Digger
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217 critiques spectateurs

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Anozer
Anozer

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 septembre 2026
J'ai eu la chance de voir Digger en avant-première, et il est difficile de rester indifférent face à ce film. Alejandro G. Iñárritu confirme une fois de plus qu'il est l'un des rares réalisateurs capables de nous prendre complètement par surprise.

Tom Cruise est méconnaissable, et c'est précisément ce qui rend le film fascinant. On oublie rapidement qu'on regarde une star hollywoodienne pour se laisser emporter par le personnage.

Visuellement c'est maîtrisé de bout en bout, le rythme est haletant, et le fond, les dérives du capitalisme, la destruction de l'environnement, donne au film une vraie substance au-delà du spectacle.

Un film ambitieux qui ose. À voir absolument en salle
anthony Galore
anthony Galore

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0,5
Publiée le 5 octobre 2026
Sortie de route pour Tom Cruise
Le réalisateur a voulu faire un film ecolo-catastrophiste en sortant du genre des films de catastrophes. L’idée est louable mais la mise en œuvre tourne à l’outrance et au ridicule.
Cruise voulait faire engagé pour la planète, juste un tartuffe de plus avec ses jets , ses motos , son empreinte carbone perso équivalente à la Suisse . Encore un acteur drappé dans une posture bidon . Inaritu ne fait pas mieux , et signe un scénario chiant
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 924 abonnés 8 295 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 octobre 2026
Un magnat du pétrole mégalomane conduit le monde à la catastrophe…

Trop long, trop lourd, trop… c’est trop. Digger (2026) est une incroyable farce satirique et loufoque qui se moque des grands de ce monde. Une critique acerbe et caustique du capitalisme sans vergogne.

Mais pour cela, le réalisateur n’y est pas allé de main morte. Grandiloquent, volontairement, grotesque, gueulard et visuellement impressionnant, le film ne laisse clairement pas indifférent et va diviser les spectateurs, entre ceux qui se prendront au jeu et les autres pour qui tout ce cirque fatiguera plus qu’autre chose.

Il faut reconnaître que la mise en scène d’Alejandro González Iñárritu (Birdman - 2015) est démentielle, les tableaux s’enchaînent (on est parfois plus attentif aux décors qu’à l’intrigue en elle-même) à un rythme effréné et la distribution nous en met clairement plein les yeux (Tom Cruise cabotine joyeusement en plus de son impressionnante transformation physique, tandis que John Goodman surjoue puissance 1000 chacune de ses scènes et s’avère tout bonnement hallucinant).

Le film avait tout pour plaire (techniquement et visuellement parlant, c’est impressionnant), avec une distribution aussi folle que le film en lui-même. L’ennui, c’est qu’à force de vouloir faire trop (ça bouge dans tous les sens, ça hurle pour un oui ou pour non, …), le film finit assez vite par fatiguer, voir créer une certaine lassitude et ce, malgré l’entrain des acteurs (et la bonne bouille de Maggie (le chat en phase terminale).

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Caine78

7 798 abonnés 7 407 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 octobre 2026
J'avoue que je l'attendais avec impatience, notamment pour une raison : le grand retour de Tom Cruise en dehors des films d'action, remontant au plus tôt à « Walkyrie » (18 ans), voire à... « Eyes Wide Shut » et « Magnolia » (27 ans tous les deux). Et je dois avouer que c'est plutôt la déception qui l'emporte, même si ce n'est, évidemment, pas si simple que cela, étant impossible de prendre « Digger » d'un bloc. D'ailleurs, j'avoue avoir été plutôt séduit par le début, présentant un personnage à la fois pathétique et attachant par l'affection presque malsaine qu'il porte à sa chatte agonisante, avant que la dimension « trumpo-muskienne » de celui-ci n'apparaisse clairement, évoquant à certaines reprises le propos de « Don't Look Up ». Le scénario se déroule ainsi de manière assez classique, efficace, quitte à déjà laisser apparaître quelques excès et lourdeurs.

