Pas évident de revisiter un mythe après une adaptation jugée proche mais surtout iconique de Francis Ford Coppola en 1992, ainsi qu'après une autre adaptation (moins fidèle) qu'est le récent Nosferatu de Robert Eggers. Je passerais volontairement le Dracula Untold sous silence, même s'il n'est pas honteux soyons franc.
N'ayant lu l'oeuvre de Bram Stoker, je ne m'épancherais pas sur l'exactitude ou non de cette relecture de Luc Besson, d'autres commentaires s'en chargent, notamment sur l'aspect timeline du film qui semble avoir des incohérences.
Toujours est-il que nous replongeons une nouvelle fois dans cette histoire d'un vieux comte de Transylvanie recevant la visite d'un jeune notaire tout juste promu qui débarque pour acter la vente d'un bien à Londres... Pardon, ici à Paris. Oui parce que Besson a revisité l'histoire avec un petit côté franchouillard qui plaira ou pas. Ça a au moins le mérite de trancher avec les 2 précédents films cités.
Rien de vraiment nouveau sous le soleil vous allez me dire, ou plutôt à l'ombre du château de Vlad, qui voit en l'arrivée de ce jeunot l'opportunité de retrouver sa chère et tendre épouse, morte il y a des siècles, réincarnée dans la promise du jeune visiteur. Le comte tient donc le jeune homme comme prisonnier dans sa demeure, où il se passe des choses étranges, avant de filer retrouver sa belle tant attendue à Londres... mince raté, c'est à Paris.
La suite, on la connait tous, mais une fois de plus on se laisse emporter par cette histoire avec l'envie d'en découvrir le dénouement final et ce fameux, dangereux et ténébreux Dracula percé (sens propre comme figuré) au grand jour. l'angle d'attaque du film est tout de même plus prononcé sur l'aspect romance (d'où le sous-titre "a love's tale") que sur l'aspect vraiment horrifique. Les petits serviteurs du comte prêtent d'ailleurs un peu à sourire, mais là aussi ça tranche des autres adaptations.
Bien qu'immortel, puissant et charismatique, on notera que c'est un Dracula un peu plus "humain" qui se présente à nous sous les traits de Caleb Landry Jones. Le choix de l'acteur ne m'avait pas spécialement emballé avant de voir le film, mais je dois admettre, après coup, que c'est un choix intéressant. Il a une "gueule" et un style qui colle plutôt bien au personnage dépeint.
En dehors de lui, on retiendra Zoé Bleu (dont j'ignorais de qui elle était la fille) qui arrive à nous faire oublier Winona Ryder ou plus récemment Lily-Rose Depp sans trop de difficulté. Bien sûr il y a aussi Van Helsing... pardon le "prêtre", bien qu'au final le personnage de Christopher Waltz soit le moins réussi de tous, ce qui est un peu dommage avouons le vu le pédigrée de l'acteur.
Visuellement, il n'y a quasi rien à redire. Le film est réussi, les images sont belles, la mise en scène est d'un très bon niveau, sans en faire des tonnes. Bref, Luc Besson maîtrise bien son sujet et rappelle qu'il était (est toujours ?) un bon réalisateur, pour peu qu'il trouve un scénario intéressant et là on peut dire que c'est le cas en s'attaquant à Dracula.
Il y a bien sûr quelques touches "bessonesques" par ci par là, comme des petites figures de styles qu'il affectionne depuis ses tous premiers films. Alors là aussi, certains aimeront, d'autres pas, car pas toujours dans l'esprit du film. Par exemple toute la séquence du "parfum", sur un beat aux touches modernes, peut prêter à sourire. Mais à côté de ça, il y a de très bonnes scènes, comme l'introduction du film avec la mort d'Elisabeta, la scène du couvent qui est très forte symboliquement, ou bien encore l'intermède de la fête foraine que j'ai bien aimé. On serait presque déçu par la fin du film avec un Dracula qui en oublie son côté démoniaque et cheaté pour terrasser ses ennemis. Besson joue sur la subtilité du personnage, même si on s'étonnera de son choix final par rapport à Mina (tout ça pour ça).
Au final, difficile de noter ce film. J'aurais tendande à être partagé, bien que dans l'ensemble j'ai été (à ma surprise) plutôt emballé. Ce n'est clairement pas le chef d'oeuvre ultime du genre, mais c'est très loin d'être un mauvais Dracula. Une chose est sûre, si vous aimez cette histoire, vous devez la revisionner sous cette forme, parce qu'elle le mérite amplement.