Le petit film de braquage proposé par le réalisateur David Mackensie tient la route, tout du moins dans la forme. Long de moins d’1h40, mené tambour battant, sans violence excessive ou complaisante, « The Criminals » est au début un pur film de braquage, pendant au moins sa première heure. Et c’est de loin le meilleur moment, car après le film va céder a quelques facilités du genre, devenir plus violent, plus compliqué, moins crédible aussi. Toute la première partie, donc tient bien la route point de vue action, suspens avec musique omniprésente mais au final ni trop forte ni trop désagréable. L’intrigue suit trois théâtres d’action, les démineurs, le braquage et le sort d’un immigré évacué de chez lui avec ses vieux parents à charge.
Lui, pas besoin d’être extra lucide pour comprendre qu’il n’est pas au cœur de ces quelques courtes scènes pour rien !
Petite originalité, le film se termine non pas par un flash forward pour expliquer ce que sont devenus les personnages, mais par un flash back datant de 10 ans auparavant, au bout du monde, un flash back qui explique les interactions qu’on n’aurait pas bien compris. Je ne sais pas si il était utile, puisque tout est assez bien expliqué avant mais qu’importe, terminer son film par un long retour en arrière n’est pas si fréquent,
alors je le souligne. Je précise encore deux choses sur la forme, d’abord il ne faut pas s’y tromper ce n’est pas à proprement parler un film d’action, finalement de l’action il n’y en a pas tant que cela (pas de poursuites en voiture, ni de combats au corps à corps ni même de fusillades interminables) et c’est tant mieux. Ensuite, le titre original est « Fuze » (terme expliqué à la fin) alors pourquoi diable les distributeurs français ont changé ce titre pour lui en donner un autre… en anglais ? Mystère… Le casting, essentiellement masculin, est plutôt sympathique. Ce sont des comédiens que je connais mal, Aaron Taylor-Johnson, Theo James ou encore Elham Ehsas. Ils sont beaux, plutôt sexy et ils tiennent leur rôle très honnêtement, sans en faire des caisses ni cabotiner. Mais bon, soyons honnête, ils n’ont pas non plus une partition très difficile à jouer. Quant au scénario, il colle parfaitement à l’idée que l’on se fait du film de gangster.
On comprend immédiatement qu’il y a anguille sous roche et que cette bombe gigantesque n’était pas là par hasard, sinon, comment les braqueurs auraient ils pu prévoir leur coup, le quartier étant immédiatement évacué après sa découverte. Le film s’appesanti trop sur ce gentil immigré pour qu’on ne se doute pas de quelque chose le concernant. Quant au militaire démineur, lui aussi très vite on le trouve un peu ambigu dans certaines scènes. Du coup, on pige vite qu’il y a un puzzle à mettre en place, un puzzle pas super compliqué non plus. Après, on est en terrain connu : tensions entre braqueurs, suspicions, trahisons, retournements de veste et règlements de compte, toute la panoplie du film de gangster y est !
Point de vue crédibilité je ne sais pas, mais le cahier des charges est bien respecté. Au final, le scénario, bien qu’un peu tordu, tient debout et on n’est jamais réellement largué (c’est bien) mais jamais réellement surpris (c’est moins bien).
Il y a un soupçon d’explication morale à ce braquage, vers la fin, qui vaut ce qu’il vaut. C’est toujours un peu délicat de vouloir trouver une morale un tant soit peu recevable à un acte criminel, mais le cinéma aime bien ça, sinon, cela aurait été un peu trop cynique
. « The Criminals » est donc un film de braquage honnête mais sans grande originalité, un petit polar sans prétention qui fait le job, pendant un peu plus de 90 minutes, sans pour autant laisser un grand souvenir de cinéma.