Puis vient, finalement assez vite, ce tournant : tout ceci n'est que spoiler: la répétition d'une pièce de théâtre (assez sophistiquée), où l'acteur principal apparaît bien plus inquiet par la disparition de sa fille que la future représentation
.
Surprenante, cette révélation intrigue dans un premier temps, voire séduit, ayant toujours été plutôt réceptif aux œuvres « méta ». Mais sur la durée, nous ne sommes pas si loin de la fausse bonne idée. Celle-ci se révèle nettement moins captivante que la partie « fiction » (heureusement majoritaire à l'écran), tournant à plusieurs reprises en rond dans le propos et « parasitant » presque la performance principale de Cruise. De plus, Alejandro Gonzalez Inarritu semble vouloir anticiper toutes les critiques, notamment lors d'une scène où il s'efforce de bien tout nous expliquer sur la façon dont il faut comprendre le film, la pièce, ce qu'il cherche à démontrer, à provoquer, moment presque infantilisant tant nous n'avions nullement besoin de ces lumières pour comprendre où il voulait en venir.

De façon générale, les longueurs, outrances voire fautes de goût finissent par s'accumuler au fil des minutes, d'autant qu'elles n'apportent rien à l'intrigue, ni au propos. Reste que s'il a clairement tendance à se prendre pour un génie qu'il n'est pas, Inarritu est quand même un sacré réalisateur : quelques scènes saissantes, beaucoup d'idées, multiplication des plans-séquences trouvant leur paroxysme lors d'un spoiler: Conseil européen ressemblant surtout à un amphithéâtre grec, peu réaliste mais extrêmement efficace pour tirer à boulets rouges aussi bien sur l'irresponsabilité des américains que sur la passivité coupable des européens
...

Fable grinçante, satire parfois décapante, « Digger » se montre également inégal dans le traitement de ses personnages secondaires, réussissant plutôt celui de Riz Ahmed, moyennement de John Goodman et sous-exploitant totalement Sandra Hüller, ici presque quelconque. Au moins tente-il des choses, nous surprend, nous bouscule, parfois, nommant presque directement ses ennemis sans épargner ceux qui n'ont rien fait pour éviter le désastre : d'ailleurs, apprendre assez tard que
spoiler: la pièce est directement inspirée de faits réels et dans les tout derniers instants que nous subissons encore aujourd'hui ses conséquences gravissimes
est une très bonne idée.

Et Tom Cruise, dans tout ça ? Il est bon, manifestement impliqué, heureux de jouer autre chose pour la première fois depuis longtemps, sans offrir la prestation exceptionnelle que l'on pouvait espérer : même si je lui souhaite pour l'ensemble de sa carrière, l'Oscar semble encore loin. Il faut dire que son protagoniste, du moins en tant que Digger Rockwell, aurait pu être plus développé, approfondi. Mais sait-on jamais, à l'image de « Birdman » (auquel on pense à plusieurs reprises) qui avait remis Michael Keaton sur le devant de la scène et permis au comédien d'obtenir son unique statuette à ce jour, le réalisateur d' « Amours Chiennes » est doué pour faire obtenir à des acteurs boudés par l'Académie la récompense suprême... À boire et à manger, donc, pour une œuvre inattendue et ayant manifestement des choses à dire, à défaut d'être réellement convaincante.
Yves G.

1 883 abonnés 4 120 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 octobre 2026
"Digger" (le creuseur) Rockwell est un milliardaire misanthrope enrichi par l'exploitation du pétrole, qui vit retranché dans un immense manoir avec une armée de collaborateurs qui l'entoure et Maggie, sa chatte, âgée et subclaquante. Digger possède des puits de pétrole partout dans le monde. L'un d'eux au Groenland, détruit par une explosion, a causé la dérive vers l'Europe d'un immense iceberg qui menace d'y provoquer un tsunami. Digger se rapproche du président américain pour décider de la réaction appropriée. 

