Enfin! Il a fallu attendre 38 ans avant de pouvoir redonner au Predator ses lettres de noblesse obtenues en 1987 grâce à John McTierman. Il n'y avait eu aucune réelle innovation depuis ce 1er Predator. Tous ses traits physiques, ou psychiques, toutes ses capacités physiologiques, toute sa technologie, n'avaient été que du fignolage basé sur le travail de McTierman. Mais voilà, Pour réaliser ce nouveau Predator, Dan Trachtenberg, de toute évidence n'a pas eu le carcan de "l'idéologie du réveil" imposé pour "Prey" par Disney et Netflix. Pour ce Predator nouveau, Trachtenberg s'est senti libre aux entournures. Du coup le traitement de ses personnages, des dialogues et des actions, n'a pas eu l'air d'un tract militant. Certes, on peut reprocher au personnage central de Thia d'être un peu caricatural. Mais cet aspect bisounours passe comme une lettre à la poste, lorsqu'entre en jeu son personnage antinomique. En fait, tout est extrêmement travaillé dans ce nouveau Predator. À l'image du prologue, qui a de nombreuses fonctions. À couper le souffle, il enclenche les amorces de l'intrigue, plante le décor, et donne la tonalité violente et incertaine de l'action. Ce prologue fait aussi ce qu'aucun autre Predator n'avait fait jusqu'alors : expliquer le pourquoi du comment les Predators étaient si violents, pervers, et totalement imperméables à la douleur des autres: leur conditionnement social et familial. Énorme trouvaille! Et, l'épilogue n'est pas moins travaillé. Il permet d'introduire un élément dramatique essentiel pour la suite du prochain Predator. Il permet aussi de parfaire le dernier renversement de situation qui était survenu peu avant la fin. Chapeau bas pour le maquilleur, et pour l'acteur incarnant le Predator, Dimitrius Schuster-Koloamatangi. On peut dors et déjà s'entraîner à bien prononcer son nom à rallonge. Le bougre est à ce point doté de talents hors-pair, qu'il faudrait une cécité couplée de talentophobie pour ne pas faire appel à lui pour de prochains rôles de caractères. Chapeau bas également pour les auteurs des effets spéciaux, ainsi que pour l'équipe de repérages des décors extérieurs. Un vrai plaisir, autant pour les yeux, que pour l'esprit.