A Big Bold Beautiful Journey
Note moyenne
2,7
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79 critiques spectateurs

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Shawn777

805 abonnés 3 934 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 octobre 2025
La comédie romantique, souvent cantonnée aux plateformes de VOD ces dernières années tente de reconquérir les salles de cinéma mais pour cela, il faut sortir des sentiers battus et pour un genre aussi codifié, autant dire que c'est presque mission impossible. Pourtant, Kogonada nous présente ici un film qui revisite complètement le genre en nous emmenant de plus dans un monde fantastique, en tout cas plus proche du rêve et du fantasme que de la réalité. On devrait donc être devant un chef-d’œuvre ? Eh bien malheureusement non ! Bon déjà, le concept n'a visiblement pas attiré les foules puisque le film s'est complètement planté en salles, autant aux États-Unis qu'en France où il est d'ailleurs passé complètement inaperçu, et puis le film est long, tout simplement ! Pour remettre un peu de contexte, nous suivons ici deux protagonistes qui louent une voiture dans la même compagnie de location. Une compagnie un peu particulière qui leur fournisse la même voiture mais surtout le même GPS qui les guidera l'un vers l'autre. Oui, je sais, c'est très niais mais heureusement, le film ne l'est jamais vraiment. Et puis, il s'enfoncera ensuite encore plus dans le fantastique avec cette histoire de moments de vie matérialisés par des portes, que revisitent les personnages. Pour le coup, je trouve que c'est une très bonne idée, cela permet aux deux personnages d'apprendre à se connaitre sans tomber sur les rails de la rom com classique. Cela permet également au film de faire des va-et-viens entre passé et présent et puis ces moments de vie sont évidemment cathartiques pour les personnages ; ce sont souvent des évènements qui pèsent encore sur eux et dont ils doivent se débarrasser pour aller de l'avant. De plus, le film désamorce tous les codes de la rom com de manière très intelligente, en balançant par exemple une réplique bien clichée pour mieux la démonter avec la réplique suivante. Puis la mise en scène est dingue, de même que la photographie d'ailleurs, cette histoire de portes permet au réalisateur de s'éclater et de naviguer entre les différents espaces scéniques (comme la scène dans laquelle les personnages passent de l'hôpital au tableau du musée qu'ils ont visités juste avant, le tout dans une transition ultra-fluide) ; bref, le film est vraiment agréable à regarder. Surtout qu'on a aussi tout un travail autour des couleurs et notamment le bleu et le rouge que portent les personnages, couleurs qui s'intervertiront sur la fin, chacun ayant appris de l'autre et si on en suit la symbolique des couleurs, David a sûrement retrouvé de l'ardeur et de la passion, prêt à sortir de sa zone de confort, tandis que Sarah a appris à aller de l'avant et est donc plus posée, plus ouverte à une relation stable. Bref, que de bonnes idées quoi ! Oui mais le rythme. Ah, le rythme est lent ! Le film est malheureusement plombé par des scènes dialoguées ultra lourdes qui surexpliquent tout en permanence et même si la mise en scène suit derrière (l'espèce de double règlement de compte au café par exemple), ça ne rend pas la scène beaucoup plus passionnante. Le film a un vrai problème à ce niveau-là et ne laisse paradoxalement pas le visuel assez parler, ce qui est vraiment dommage ! Ainsi, "A Big Bold Beautiful Journey" est une véritable réussite visuellement parlant mais ennuiera malheureusement plus d'un spectateur.
Théo F
Théo F

64 abonnés 278 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 14 octobre 2025
De bons comédiens, une romance douce, de la poésie et un peu de fantaisie sont les ingrédients d'un film qui promettait un moment de cinéma plein d'émotions et d'évasion. les ambitions tombent vite à plat et seuls la loufoquerie lourdingue, le rythme très lent et le manque de dynamisme du film finissrpar prendre le dessus au point d'ennuyer terriblement le spectateur au point de rendre la séance interminable. Dommage, vraiment.
ninaprovence
ninaprovence

