans le premier escalier, il y avait une femme qui priait. Dans le monde artificiel, basé sur les données de mémoire d’An-na, c’est tout un groupe de personnes qui prie. En effet, au travers d’un flashback, nous comprenons qu’An-na est morte dans la navette, et qu’elle a proposé d’être le sujet de la simulation avec ses données. Après de nombreuses itérations, et de rencontres testant son humanité, An-na parvient en haut de l’immeuble pour retrouver son fils. On découvre alors qu’An-na n’a jamais abandonné son fils ; consciente de ce qui allait arriver, elle lui a murmuré de se cacher dans un placard, pour qu’elle l’y retrouve. C’est pour cette raison que l’enfant fuit (à chaque fois).
Il faut comprendre que la dernière simulation n’est pas la bonne solution, mais celle qui achève le tout : chaque simulation, de la 1ère à la 21 499ème, est un aspect valide de l’homme ; du plus bas (froid, antipathique, égoïste) au plus haut (vertueux, altruiste). Dans la réalité (début du film), un échange entre An-na et son protecteur raisonne ici : face à un hélicoptère venu récupérer des survivants, comment réagirait l’homme vis-à-vis des autres ? Il y aura eu en fait 21 500 réponses (en comptant la réalité). La dernière, est la plus complète, la plus difficilement réalisable (hautement improbable), et bien sûr la plus noble ; elle parachève la palette de comportements humains. En imposant ce test dans des conditions extrêmes, avec pour objectif définit de retrouver son fils, la scientifique savait que l’IA aurait été contrainte de faire face à des nombreux scénarios, développant au fur et à mesure ses émotions. Dans la second partie du film, il ne s’agissait donc plus de savoir si la femme et l’enfant survivraient à la montée des eaux (nous ne sommes plus dans la réalité donc qu’importe), mais de savoir si le test proposé trouverait un jour une solution, pour que l’humanité puisse revivre. Au bout de 59 années, l’humanité renaît.
Pour le parallèle avec . et Downsizing ; les 3 films nous place dans une situation dans laquelle le protagoniste est confronté à un dilemme. Dans . (où un robot enfant cherche sa mère), une fois l’humanité éteinte, l’enfant doit choisir entre attendre, peut-être des siècles ou des millénaires que les . maîtrisent la technologie pour refaire revivre sa mère, ou bien vivre une seule journée maintenant avec elle. Vivre seul, ou mourir avec ceux qu’on aime ? Les 3 films donnent l’amour gagnant.