Comédie romantique écrite et réalisée par Celine Song, Materialists est un film absolument nullissime. L'histoire nous fait suivre Lucy, une jeune et ambitieuse matchmakeuse new-yorkaise qui fait la rencontre d'un homme semblant parfait. Tombée sous son charme, elle est tiraillée lorsque réapparaît son ancien petit ami tout sauf idéal. Ce scénario s'avère pour le moins soporifique à visionner tout du long de sa durée d'une heure et quarante-cinq minutes. Une durée subie de bout en bout qui est un véritable calvaire tant on ressent chaque seconde qui passe. La faute à une intrigue d'une faiblesse abyssale présentant une romance sous forme de triangle amoureux qui n'en est même pas vraiment un. Le récit coche toutes les cases de son genre, tout en étant à côté de la plaque dans tous les domaines qui font une bonne comédie romantique. Ici, c'est d'une lenteur à vous tuer d'ennui. Chaque scène s'étire et s'éternise au point où ça devient une véritable souffrance de devoir assister à ces peines de cœur superficielles. Car, si encore on ressentait de l'authenticité et du naturel, on pourrait s'attacher et se projeter, mais il n'en est rien. Les actions et les discussions se font au ralenti, c'est tout sauf naturel et il est impossible de se sentir impliqué tant leurs problématiques de petits bourgeois de la ville sont à mille lieux de celles des vrais gens. De plus, il ne se passe vraiment rien. Toutes les séquences se ressemblent. Ils passent leur temps dans les restaurants et dans des appartements ou encore au milieu de la route à se parler de choses futiles. C'est totalement hors sol et encore plus irréaliste qu'un mauvais film fantastique. Il n'y a aucun rythme vu que toutes leurs discussions sont statiques. Et que dire de l'espèce de drame intégré à tout ça qui casse encore plus cette amourette inintéressante. Concernant le ton, c'est d'une neutralité digne d'un Suisse. L'aspect comédie est aux abonnés absents, aucune situation ou aucun dialogue ne cherchant à faire rire, ni même juste sourire. Et l'aspect romantique n'en a que le nom. On ne ressent aucun amour, aucun désir, aucune sensualité. Il ne se dégage rien. Il faut dire que l'ensemble est porté par des personnages creux et aucunement attachants, à commencer par celui joué par Dakota Johnson qui incarne une femme vénale détestable. Chris Evans et Pedro Pascal sont eux des prétendants stéréotypés sans aucun caractère. Le reste de la distribution ne mérite même pas d'être nommée tant ils sont encore plus vides que le trio principal. Ces trois individus entretiennent des rapports ne procurant aucune émotion, si ce n'est l'envie d'écourter la séance. En même temps, difficile d'émouvoir en passant leur temps à parler d'argent et de choses dont on se moque totalement. Les dialogues sont tellement vains et déclamés via des phrases intervenant à chaque fois après dix secondes de blanc, ce qui devient très vite pénible. Sur la forme, la réalisation de la cinéaste sud-coréenne est d'une platitude rarement égalée. Sa mise en scène est digne d'un mauvais téléfilm. Il n'y a rien. Même les décors sont rébarbatifs entre rues de la grande pomme et intérieurs luxueux se ressemblant tous, sans identité. Ce visuel fade est accompagné par une bande originale aux titres anecdotiques hormis la magnifique chanson de Françoise Hardy "le temps de l'amour" qui en vérité n'a rien à faire dans cette non-œuvre. Reste une fin forcément attendue venant mettre un terme à Materialists qui, en conclusion, est un long-métrage indigne du cinéma.