6 abonnés 56 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 octobre 2025
Déçue car la bande annonce me paraissait alléchante et attractive...
le thème est bien choisi et créatif, mais finalement on se retrouve par moment dans un scénario style Harlequin....
quelques longueurs je trouve, pas assez de rebondissements et de surprises, des acteurs qui s'appliquent mais on a du mal à entrer dans leur histoire.
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 décembre 2025
Et si l’on pouvait rouvrir certaines portes du passé pour mieux comprendre le présent ? A Big Bold Beautiful Journey imagine une romance douce et singulière, où deux inconnus se rencontrent presque par hasard et découvrent que les souvenirs peuvent parfois éclairer un avenir différent. Sarah, interprétée par Margot Robbie, et David, incarné par Colin Farrell, se croisent lors d’un mariage et se retrouvent entraînés dans une expérience étrange, à la frontière du réel et de l’intime. À travers des fragments de vie revisités, le film explore ce que chacun porte en soi, entre regrets, élans retenus et désirs inavoués.

Parfois, on a simplement besoin d’une comédie romantique qui ne cherche pas à impressionner mais à accompagner. À la manière de PS I Love You, le film assume pleinement sa sensibilité et son romantisme, sans cynisme. Il avance à pas feutrés, dans une atmosphère presque suspendue, où l’on déambule parmi les souvenirs comme dans une maison familière. On pense aussi à L’Effet papillon ou à La Cabane pour cette manière d’aborder le passé comme un espace intérieur à revisiter, non pour le corriger, mais pour mieux se comprendre et apprendre à se pardonner.

La force du récit repose sur une idée simple : revenir sur certains instants pour saisir ce qui a été manqué ou mal compris. Les actes manqués deviennent des points de bascule émotionnels, jamais appuyés, toujours humains. Le film ne juge pas ses personnages, il les observe avec douceur, laissant émerger leurs fragilités et leurs hésitations. La romance se construit ainsi dans l’écoute et la pudeur, loin des effets spectaculaires, privilégiant une émotion discrète, presque thérapeutique.

L’atmosphère, souvent pluvieuse au sens symbolique, baigne le récit d’une mélancolie légère, tempérée par des touches d’humour fines et inattendues. « Parfois on doit interpréter un rôle pour découvrir la vérité » résume bien son propos : on se construit aussi à travers les masques que l’on porte. Comme le disait Eric Draven dans The Crow, « l’éclaircie vient après la pluie ». A Big Bold Beautiful Journey rappelle ainsi que les détours, les silences et les blessures participent pleinement du chemin, et que la lumière naît souvent d’une acceptation patiente de soi et de ses choix.
DaeHanMinGuk
DaeHanMinGuk

231 abonnés 2 457 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 novembre 2025
Ce film est un ovni, un exercice de style bluffant et une belle balade à travers l’imaginaire, la vie réelle, le présent et le passé. Le tout agrémenté d’un humour original qui ajoute un charme certain à l’ensemble. Malheureusement, il est un peu trop long – j’entends par là, des baisses de rythme et des longueurs - pour tenir le spectateur captivé de bout en bout. C’est bien dommage car l’idée à la base du film méritait un bien meilleur traitement.
MadMax
MadMax

46 abonnés 34 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 octobre 2025
Une réflexion sur la vie de couple et la vie de célibataire. Un film à l’apparence d’un conte, avec un scénario minimaliste mais relevé par un duo d’acteurs exceptionnels.
remyll
remyll

256 abonnés 578 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 octobre 2025
Une agence de location de voitures aussi imaginative, drôle et…génératrice de bonheurs indescriptibles : beaucoup en rêveraient, à commencer par les âmes esseulées en mal de trouver un GPS fiable d’orientation sentimentale !
Le film m’a beaucoup fait penser aux fameux sublimes passages de « portes fantastiques  » du grand maître japonais de l’animation Hayao Miyazaki. Par la belle interprétation des lumineux protagonistes : on passe définitivement un bien bon moment de cinéma romantique.
Pierre842
Pierre842

41 abonnés 481 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 octobre 2025
Ce film était bien mais sans plus.
Je m'attendais à mieux pour l'histoire du film. Le sens de cette histoire n'est pas très net.