Alejandro Iñárritu est sans doute l'un des plus grands réalisateurs de son temps. Il a remporté deux fois (de suite !) l'Oscar du meilleur réalisateur : en 2014 avec "Birdman" et en 2015 avec "The Revenant". On lui doit aussi "Amours chiennes" (2000), "21 Grammes" (2003) et "Babel" (2006). Son précédent film, "Bardo" (2022), n'était pas sorti en France. "Digger" marque son grand retour onze ans après "The Revenant".

"Digger" est une sacrée claque. Une claque désagréable qui m'a spontanément déplu, mais que j'ai tendance à réévaluer depuis que j'y réfléchis. J'étais sur le point d'affirmer péremptoirement que Tom Cruise, prêt à tout pour obtenir enfin l'Oscar qu'il n'a jamais eu, en faisait trop. J'allais aussi reprocher à Iñárritu, d'être en roue libre, aux manettes d'une farce apocalyptique trop longue, qui louche à la fois du côté de "Citizen Kane", de "Docteur Folamour" et de "Don't Look Up" qui ne se refuse aucune outrance.

Mais ces critiques me semblent tout bien considéré bien mesquines. "Digger" est un film sacrément ambitieux, à mille lieues au-dessus du tout-venant cinématographique. Il rassemble quelques uns des plus grands acteurs du moment : Tom Cruise qui, comme il l'avait déjà fait dans Magnolia, ose briser son image ultra-lisse, John Goodman, amaigri et méconnaissable, Riz Ahmed, Sandra Hüller, Jesse Plemons... Ses décors, notamment le manoir de Digger, mélange vertigineux de ranch texan et de palais arabe ultra-kitsch, sont à couper le souffle. "Digger" contient quelques scènes d'anthologie, notamment le discours fleuve du héros devant une assemblée (le Parlement européen ? le Bundestag et sa coupole post-moderne ?) où répondant aux parlementaires qui lui reprochent de détruire la planète, ils renvoient la responsabilité du dérèglement climatique aux consommateurs européens gloutons qui n'ont pas su renoncer à un mode de vie énergétivore.

Quant au scénario en quatre actes, les critiques nous disent, sans le dévoiler, qu'il contient un twist. Je ne crois pas que ce soit le mot exact. Toujours est-il que, ce qu'on y apprend au bout d'une trentaine de minutes donne à l'histoire une dimension inattendue. Le vrai twist, c'est celui du tout dernier plan, glaçant. Mais n'était-il pas attendu et prévisible ?
Naughty Doc

1 051 abonnés 540 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 septembre 2026
Sacrée proposition que ce Digger, sorte de confluent entre la satire de Dr Folamour, la mise en abime d'un Hail Caesar des Coen et le méta-textuel d'un Birdman.
C'est simple, le film n'est absolument pas ce que vend la promo, et j'avoue être admiratif du fait que Warner puisse donner 125 millions à un Iñàrritu capable de faire une telle proposition kamikaze et aussi déroutante au sein du système Hollywoodien actuel.
Car en l'état, ce Digger fonctionne, et souvent de manière admirable. En premier lieu via une pergormance formidable de Tom Cruise littéralement grimé en avatar de l'Oncle Sam, dans un rôle régulièrement outrancier qui laisse aussi à l'acteur le moyen d'offrir quelques respirations plus surprenantes. Tout le cast est au top (notamment Riz Ahmed et John Goodman), même si il faut le dire le principal défaut de Digger tient dans son manque d'équilibrage dans sa manière de faire dialoguer le réel, la fiction et l'anticipation.
C'est dommage, mais non rédhibitoire tant le film vise juste dans ses intentions, et est capable de proposer quelques séquences d'anrhologie (notamment un sacré monologue face à une assemblée qui à lui seul vaut le visionnage).
Le tout est d'ailleurs sublimé par la photo dingo de Lubezki, définitivement le plus grand chef opérateur contemporain. Certaines actrices auraient mérité + de temps d'écran (Sandra Huller et Sophie Wilde en tête), mais difficile de ne pas sortir de Digger avec le sentiment d'avoir vu une proposition lisse et consensuelle : this is cinema !
islander29

