Train Dreams
Note moyenne
3,9
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117 critiques spectateurs

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Cadreum
Cadreum

62 abonnés 808 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 décembre 2025
Qui est le film ?
Adapté de la novella de Denis Johnson, Train Dreams arrive après une longue série de récits qui ont fait du progrès, de la conquête et du travail des motifs spectaculaires ou nostalgiques. Ici, rien de tel. Le réalisateur choisit une autre voie. Regarder l’histoire américaine à hauteur d’homme. À hauteur d’un corps qui traverse le XXᵉ siècle sans jamais en être le centre. Le film suit Robert Grainier, ouvrier des chemins de fer puis bûcheron, homme discret dont la vie se confond avec les paysages qu’il traverse.

Par quels moyens ?
En choisissant une vie sans exploits, Train Dreams affirme que la grandeur peut naître de la persistance. Travailler, aimer, perdre, continuer. Le récit transforme l’ordinaire en matière. Chaque geste devient porteur d’un poids existentiel. Le film ne magnifie pas. Il observe. Et cette observation patiente confère à la moindre action une densité inattendue.

Le train, motif central, est pensé comme une figure dialectique. Chaque rail posé relie des territoires tout en blessant la terre. Le film montre le progrès comme une force ambivalente, ni héroïque ni malveillante, simplement irréversible. Le train trace des lignes dans le paysage comme le temps trace des rides et des sillons dans les vies. Il rapproche et il sépare. Il construit autant qu’il détruit.

La culpabilité constitue la structure du personnage. L’épisode du meurtre de l’immigrant chinois agit comme une scène primitive silencieuse. Robert n’agit pas. Et ce non geste devient une fêlure durable. Le film ne moralise jamais cette culpabilité. Il montre comment la psyché humaine fabrique des chaînes invisibles. Ce qui hante Robert n’est pas ce qu’il a fait, mais ce qu’il n’a pas empêché. Toute sa vie se réorganise autour de cette inaction originelle.

Le film adopte une logique de mémoire plutôt que de chronologie. Les premières images ressemblent à des réminiscences sensorielles. Feu, fumée, humidité, bois qui craque. Le passé est ressenti. Train Dreams épouse la texture du souvenir plutôt que son exactitude. Ce choix donne au film une qualité onirique, presque flottante, où les époques se superposent comme dans un rêve lucide.

Les figures secondaires ne sont pas développées psychologiquement, mais chacune porte en elle une vie entière. Le personnage incarné par William H. Macy, expert en explosifs, concentre en quelques scènes une biographie complète. Le film affirme ainsi une idée forte. Chaque être humain, même fugitif, contient une densité romanesque infinie. Le monde est peuplé de vies invisibles.

L’amour apparaît comme une parenthèse métaphysique. La relation avec Gladys suspend la logique du film. Les scènes à deux obéissent à une temporalité différente. Inspirées d’un cinéma à la Malick, elles ne racontent pas une histoire d’amour, mais une sensation d’harmonie avec le monde. La cartographie de la maison à venir, dessinée avec des pierres, incarne cette utopie provisoire. Construire un futur avant même d’avoir des murs.

Lorsque la tragédie survient, le film refuse tout spectaculaire. La catastrophe n’est pas un climax, mais une cassure. Après elle, le monde continue. Le travail reprend. Les gestes persistent. Le film s’intéresse à ce qui reste après le choc. Le silence. Le temps étiré. Les bottes clouées à l’arbre deviennent alors une image clé. Un vestige banal transformé en relique.

Quelle lecture en tirer ?
Train Dreams est un film sur ce que le temps fait aux corps, aux paysages et aux souvenirs. La nature n’y est ni hostile ni bienveillante. Elle englobe, indifférente, les vivants et les morts. Le film affirme une vision profondément humaniste sans jamais être sentimental. Chaque vie mérite d’être racontée, même si elle n’a laissé que des traces discrètes. La voix off offre à Robert une parole qu’il n’a jamais su prendre. Être raconté devient une forme de reconnaissance tardive. Train Dreams ne cherche pas à réconcilier la joie et la douleur, la beauté et la destruction. Il les fait coexister. Comme deux rails parallèles qui ne se touchent jamais mais avancent ensemble. Et dans ce mouvement, le film nous rappelle simplement que nous passons mais quelque chose demeure.
gerard stevenson
gerard stevenson

29 abonnés 1 350 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 février 2026
Clint Bentley est un digne successeur de Terence Mallick : de la poésie, du calme, de la nature, une douce musique, des plans qui feraient de superbes photographies. Quelle esthétisme.
Cette histoire de bucheron (Joel Edgerton en pleine osmose avec l'ambiance du film) est mélancolique à souhait) Cela fait du bien tant de douceur.
Thibaud Il Capitano
Thibaud Il Capitano

