Changer le monde ?
Un film basque ! Je crois que c’est la 1ère fois que j’écris « film basque » dans mes chroniques. Et c’est donc pour le drame policier signé par Asier Urbieta, dont c’est le 1er film. L'apparition d'un cadavre sur l'île des Faisans fait irruption dans la vie de Laida et Sambou, un jeune couple qui vit à la frontière de la Bidassoa. 98 minutes qui prennent pour cadre la question migratoire en zone basque frontalière, un thème qui, à ma connaissance, n’avait encore jamais été abordé au cinéma. Si on reconnaît volontiers l’originalité du sujet, on ne peut en dire autant de la forme qui laisse souvent l’intrigue se traîner en longueur à force de répétitions et d’une interprétation pour le moins inégale. Une curiosité.
Un peu trop manichéen, un peu trop lent, un peu trop déjà-vu… je le répète, la seule nouveauté réside dans le cadre, - cette île fluviale franco-espagnole minuscule (210 m de long sur 40 m de large) coincée géographiquement et politiquement entre Irun et Hendaye -. Cette anomalie historique sert de point de départ à un imbroglio policier intéressant mais assez prenant. Mais là n’est pas le véritable problème. Le personnage central – la jeune Laida -, prise entre sentiment de culpabilité et désir de changer les choses, semble bien seule au monde, face à une administration amorphe, une police gangrénée par le racisme et des services sociaux totalement dépassés. Urbieta nous décrit le monde sans pitié des squatteurs, entre précarité et phénomènes de racket, comme les difficultés des structures d’accueil ou l’indifférence globale face au drame des migrants. Le film est généreux, engagé, utile mais desservi par quelques incohérences et sa lenteur extrême.
Le casting, come je l’ai dit plus faut, est inégal. Heureusement le « couple » Jone Laspiur / Sambou Diaby, est bien campé. Citons encore Itziar Ituño, Josean Bengoetxea, Ibrahima Koné, - pas très à l’aise -, Ximon Fuchs… Un 1er film qui aurait mérité un peu plus de peps pour mériter l’appellation de « thriller », mais qui, quoi qu’il en soit, est intéressant même s’il repose comme beaucoup d’autres productions le problème des migrants… Mais poser sans cesse ledit problème ne semble pas pour autant apporter des solutions. Changer le monde ?