Pour Margot Robbie et Colin Farrell, c'étaient les points positifs du film.

La , me disait bien quelque chose. C'est le même compositeur des films Hayao Miyazaki.
Zola Ntondo
Zola Ntondo

76 abonnés 131 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 octobre 2025
Sous les dehors frivoles d’une comédie romantique, A Big Bold Beautiful Journey dissimule une expérience bien plus secrète. Le film n’avance qu’en apparence sur le sable léger du sentiment ; à mesure que la marée du temps s’y retire, on découvre, sous la façade polie des gestes et des sourires, la matière mouvante d’une gravitation intime. Tout y semble ordonné selon une loi invisible : les êtres s’attirent, se repoussent, se cherchent comme deux particules conscientes, soumises à une force dont elles ignorent la formule.

David et Sarah ne voyagent pas, ils oscillent. Leur voiture glisse sur les routes comme un instrument de mesure à travers un champ magnétique de souvenirs. Leurs paroles, leurs silences, leurs hésitations tracent les lignes d’un champ d’énergie où le passé, loin d’être aboli, se redépose sous une forme nouvelle. Il ne s’agit plus ici de raconter un amour, mais d’observer comment un souvenir devient force, comment le temps se courbe autour d’une émotion.

Un moment suspendu, presque imperceptible, condense toute la loi cachée du film : David murmure, comme une vérité physique déguisée en aveu, spoiler: « Je préfère avoir peur avec toi, que ne rien ressentir tout seul. »
Cette phrase, anodine en apparence, agit comme la constante de gravité du récit. Elle traduit l’idée qu’entre la stabilité du vide et l’instabilité du lien, la vie choisit toujours le déséquilibre. Aimer, c’est accepter la turbulence comme seule forme d’ordre possible.

Chaque scène devient alors une expérience de laboratoire : une tentative pour vérifier si deux consciences, placées dans un même espace, peuvent véritablement coïncider. Rien ne se produit avec fracas. Tout se déplace par infimes variations, comme une lumière qui changerait d’angle. Les visages, filmés avec la lenteur d’une équation qui cherche sa solution, paraissent témoigner d’un phénomène dont ils ne sont que les témoins passifs. L’amour, ici, n’est pas un sentiment, mais un rayonnement : il traverse les êtres, les altère, les laisse vibrants d’une intensité qu’ils ne peuvent nommer.

Kogonada enregistre ces vibrations avec la patience d’un expérimentateur. Il ne prétend pas résoudre le mystère, mais en capter la fréquence. Chaque image semble prolonger la précédente, comme si le film entier n’était qu’une seule onde, se propageant à travers les dimensions du souvenir. La couleur du ciel, la lenteur d’un geste, la musique à peine audible de Joe Hisaishi : tout participe d’un mouvement continu, d’une courbe douce où les émotions deviennent des phénomènes lumineux.

Au bout du voyage, tout semble sur le point de s’éclaircir — ou de s’éteindre. Une porte s’entrevoit, peut-être la dernière, peut-être une autre. Le pas hésite, la lumière vacille, quelque chose s’annonce sans encore advenir. Le monde paraît retenir son souffle, comme si l’espace lui-même attendait une réponse. Rien ne le dit. Seul le spectateur connaîtra cette impression trouble que quelque chose va se produire, ou vient à peine de se produire, dans le silence suspendu entre deux battements de cœurs blessés.

Ainsi, A Big Bold Beautiful Journey ne décrit pas une histoire d’amour : il décrit la physique du lien, la lente dérive de deux êtres à travers les champs de la mémoire et du temps. Et l’on sort du film avec cette impression rare — celle d’avoir observé, non une fiction, mais une loi naturelle : que l’amour, lorsqu’il atteint sa forme la plus pure, ne cherche plus à posséder, mais à persister dans la vibration de ce qu’il effleure.
Justin  Navi
Justin Navi