1 048 abonnés 2 715 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 septembre 2026
spoiler: La pièce de théâtre FOSSIL FOOLS existe t-elle
 ? En tout cas est elle le sujet de ce film parodique, qui se moque d’un certain DIGGER ( sorte de millionnaire américain qui fait des forages en Artique, l’un d’eux provocant la fin du monde. FOSSIL FOOLS ( mot à mot les plaisanteries fossiles) est destiné à réveiller les consciences de la planète, face à la menace des énergies fossiles. Le jour est célébré aux USA et au CANADA. Pour en revenir au film, c’est une sorte de farce, avec des moments plus ou moins drôles, DIGGER étant interprété par un TOM CRUISE méconnaissable, spoiler: Donc en est à la fois dans un film de fiction de dialogues écologiques menés par DIGGER dans diverses assemblées, à propos de la dérive d’un gigantesque iceberg, et l’on apprend peu à peu que tout ceci n’est qu’une pièce de théâtre.
Destinée à alerter les consciences. Techniquement le film est agréablement construit, manque seulement de musique, et se termine sur une scène de théâtre, comme il avait commencé. On peut trouver ce film brillant ou pas, en tout cas il est complexe et pas forcément accessible, au grand public. Quand le rideau tombe, faut il crier au Génie ? Certains penseront que oui, d’autres se seront ennuyés, je pense. À chacun de répondre , Innaritu nous tend un piège. Mais c’est pour notre bien.
Shawn777

833 abonnés 4 014 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 septembre 2026
Ce film réalisé par Alejandro González Iñárritu qui a tant fait couler d'encre avant même sa sortie et qui marque le retour de Tom Cruise à du cinéma "plus sérieux" (même si je n'aime pas trop ce terme) tout en ayant un rôle assez décalé retomberait presque comme un soufflé.
Nous suivons ici Digger Rockwell, un homme très puissant ayant fait fortune dans le pétrole qui ignore les avertissements de son équipe concernant une crevasse sur un glacier au Groenland causée par ses machines. Résultat : cela détache un iceberg qui menace de s'écraser sur l'Europe.
Sujet on ne peut plus d'actualité évidemment devant l'angoisse climatique amplement justifiée, d'autant plus avec des personnages très américains, très imbus d'eux-mêmes et très riches. Évidemment, là aussi, difficile de ne pas y voir un parallèle satirique avec notre réalité. Ces personnages, notamment Digger et le Président des États-Unis, jouent littéralement avec des continents et des vies, pour toujours plus de profits ou tentent de se racheter maladroitement une conduite (surtout une image) en se présentant comme les sauveurs du monde mais c'est encore une fois un échec.
Le réalisateur place tout ce petit monde dans une mise en abyme théâtrale plutôt habilement amenée, qui permet des plans sacrément ingénieux mais qui, dans le fond, n'apporte pas grand-chose à l'ensemble. Le réalisateur y apporte également de l'humour, quelques-fois bien dosé, quelques-fois un peu lourd, un discours donc à la fois environnemental mais également une satire politique, joue sur deux univers avec Digger et l'acteur qui l’interprète qui a également ses préoccupations etc., bref, beaucoup trop de choses condensées dans un film de deux heures qui en devient fatiguant.
Ça ne s'arrête jamais, on a quelques-fois des scènes assez lunaires auxquelles j'ai eu du mal à accrocher (comme l'espèce de procès par exemple), le tout dans un brouhaha permanent et même si Tom Cruise excelle dans son personnage et est parfois très drôle, le voir hurler en permanence peut, encore une fois, vite devenir fatiguant.
Bref, "Digger" est donc loin d'être inintéressant dans son propos, bénéficie d'une excellente mise-en-scène mais est riche, trop riche, ce qui donne un résultat plutôt inégal. Peut-être à revoir !
Ufuk K

