Je suis sorti de Materialists un peu mitigé. Le film de Celine Song a des qualités très visibles (casting, images, idées de départ), mais quelque chose ne fonctionne pas totalement, et ça reste trop souvent une comédie romantique de plus, parmi tant d’autres.
Ce que j’ai aimé : l’ambition. Le cadre de New York, le monde du dating haut de gamme, les exigences superficielles, les checklists de critères chez les clients — tout cela est exploité avec soin. Le contraste entre Harry (Pedro Pascal), l’homme riche aux apparences parfaites, et John (Chris Evans), l’ex petit-ami acteur en galère, crée des moments qui intriguent. Dakota Johnson incarne bien Lucy, la matchmakeuse partagée entre ce qu’elle veut et ce que la société attend d’elle. Visuellement, le film est élégant, les costumes, les décors, la bande sonore, tout ça donne envie. On sent le souci du détail, parfois même de poésie, dans les lumières, les plans, les silences.
Mais voilà où le bât blesse : le film est prévisible, trop sage. Le triangle amoureux ne surprend jamais vraiment, on devine la fin assez tôt. Beaucoup de scènes sont des redondances : on passe du match making, à la soirée, au doute, au retour vers John… et ça recommence. L’humour n’est pas assez fort, les dialogues parfois lisses, sans creux émotionnel qui saisit. On reste à la surface, surtout dans le cœur du personnage Lucy : on comprend ses conflits, mais on ne les ressent pas suffisamment. Le film voudrait être une satire moderne du romantisme, de l’amour marchand, mais il ne pousse pas assez loin ses idées. Par moments, ça sèche sous le vernis glamour.