Materialists
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410 abonnés 589 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 juin 2025
Materialists : Céline Song dissèque l’amour avec un scalpel... doré
Et si aimer, c’était juste un bon placement ? Avec Materialists, Céline Song (déjà remarquée avec Past Lives) change de ton, mais pas de cible : le romantisme contemporain. Adieu les âmes sœurs, bonjour les actifs immatériels. Ici, les sentiments sont cotés en Bourse, et l’amour, aussi instable que le Nasdaq. À l’écran : Dakota Johnson, Chris Evans et Pedro Pascal, trois visages parfaits pour un monde où tout le monde a trop, mais personne n’a ce qu’il veut.

Elle l’aime… pour sa stabilité financière
Lucy, décoratrice d’intérieur trendy, ne sait plus trop si elle aime, ou si elle aime être aimée. En couple avec David (Chris Evans, très Ken 401K), elle cohabite avec le confort, le calme, la logique. Mais dès que le passé refait surface, sous les traits de l’ex incorrigible (Pedro Pascal, toujours aussi irrésistiblement toxique), les certitudes volent en éclats. L’amour, chez Céline Song, n’a rien d’éthéré : il est social, économique, profondément humiliant, parfois.

Et ce qui semblait être une simple triangle amoureux devient un crash test émotionnel entre fantasme, confort, érotisme et classe sociale. Materialists, c’est Sex & the City en dépression, Pretty Woman qui aurait lu Bourdieu.

Belle, riche, perdue : Dakota Johnson en miroir des illusions modernes
On pourrait croire que Lucy a tout. Erreur. C’est précisément parce qu’elle a tout (beauté, statut, clients prestigieux) qu’elle est perdue. Céline Song ne le dit pas frontalement, mais les codes parlent : Lucy coche toutes les cases du « pretty privilege », mais se heurte à la vacuité de relations biaisées. Trop belle pour qu’on lui dise la vérité. Trop brillante pour qu’on l’écoute vraiment.

Et c’est là que Materialists percute quelque chose de rare : cette double peine contemporaine où plus une femme réussit, plus elle devient inaccessible, jugée ou redoutée. Un paradoxe cruel, mais bien réel, confirmé par toutes les études sociologiques récentes. L’amour devient alors une équation sans variable stable. Et même les jolies femmes finissent par douter de leur attractivité… sincère.

Homogamie, faux choix et calculs amoureux
À première vue, Materialists est une comédie dramatique chic. En réalité, c’est une fable sociologique féroce. Céline Song y glisse, avec une subtilité glaçante, des vérités rarement dites à voix haute :
– L’amour est désormais filtré par des critères sociaux.
– La beauté n’est plus un avantage, mais un piège.
– La richesse rend méfiant.
– Et on ne cherche plus un partenaire, on cherche un miroir algorithmique.

Résultat ? Tout le monde joue un rôle. Et même ceux qui aiment vraiment finissent par douter de leurs propres intentions.

Pas de miracle, juste un crash
Il ne faut pas attendre de Materialists un grand renversement émotionnel ou une révélation lumineuse. Le film s’achève dans l’ambiguïté. Parce qu’aimer, aujourd’hui, ce n’est plus dire “je t’aime”, c’est oser dire “je n’en sais rien”. Et dans une société qui exige des résultats, des preuves, des engagements écrits… l’amour véritable devient une anomalie statistique.

À retenir (avec votre cynisme)
Materialists réussit à parler d’amour sans jamais tomber dans la mièvrerie.

Il montre que plus on monte en grade social, plus on descend en confiance.

Et que les jolies femmes et les hommes riches vivent parfois l’enfer sentimental… au paradis fiscal.

Alors non, Materialists ne vous fera pas croire au coup de foudre. Mais il vous fera peut-être comprendre pourquoi vous ne swipiez que des clones. Et ça, c’est déjà pas mal.
Elle3190
Elle3190

8 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 juin 2025
J’ai regardé Materialists et j’ai vraiment été prise par l’univers du film. Ce que j’ai aimé, c’est que même si le sujet tourne autour du matérialisme, il y a une certaine subtilité dans la manière dont c’est traité. Visuellement, c’est superbe : chaque plan semble pensé, presque photographié, ce qui rend l’expérience très esthétique. Mais au-delà de l’image, j’ai trouvé que le film posait de vraies questions sur la quête de sens, l’identité à travers les objets, et le vide qu’on essaie parfois de combler par la consommation. Ce n’est pas moralisateur, et c’est justement ce que j’ai apprécié. Ça m’a fait réfléchir, doucement mais sûrement.
Fiers R.
Fiers R.

215 abonnés 963 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 juin 2025
Vu à Montréal.

Sous ses abords de comédie romantique hollywoodienne avec triangle amoureux, Materialists pourrait sembler prévisible et académique. Mais ce serait oublier que c’est Celine Song à l’écriture et la mise en scène, la cinéaste révélée par le magnifique Past Lives. On est finalement face à un film certes un peu romantique mais bien plus dramatique et doux-amer, qui décortique avec beaucoup de justesse les rapports amoureux contemporains. C’est enveloppé dans un mille-feuilles d’images à la fois chic et élégant. Et c’est surtout dialogué à la perfection, les paroles constituant le noyau dur et émotif d’un film étonnant, beau et d’une finesse rare. Pour ne rien gâcher, le trio d’acteurs qui mène la danse est impeccable, tout comme la musique. Second essai, second coup de maître !


Retrouvez ma critique complète sur le site spécialisé Le Mag du Ciné:
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Jaja
Jaja

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 juin 2025
Un film tuant de vérité sur l'amour. une belle métaphore d'à trop vouloir mieux on passe à côté de ce que l'on a déjà. Une phrase pour le résumé "bonne personne, mauvais timing". Il parlera à tous les couples et dates d'aujourd'hui et d'hier. Il est simple, réaliste, doux, émouvant. C spoiler:
'est la première fois qu'un film d'amour transcrit égalitairement la sensibilité masculine et féminine.
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