627 abonnés 1 763 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 octobre 2026
"Digger" timidement noté par la critique, est une comédie noire qui ne tient pas ses promesses. Bien que le réalisateur mexicain oscarisé Alejandro G. Iñárritu propose un sujet prometteur, porté par une excellente performance de Tom Cruise (méconnaissable dans le rôle principal) et des critiques pertinentes sur l'ère Trump, le film finit par lasser. La narration, trop décousue entre réalité et fiction, aboutit à une œuvre nombriliste et ennuyante.
PLR
PLR

567 abonnés 1 806 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 octobre 2026
Étrange mise en scène cinématographique pour cette comédie noire, quelque peu satirique, allégorique, aux messages subliminaux. Le spectateur reconnaitra des personnages (notamment un puissant de ce monde, Président des États-Unis « par la volonté de Dieu et des électeurs américains » - sic -) et des situations (les catastrophes écologiques présentes ou à venir) qui ne relèvent pas de la coïncidence ou du hasard.

« Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite et ne pourrait être que le fruit d'une pure coïncidence » comme on lit parfois en avertissement. Pas ici !

Le mode narratif obéit à la technique de la pièce de théâtre dans le film. Il faut sans doute comprendre que c’est le théâtre du monde. L’un de nos Présidents déclara (Johannesburg, 2002) que « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Dans les dialogues de ce scénario : « On laisse les enfants dormir dans une maison où il y a une fuite de gaz et les parents chantent une berceuse pour qu’ils ne se réveillent pas ». Une parabole. Il y en aura plein d’autres.

Des constats et des mise en garde, mine de rien, sur le registre militant. Quelque peu dérangeant en matière de culpabilité individuelle et collective. Une fable. Manque la morale de fin pour que ça se termine finalement bien. C'est même très mal barré !
Direct-actu.fr

407 abonnés 568 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 septembre 2026
Digger, d'Alejandro G. Iñárritu, transforme la catastrophe en satire sociale où pouvoir, écologie et vérité deviennent une immense scène de théâtre.

Digger Rockwell (Tom Cruise), magnat du pétrole proche du pouvoir américain, doit affronter les conséquences d'une catastrophe dont son propre système porte une part de responsabilité. Face aux alertes de Ganesh (Riz Ahmed), chacun tente pourtant de préserver sa place, son récit et ses intérêts.

Un film autant acide qu'il est satirique. Cruellement vrai, montrant que la vie est une pièce de théâtre. On finit par confondre ce qui est du domaine du jeu ou du vrai. Le ton est très brusque, rappelle notre époque. Les enjeux entre écologie et économie. On ne peut pas faire de l'écologie et vouloir également de l'essence accessible à bas coût. Les rois du monde jouent-ils un jeu ? Le film montre l'art de la mise en scène, du smalltalk et des crises entre l'économie et l'intime.

Alejandro G. Iñárritu pousse cette contradiction jusque dans la forme. Tout devient spectacle, même la catastrophe, avec des personnages qui construisent leur propre réalité pour continuer à vivre avec leurs contradictions. Le film est drôle parce qu'il force le trait, inquiétant parce que cette absurdité reste toujours assez proche de nous.

Digger travaille ce brouillage entre l'artifice et le réel jusqu'à rendre le premier presque plus crédible que le second. Le pouvoir ne consiste plus seulement à décider, mais à contrôler le récit qui rend une décision acceptable. La satire devient plus mordante lorsque personne ne semble complètement extérieur au système dénoncé. Le spectateur reconnaît alors une mécanique ordinaire : vouloir préserver la planète sans renoncer au confort matériel qui participe à sa destruction.
Le double discours agit comme un mécanisme de défense collectif. Cette dissonance cognitive permet de reconnaître l'urgence tout en préservant ce qui l'alimente. Plus la situation devient grave, plus le langage parvient à l'absorber et à la banaliser. Nous savons, nous commentons, nous nous indignons, puis nous négocions le prix de l'essence.

