Oddity tente de nous piéger avec de beaux plans et un lieu de tournage splendide, cependant on voit très rapidement la catastrophe arrivée.
Il ne suffit pas d'insérer la BO ''sequence flippante" ou de suggérer un monstre pour que la peur fasse effet, pour cela il faut instaurer un climat et éviter les clichés grotesques.
Le film essaie en vain d'introduire une tension, sauf que l'ennui se montre plus convaincant.
Alors n'arrivant pas à décoller, Oddity se lance dans un concours du screamer le plus prévisible et à ce niveau, je ne peux nier sa réussite dans le médiocre.
Voilà un bon petit film vu en avant-première bien flippant comme on n'en fait plus si souvent, grâce notamment à un scénario bien travaillé sortant des sentiers battus avec un subtil mélange entre : des fantômes, une médium aveugle, des objets ayant appartenu à des trépassés, un mannequin de bois faisant froid dans le dos, un asile voisin avec des internés malaisants, ainsi qu'une vaste maison isolée et glauque à souhait aux planchers qui grincent ! De plus, "Oddity", pour instaurer une ambiance pesante et nous plonger dans ce thriller aux limites du surnaturel, utilise de nombreux ingrédients et procédés vus çà et là spoiler: comme des flash-backs bien disséminés et un appareil photo dévoilant certaines choses, etc. Ainsi, ce long-métrage irlandais, malgré quelques éléments prévisibles (notamment un concernant la fin...), arrive tout de même à nous tenir en haleine avec en prime, quelques passages bien frissonnants !
Une chose est sûre, on n’est pas ici devant un film de genre lambda comme les plateformes de streaming ou Blumhouse nous en pondent une palanquée chaque année. Ce petit long-métrage irlandais développe quelque chose de singulier très satisfaisant dès son amorce. Mais on n’est pas non plus dans l’elevated horror en vogue actuellement et qui nous réserve régulièrement quelques pépites. « Oddity » se positionne dans un entre-deux appréciable et – c’est aussi et certainement l’un de ses aspects les plus délectables – il nous balade durant une heure et demie dans son train fantôme sans que jamais l’on sache où il va nous emmener. On est dans du fantastique pur et dur qui lorgne vers l’épouvante à plusieurs reprises. Le postulat de ce double huis-clos (une partie dans un asile et l’autre au sein d’une vieille ferme campagnarde abandonnée, en montage alterné) combine beaucoup d’éléments intrigants qui en font le sel.
Entre cette statue de bois à forme et taille humaine, ces jumelles dont l’une aveugle est télépathe, un fou borgne échappé d’asile et ce cabinet de curiosités aux objets possédés, il a matière à moultes développements passionnants. Avec tous ces éléments, Damian McCarthy (dont c’est seulement le second long-métrage) a écrit un script surprenant aux rebondissements plutôt malins et convaincants. Peu de personnages et seulement deux endroits où se déroule l’action pour un puzzle de suspense qui se concrétise petit à petit avec brio. L’ajout du fantastique et de l’étrange est absolument bien introduit et les quelques séquences tirant plus vers l’horrifique ont un sens. D’ailleurs la partie épouvante nous réserve deux ou trois sacrés sursauts qui nous font bondir de notre siège tandis que certaines séquences font véritablement peur, mêlant frayeurs viscérales et tension montant à son paroxysme. De plus, « Oddity » parvient à créer une atmosphère particulièrement angoissante en optimisant parfaitement le décor, notamment en jouant avec l’obscurité et les angles morts.
Ce que l’on pourra reprocher à ce long-métrage assez inédit, c’est peut-être son rythme très lancinant. Alors on n’est pas non dans le fantastique contemplatif non plus qui vire parfois au nombrilisme artistique et ce déroulé lent colle plutôt bien à l’ambiance. On ne s’ennuie donc pas de ce choix pertinent mais il faut avouer que c’est un peu plat par instants. Peut-être qu’on aurait aimé aussi plus de frissons mais « Oddity » contient assez de substance et de surprises (cet homme en bois, il fallait oser et c’est très réussi) pour satisfaire mêmes les fans de films de genre les plus exigeants. Et McCarthy parvient à rendre tangible et effrayant des vieilleries et réussi des effets plutôt éculés qui auraient pu vite virer au ridicule. Un train fantôme qui prend donc son temps mais intrigue de bout en bout, procure sa dose de peur et laisse défiler une intrigue pour le moins étonnante à plus d’un titre. Une bonne surprise.
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Avec Oddity, Damian Mc Carthy façonne un film qui oscille entre horreur et thriller, où chaque objet devient le témoin d’un passé qui fera justice.
Au centre, Darcy (Carolyn Bracken), aveugle mais lucide, médium et marchande d’artefacts maudits, traque les responsables du meurtre brutal de sa sœur jumelle, Dani. Chaque objet hanté qu’elle manipule devient une pièce d’une idée vengeresse. Mc Carthy exploite habilement l’espace domestique comme un piège, rendant la maison aussi suffocante que menaçante. Dès la scène où un homme tout juste échappé d’un asile tambourine à la porte du manoir, le film inscrit sa terreur dans le doute, l’attente et l'ombre des portes.
