J’ai vu Une journée incontrôlable il y a un mois. Je l’avais totalement oublié. Pas un souvenir flou, non : rien. Et après revisionnage, le constat est assez clair : ce film est l’exemple parfait du divertissement qui fait du bruit pendant 90 minutes… puis disparaît sans laisser la moindre trace.
Sur le principe, tout est pourtant là : deux pères au foyer qui se rencontrent au parc, une playdate anodine qui dérape, des enfants étranges, des mercenaires, des poursuites, des bastons improbables et un glissement assumé vers le grand n’importe quoi. Le problème, ce n’est pas l’absurde (le film veut être absurde )c’est que cette folie est très inégale et surtout mal tenue dans la durée.
Il faut être honnête : le début fonctionne plutôt bien.
La rencontre entre Brian (Kevin James), beau-père paumé fraîchement père au foyer, et Jeff (Alan Ritchson), papa beaucoup trop enthousiaste et légèrement inquiétant, crée un vrai décalage. Ritchson joue à fond la carte du type massif, sourire bizarre, énergie de gamin sous stéroïdes.... et c’est clairement le moteur du film.
Certaines scènes au parc, notamment les confrontations physiques absurdes impliquant des enfants, font mouche parce qu’elles osent aller trop loin. Là-dessus, le film assume son côté cartoon et ça marche.
Mais très vite, Une journée incontrôlable commence à s’épuiser.
Le scénario part dans tous les sens : mercenaires génériques, enjeux pseudo-scientifiques à peine expliqués, personnages qui surgisssent puis disparaissent, situations réglées par pur miracle scénaristique. On sent que l’idée, c’était “plus c’est gros, plus c’est drôle”… sauf que le rythme retombe, et avec lui l’impact comique.
Beaucoup de critiques spectateurs le disent autrement, mais le fond est le même :
- le film s’amuse plus qu’il ne fait rire,
-il accumule les idées sans jamais vraiment les exploiter,
- et finit par tourner en roue libre.
Le duo, quand à lui, je trouve qu'il fonctionne… à moitié.
Alan Ritchson surprend agréablement en comédie. Il cabotine, oui, mais au moins il tente quelque chose. Kevin James, lui, recycle son personnage habituel : le type dépassé, un peu pathétique, qui subit plus qu’il n’agit. Résultat : un duo déséquilibré où l’un porte clairement le film pendant que l’autre suit.
Les personnages secondaires, pourtant incarnés par de bons acteurs (Sarah Chalke, Isla Fisher, Stephen Root…), sont sous-exploités ou réduits à des fonctions utilitaires. Ils passent, font un gag, repartent. Aucun n’existe vraiment.
enfin bref... Une journée incontrôlable n’est ni un désastre, ni une réussite. C’est un film jetable. Il amuse sur l’instant, parfois franchement dans sa première moitié, puis s’étire, s’éparpille, et se termine sans qu’on ait l’impression d’avoir vu quelque chose de marquant (la preuve ultime :s ans cette critique à écrire, je n’y aurais jamais repensé car je l'avais déjà oublié)
Pour moi, il mérite ces 3/5, parce que : il y a de l’énergie avec quelques scènes vraiment fun et un Alan Ritchson clairement investi même si c’est un film dispensable, qui se regarde comme un bruit de fond un dimanche pluvieux, et qu’on oublie dès le générique passé.