Le film a des longueurs, porté par de longs dialogues et de nombreuses digressions. La distanciation brechtienne maintient parfois le spectateur à distance autant qu'elle le confronte aux contradictions des personnages. On peine par moments à tenir sur la durée, même si le fond reste alarmant et suffisamment important pour mériter d'être partagé.
Sylvain P

397 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 septembre 2026
Comédie apocalyptique, Digger est foisonnant. Dans un monde saccagé par les industries polluantes, un magnat tente d'orienter un président américain timbré. On est à la fois dans le monde actuel et dans un grand n'importe quoi brillant, drôle et visuellement bluffant, tel un décor de théâtre inventif. Du cinéma quoi!
garnierix

307 abonnés 608 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 octobre 2026
Malgré ce qui suit, l'auteur de ce film mérite un bravo parce qu'il est original, au moins dans l'intention.

C'est difficile d'exprimer ce qu'on ressent avec ce film (en sortant de la salle comme deux jours après). Ce seul constat est déjà révélateur... Et de fait, disons-le, on s'est plutôt ennuyé, on n'a ressenti aucune émotion, on n'en a aimé / apprécié à sa juste valeur ni le fond ni la forme. Sur le fond, le personnage principal du film est l'écologie et la politique ; sur la forme, c'est du théâtre filmé et son making of.

Il y a bien quelques moments de grandeurs, quand la grandiloquence (justement) est mise en scène - pour mieux (dé)montrer comment on manipule quelqu'un - ou comment le pire peut arriver, non à cause d'un individu puissant apparemment responsable, mais à cause d'une multitude d'irresponsables apparemment innocents. Ces moments de grandeur grand-guignolesque reposent sur le jeu de Tom Cruise. Ils auraient d'ailleurs suffi pour en faire un film drôle et moqueur - on se moque de tout, notablement du président américain, de ses sbires, de son dieu...

Mais qu'a-t-on à faire des états d'âme d'un personnage surgissant dans le décor si ça n'interfère pas dans le drame en cours (dans le film et chez le spectateur) ? Rien, évidemment. Or c'est le cas ici quand Tom Cruise passe de Digger à l'acteur qui joue Digger. Ce n'est pas que cette mise en abîme complique les choses ; c'est juste qu'elle n'apporte rien. Et l'on regrette qu'elle n'apporte rien (au film et au spectateur) : ni drôlerie, ni drame, ni émotion. C'est d'ailleurs la même chose avec les états d'âme d'autres personnages de cette mise en abîme (la metteuse en scène, le producteur)...

S'il tenait à cette mise en abîme, le réalisateur aurait pu en rester à la scène finale du film (moment mémorable), dont l'idée nous rappelle d'ailleurs l'excellente scène finale de la Planète des Singes (le film de 1968). Mais juste avant le générique de fin, un graffiti énonce "compliance is freedom", concept clé du monde des affaires, que le sous-titrage traduit (librement) par "l'obéissance est la liberté". Cela aide-t-il à se convaincre que l'auteur du film a pris un parti, délivré un message ? Ça augmente plutôt la confusion sur le sens du film...
Joce2012
Joce2012

267 abonnés 780 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 30 septembre 2026
Je n'ai pas tenu jusqu'au bout et je n'ai pas été la seule, trop décalé, trop tout court, trop satyrique, trop long ça devient lourd et ennuyeux
Frédéric M.
Frédéric M.

250 abonnés 2 217 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 octobre 2026
Je n'arrive pas à me prononcer sur ce film. Il a le mérite déjà d'etre très bien joué (chapeau à Tom Cruise pour la performance). C'est satirique, ironique, assez cru, assez drole. Un film un peu OVNI. Il y a cependant quelques longueurs. Mais j'adore le coté critique autour de la crise du pétrole.
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