11 abonnés 232 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 décembre 2025
Dans le Nord américain, Robert est un homme simple qui mène une vie simple. Il exerce le difficile métier de bûcheron itinérant et passe le reste du temps entre deux jobs paisiblement avec sa femme et sa fille. Un jour, il assiste au meurtre gratuit d'un ouvrier chinois et cela va le bouleverser, son inaction finit par le hanter...
Beau film oui, mais je ne peux m'empêcher d'être un tantinet déçu vu les critiques élogieuses lues précédemment... c'est de ma faute, j'aurais dû les éviter ! C'est une adaptation d'un livre de Denis Johnson dans la lignée des grands romans américains (sur l'immensité du pays et les explorateurs/pionniers) avec quelques considérations actuelles dont je ne sais pas si elles sont tirées de l'oeuvre. N'empêche que c'est un drame sensible, certains plans et images de la nature font évidemment penser à du Malick et il y a des tableaux magnifiques (ceux du bonheur conjugal et familial sont particulièrement émouvants). La toujours mimi et trop rare Felicity Jones joue juste, Edgerton est comme d'habitude excellent en homme ordinaire, on porte avec lui le poids de ce drame et spoiler: celui de la tragédie qu'il subit plus tard
et les réflexions métaphysiques du film (le bien, la morale, la religion et la culpabilité) me parlent beaucoup. Le film est relativement court et l'emploi de la voix off me paraît judicieux.
Bref, une bonne réussite de Netflix !
Jacbar
Jacbar

8 abonnés 142 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 novembre 2025
Un beau film plein de poésie sur la vie simple d'un bucheron et de gens modestes dans l'Amérique des années 10 à 50 un peu en dehors du monde. Je l'ai vu un jour de lassitude, ce qui aide quand même à avaler la lenteur et longueur du récit qui est autant raconté que parlé. A saluer la prestation de Joel Edgerton magistral.
Pour amateur de langueur, poésie et nature.
Berserker  1899
Berserker 1899

45 abonnés 317 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 14 novembre 2025
Au début du XXe siècle, l’Américain Robert Grainier est bûcheron pour une compagnie de chemin de fer, ce qui l’amène à parcourir plusieurs kilomètres dans une nature encore sauvage et remplie de dangers, aux côtés de travailleurs souvent immigrants. Lorsqu’il rencontre Gladys Olding, c’est le coup de foudre. Le couple se bâtit une maison en campagne pour y vivre une vie de famille simple et idyllique, mais Grainier doit s’absenter fréquemment pendant de longs mois pour reprendre la besogne. Au fil des ans, sa fille Katie grandit et Grainier envisage de construire une scierie sur sa terre afin de passer plus de temps auprès des siens.
Cinéphiles 44

1 678 abonnés 4 674 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 février 2026
"Train Dreams" suit un groupe de bûcherons engagés pour abattre des forêts afin de permettre l’expansion des chemins de fer. À travers eux, c’est toute une époque qui se dessine : des hommes rudes, solitaires, travaillant dans des conditions extrêmes. Joel Edgerton incarne cette figure taiseuse avec une sobriété remarquable. La mise en scène privilégie la lenteur, l’observation, les silences. Ce choix donne au film une puissance sensorielle indéniable, mais finit aussi par l’affaiblir. À force de s’attarder sur la beauté des paysages et la répétition des gestes, l’histoire perd progressivement de sa tension dramatique. "Train Dreams" reste une œuvre élégante, visuellement splendide, presque hypnotique par moments. Mais derrière la maîtrise formelle, le cœur du récit peine à battre jusqu’au bout. Un film admirable à regarder, un peu frustrant à ressentir.
ferdinand75

728 abonnés 4 495 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 janvier 2026
Dans la lignée du cinéma de Terence Malick, un beau film , mais très lent ,sur un mode souvent contemplatif , sur cet homme un peu sauvage un peu rustre qui travaille comme saisonnier .
Souvent scieur de bois , sur des chantiers importants mais sauvages des premiers chemin de fer US , qui traversaient le continent d’est en ouest. Film assez dur , même quand le héros rencontrera l’amour, très réaliste aussi sur les conditions de travail rude et sauvage de ces hommes . mais tout cela est très lent.
Alasky

456 abonnés 4 638 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mars 2026
C'est beau et doux à visionner, peut-être trop contemplatif, mais c'est aussi ça le cinéma, explorer, observer, les détails, la simplicité. Les plans sont léchés et le rythme du film très lent, ce qui pourrait en rebuter certains. Belle performance de Joel Edgerton, beau rôle pour l'acteur.
Frédéric M.
Frédéric M.