Mais cette montée en tension se heurte à une narration éclatée. Oddity semble collectionner les idées horrifiques – l’intrus nocturne, le golem de bois, la sonnette spectrale, la créature tapie dans l’ombre – sans les pousser jusqu’à leur plein potentiel. Cette dispersion, parfois frustrante, donne au film une allure de patchwork où les séquences fortes se succèdent sans toujours s’articuler.
Pourtant, une étrangeté fascinante émerge de ce chaos. Mc Carthy compense son manque de moyens par une mise en scène élégante et un sens du cadre oppressant, faisant de chaque recoin un lieu d’incertitude.
Plus que ses fantômes, Oddity trouve sa singularité dans son rapport aux objets : la cloche, le bois sculpté, ces éléments ne sont pas de simples accessoires mais des marqueurs d’une justice surnaturelle.
Il manque une rigueur qui aurait pu en faire un grand film, mais son caractère disloqué participe aussi à son trouble. Et au bout du chemin, il ne reste que la cloche qui tinte, le bois qui craque, et la certitude que certains morts ne trouvent jamais le repos.
Ambiance flippante du début à la fin, pourtant je suis loin d'être un public facile. Des rebondissements et de superbes idées de mise en scène, pour moi c'est un grand oui!
Un film d'horreur qui ne prend pas son public pour un idiot est très plaisant à regarder. Damian McCarthy maîtrise l'art de l'épouvante sans rentrer dans le too much.
Effectivement, l'enjeu d'un film comme celui-là est de prendre un terrain de jeu connu (une maison reculée) et surprendre le spectateur de manière raisonnable.
Chose faite et chose réussie.
Premièrement, le scénario peut paraître extrêmement simple et la sensation de “déjà vu” peut arriver assez rapidement. Cependant, la narration est très puissante et nous fait oublier la simplicité du concept du film. D'autant plus qu'au fur et à mesure de l'intrigue, le film est de plus en plus surprenant, innovant et imprévisible. En tant que spectateur, il est facile de se sentir impliqué dans l'ensemble.
L'aspect horrifique est très original, c'est-à-dire que le réalisateur ne se repose jamais sur ses lauriers. Les jumpscares sont rares mais efficaces. En fait, le stress prend plus le dessus que le sursaut. Cela est couplé au fait que les séquences d'horreur sont majoritairement silencieuses voire totalement muettes. Ce qui est déroutant et efficace dans son exécution.
Sinon la réalisation dans son ensemble présente une direction photographique totalement maîtrisée avec des plans qui jouent énormément avec l'obscurité et le son (notamment le silence).
Le réalisateur utilise chacun de ses éléments à la fois dans sa mise en scène et dans l'écriture. Par exemple, un personnage est sourd alors certaines séquences seront muettes ; la narration se concentre sur un certain personnage alors les plans vont rester focaliser sur ce certain personnage.
En clair Damian McCarthy a écrit un scénario en connivence avec son découpage technique. Ce qui a pour résultat un très bon film d'horreur qui peut nourrir sur soirée d'octobre.
Bonne surprise... Film ds la lignée de Caveat... Une très bonne mise en scène, gestion du suspens et de la tension... Même si tout n'est pas parfait, le film est prenant... Une ambiance en huis clos bien maîtrisée... Quelques jumpscares sympathiques sans trop en abuser... Un bon thriller horrifique en perspective qui fleurte avec un peu de surnaturel...
Lauréat du prix du public au dernier festival de Gérardmer, ODDITY n’a malheureusement pas eu droit à une sortie en salles en France. Un choix regrettable, car ce film horrifique se distingue par de vraies qualités qui auraient pris une ampleur particulière sur grand écran.
Si ODDITY appartient bien au genre horrifique, il ne mise pas sur le gore mais sur un huis clos soigneusement construit, jouant sur une atmosphère oppressante et anxiogène. Le film offre d’ailleurs quelques scènes particulièrement stressantes, notamment une ouverture terriblement efficace et un dernier acte sous haute tension.
Tout au long du récit, la mise en scène sert habilement le malaise ambiant grâce à un travail précis sur les cadres, le hors-champ et la photographie. L’utilisation du fameux mannequin de bois, bien que pas révolutionnaire en soi, est particulièrement bien exploitée pour en faire un objet horrifique redoutable. On notera aussi quelques jump scares malins et percutants.
Mais même si le film réussit haut la main à glacer le sang du spectateur, le film tout de même quelques facilités d’écriture. Les personnages manquent de subtilité : la voyante aveugle, la nouvelle compagne en quête de sa place, ou encore la révélation du meurtrier, tout cela donne une impression de déjà-vu. De plus, l’abus du fusil de Tchekhov rend le déroulement du scénario parfois trop prévisible, en laissant au spectateur une longueur d’avance sur les événements.
Cela n’empêche pas ODDITY de proposer des séquences mémorables qui marqueront les esprits. Un film de genre efficace, qui mérite assurément le coup d’œil.
Oddity est un film d'horreur inventif qui joue habilement avec la tension et l’étrangeté, sans toutefois révolutionner le genre. Son atmosphère dérangeante et sa mise en scène soignée captivent, mais l’ensemble manque d’un plus gros impact. Reste qu'on passe un très bon moment devant.
Mise en tension interessante pour une intrigue un peu prévisible qui fait vite pschiit. Cela n’enlève pas le côté réussi du film mais avec twist pressenti, on sort de là, un tantinet déçu de passer à côté de qqch qui aurait pu être plus grand