5 abonnés 299 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 octobre 2025
Un homme et une femme, solitaire invétérés, sont entrainés par une agence de location à se rencontrer et à revivre des moments clefs de leur histoire individuelle en franchissant des portes temporelles. Le film pourra intéresser tout à chacun qui s'interroge sur les difficultés à créer des liens durables, ce qui caractérise bien notre époque. L'idée du scénario n'est pas trop mal, mais le film est terriblement lent, et d'une manière répétitif. La fin est guère originale.
alexis01
alexis01

11 abonnés 60 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 7 octobre 2025
Le concept est hyper intéressant et très prometteur. Pourtant il n’y a pas grand chose qui fonctionne dans ce film. Tout sonne creux, il n’y a rien d’authentique. Les personnages ne sont que des pantins au service d’une soi-disant bonne idée. C’est très décevant. Dommage.
swiftie1984
swiftie1984

7 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 octobre 2025
Grosse Guimauve rose, lourde, très lourde. Indigestion sur les codes narratifs réchauffés. Margot Robbie pas trop mal.
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 octobre 2025
 Me retrouver sur @cinémasansfard (Youtube) !

Ce film est une porte qu’on entre, un tremblement — et tout vacille. A Big Bold Beautiful Journey n’est pas un simple voyage mais une cristallisation du temps, comme si on ouvrait un album d’âme et qu’on y marchait dedans. Sarah, David : deux corps isolés, deux « je » en construction, se croisent, se glissent dans des portes temporelles grondantes. Kogonada ne filme pas une romance ; il cueille une blessure, un éclat.

La mise en scène est une ligne de fil tremblante. Chaque passage entre passé et présent pèse. Le GPS devient métaphore, orfèvre d’un destin joué dans le murmure des souvenirs. Pourtant, dans cette architecture audacieuse, les personnages glissent parfois dans l’abstraction : on les sent, on les devine, mais ils restent des figures d’émotion plus que des êtres palpables. Farrell, Robbie : beauté lumineuse, mais l’émotion vacille à travers les mailles du script.

La fantaisie ici est moins décor qu’outil. Les paysages, les portes, les déplacements – tout est flottant. Les flashbacks sont des échos : adolescence contrariée, pertes, blessures. Le film s’attarde dans ces instants suspendus, la texture du regret. Le décor se tait — et dans ce silence, l’âme se débat.

Mais l’imaginaire se heurte à ses propres vides : dialogues explicites, personnages esquissés, gravité manquante. Le film oscille entre hypersincère et surplomb sentimental. L’audace fascine, la distance agace. La séquence coupée — cette danse contemporaine que les acteurs disaient “intégrale” — trahit le désir de plus fort encore, mais révèle aussi les limites du montage.

La musique de Joe Hisaishi apporte une douceur lunaire, un souffle lyrique que la narration peine à soutenir. Chaque note installant une fragilité. Visuellement, Kogonada reprend le style d’After Yang : espaces vides, lignes pures, halos de souvenir. Mais parfois le minimalisme devient vacuité.

Pourtant, le film frappe. On ressort avec l’écho : Sarah face au deuil, David adolescent humilié, le dîner familial silencieux. Leur voyage ne change pas les faits mais fissure le rapport au temps. Il ouvre une faille dans le “ce qui aurait pu être”. On accepte les incohérences parce que l’émotion, dès lors, est projetée.

Journey est promesse — grande, audacieuse — mais tendue jusqu’à la cassure. La porte devient allégorie : traverser ses souvenirs pour renaître ou disparaître. Kogonada signe une ode à la fragilité, et même quand le récit s’égare, il reste cette idée que d’aimer, c’est traverser ses propres ombres. Ce film n’est pas une certitude : c’est une incantation.

