Ma p'tite critique cinéma : Dracula
Oui, il s’agit d’une énième adaptation de Dracula au cinéma. Oui, Luc Besson s’inspire plus de Francis Ford Coppola que de Bram Stocker. Oui, le film n’apporte rien de nouveau au mythe du vampire. Oui, il est un peu long et pas toujours convaincant. Et pourtant ...
Et pourtant le film m’a totalement enthousiasmée : j’ai passé un très bon moment de cinéma et j’ai beaucoup aimé. Dracula, c’est un film de Luc Besson comme il sait si bien les faire : sans pincettes et sans finesse, dans l’excès et dans l’outrance, toujours avec une pointe d’humour. Certaines scènes sont résolument subversives et provocatrices (la scène du couvent est déjà culte !) quand d’autres sont à la limite du burlesque - et nous rappellent que le film ne se prend pas au sérieux. Des images magistrales, une atmosphère souvent glaciale, sombre, des cadrages millimétrés : l’esthétique de film est très graphique, spectaculaire. Le tout porté par une musique fantastique, au sens propre, de Danny Elfman, qui rappelle les ambiances à la Tim Burton.
Besson propose une version très romanesque, presque onirique, de l’histoire de Dracula : le film se concentre sur l’histoire d’amour entre les personnages principaux, Dracula et Elisabeta-Mina, à la présence magnétique, incarnés par Caleb Landry Jones et Zoë Bleu-Sidel, la fille de Rosanna Arquette. On y retrouve les codes habituels du genre : désir, domination, violence, du sang et des crucifix, le feu et la glace, la vie et la mort. Rien de moderne, rien de neuf, mais la recette est toujours efficace.
J’avoue avoir un peu de mal à comprendre la référence au Parfum de Süskind : comparer Dracula à Jean-Baptiste Grenouille est pour moi incongru, à la limite du mauvais goût, et c’est la partie la moins convaincante du film. C’est certes un parti pris audacieux mais finalement pas très heureux.
La véritable révélation du film, c’est l’actrice italienne Matilda de Angelis, qui incarne Maria, l’amie de Mina : solaire dans ce film fantomatique, elle attire toute la lumière et livre une incarnation saisissante de la jeune vampire au service de son maître.
Pour résumer : ce Dracula de Besson reste, quoiqu’en disent les critiques, un beau moment de cinéma et un bon film de vampires.