241 abonnés 2 184 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 avril 2026
MAGNIFIQUE ! De la mise en scène, aux acteurs, passant par l'histoire, jusqu'à la photographie, ce film aurait mérité d'avantages de récompenses. Il aurait mérité une sortie en salles.
Agnes L.
Agnes L.

231 abonnés 2 032 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 mars 2026
N'étant pas une grande fan de l'acteur principal que je trouve peu expressif, ce film ne m'a pas enthousiasmée. La faute en revient au réalisateur qui ne sait pas vraiment valoriser les rares événements qui se produisent. Cela donne un rendu nostalgique mais plat, un film qui s'étire et lasse le spectateur. J'ai cependant apprécié le contexte et les paysages.
Ewen Blake
Ewen Blake

189 abonnés 1 308 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 mars 2026
spoiler: C'est l'histoire d'un ricain qui voit un chinois faire du saut à l'élastique sans élastique alors la nuit venue au lieu de se pogner dans sa tente, il a des hallu.


- Cette histoire contient des spoilers -

Un beau film qui me restera et dans lequel malgré une lenteur continue, une langueur même, on ne s'ennuit pas une seconde. Dommage qu'il m'ait aussi insupporté.
Il oscille en effet entre une recherche affichée de réalisme qui se traduit par son rythme, la quasi absence d'événements extraordinaires et surtout le suivi d'une vie ordinaire et anonyme. Une vie de labeur, entrecoupée de moments de joies fugaces.

Mais dans le même temps, je n'y ai jamais crû : les échanges entre parents sonnent comme deux bourgeois de Los Angeles s'épanchant sur leur vlog Youtube de leur parentalité contrariée. Arn Peeples livre un discours écolo complètement improbable à son époque et l'épisode du "retour" est aussi absurde que son déroulé avec notre bûcheron qui se transforme en médecin pour remettre en place un tibia cassé.
Le final m'a vraiment déplut et paru en contradiction totale avec la psychologie du personnage dont la vie, à l'image de ses contemporains aura été une longue suite d'habitudes mais qui trouve sa connection avec le monde dans un... tour d'avion.

Il est aussi étrange pour un film "naturaliste" d'avoir pour thème la destinée et le karma : Robert pense que son inaction lors du meurtre du chinois serait la cause de ses malheurs, ce que valide le film. Alors qu'on le sait : la vie est cruelle, injuste. A la fin les gentils ne sont pas récompensés et les méchants punis.

Une grande force de Train Dreams c'est que malgré l'incroyable mélancolie qui habite chaque plan, on s'y plait. On aime être dans la forêt avec notre héro barbu. Joel Edgerton est d'ailleurs parfait pour ce rôle : juste en voyant sa gueule tu imagines le bûcheron un peu rustre, ricain pour sûr et bon gars sans aucun doute.

Le souvenir de l'incendie est particulièrement émouvant.
Train Dreams est beau, dans tous ses plans.

M'a donnée envie de revoir Boyhood
Michael R
Michael R

138 abonnés 1 526 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 janvier 2026
"Train Dreams" n'est pas un film, c'est un poème, c'est de la broderie, c'est le 7ème art dans ce qu'il a de plus noble. Le film est éblouissant par ses images, il vogue de la tendresse au drame en un battement de cil. Il s'évertue à dessiner la beauté et la fragilité de l'amour, capter l'immensité du monde par touches, ou saisir le deuil en quelques secondes. Il est de ces films qui n'éclaire pas l'âme, mais y diffuse une lumière bienveillante, à la bougie. Sa force tranquille peur tirer les larmes et laisser le spectateur béat.
gizmo129
gizmo129

133 abonnés 1 672 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mars 2026
Invité surprise dans le top 10 mondial de l'année 2025 selon la prestigieuse académie des Oscars, Train Dreams est un film contemplatif et bouleversant. Doté d'une photographie superbe, d'un rythme calme et berçant, le film tourne soudainement au drame. Le film nous interroge sur le temps qui passe, les épreuves à traverser et le monde qui évolue tellement vite autour de nous.
John Henry
John Henry

127 abonnés 732 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 décembre 2025
Le manque et la perte traités au cinéma par l'euphémisme, c'est plutôt rare et bienvenu. Le film naturaliste et assez magnifique visuellement, mais pêche un peu par sa retenue constante et sa volonté de contenir tout ce qu'il renferme d'émouvant
GregLeSuisse
GregLeSuisse

56 abonnés 1 069 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 janvier 2026
La vie bucolique d'un brave bucheron qui début du siècle passé. Pas de grosses surprises, quelques incohérences et de beaux paysages....
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