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FaRem

10 571 abonnés 11 456 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 octobre 2025
« Voulez-vous vivre une grande et fabuleuse aventure ? » David, qui est du genre à vivre avec des regrets, et Sarah, qui est plutôt du genre à les anticiper, acceptent d'entreprendre un voyage vers l'inconnu. En apparence du moins, car ils vont revivre certains moments importants de leur vie. « La vie est plus belle quand on est ouvert. » David suit clairement le conseil de son père et se laisse guider par un mystérieux GPS à travers les époques. "A Big Bold Beautiful Journey" n'est donc pas un film romantique traditionnel même si l'alchimie entre Margot Robbie et Colin Farell est évidente. Une alchimie quand même plus proche de la complicité que de l'attirance. La magie opère tout de même immédiatement entre eux, mais lorsqu'un autre type de magie prend le dessus, l'histoire perd un peu de son charme et de sa spontanéité. J'ai bien aimé cette ambiance nostalgique et ce côté à l'ancienne comme si on regardait un vieux film, mais cette introspection, double qui est plus est, est trop lourde et envahissante. Finalement un peu partagé sur ce film qui a un charme évident, mais qui m'a laissé sur ma faim.
Audrey L

806 abonnés 2 857 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 octobre 2025
Toc Toc, qui est là ?... Oui, bonjour, c'est un film qui aurait pu être vraiment sympa, mais réalisé par quelqu'un d'autre. "Pas de démarchage, merci bien. Bonne soirée." Eh voilà, Kogonada se retrouve flanqué à la porte, avec ses flyers de pub Burger King (il est bon, mon Whopper, il est bon... Si Colin Farrell le dit, c'est que ça doit être vrai), tout penaud avec ses belles idées poétiques (deux inconnus qui acceptent de revivre leurs souvenirs ensemble, au travers de portes qui s'ouvrent sur leur passé... C'est un concept juste magnifique, dommage qu'il soit tombé dans les mains d'un mauvais scénariste), incapable de créer des personnages et un univers crédibles. Après un After Yang qui avait exactement les mêmes défauts et qualités (à savoir : un super concept, mais un univers bordélique et mal amené), Kogonada remet le couvert, avec son binôme de tête d'affiche (Colin Farrell et Margot Robbie) qui se débat constamment avec deux personnages très mal écrits : ils ne réagissent jamais à la fantaisie de leur propre univers. Une agence de location de voitures avec deux agents louches (Kevin Kline, fatigué, et Phoebe Waller-Bridge, réduite au cliché "rôle vulgos") et un GPS qui vous parle directement ? D'accord. Une porte au milieu des bois qui vous transporte dans votre maison ? Nos deux personnages ne sont même pas étonnés, ne cherchent pas à savoir d'où sort cette étrangeté. Idem, ils renversent un chevreuil en voiture ? Pas de "Est-ce que tu vas bien ?" à son copilote, pas de bilan visuel (même rapide) sur la voiture ou l'animal, non, nos deux héros se lèvent, et se barrent au motel. Tout va de soi, rien ne surprend, dans cet univers, ce qui est assez décevant d'un point de vue spectatoriel (on attend un peu d'émotion, n'importe laquelle...), surtout avec un pareil synopsis onirique. A l'inverse de ce scénario bordélique qui ne s'émerveille de rien (ce vieil aigri), on trouve Colin Farrell (qui profite de ce qu'un scénar lui dise qu'il peut y aller avec son accent irlandais) et Margot Robbie (qui apprécie aussi que son rôle ne lui demande pas d'être hystéro) en pleine forme, une BO "coffee shop, ultra détente" qui empêche de s'ennuyer (cela ressemble à un téléfilm, mais on aime bien cette BO très "relax") et surtout des vrais moments d'émotions qui marchent. Comme dans After Yang, si Kogonada ne sait pas écrire ses personnages, il sait écrire une scène d'adieux (à un androïde dans After Yang, ici entre père-fils et mère-fille respectifs, de très belles scènes d'introspection, de "réparations d'un passé douloureux", où nos yeux s'embrument). Dommage que tout le film ne soit pas à la hauteur de ces séquences poétiques, car le concept de base était excellent, et méritait nettement mieux que cette exploitation hasardeuse et peu fignolée qui aboutit à ce film "pas catastrophique" (on n'a pas franchement envie de taper dessus, ne serait-ce que par son ambiance "feel-good" et ses quelques moments d'émotions parent-enfant réussis), mais qui passe à côté de ses bonnes idées. Allez, jetez-y quand même un œil, même si c'est par le judas.
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