107 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
18 critiques spectateurs
5
1 critique
4
3 critiques
3
5 critiques
2
6 critiques
1
3 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
inspecteur morvandieu
92 abonnés
4 231 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 19 février 2024
"Judex" est exemplaire de sobriété, de dépouillement, et rétrospectivement le film de Franju apparait comme l'anti-thriller. Mais qu'on ne s'y trompe pas, la simplicité et la naïveté apparentes du film sont la formule d'un brillant exercice de style. A la façon de Louis Feuillade, auteur d'un film homonyme de 1916 à qui il rend hommage, Franju met en scène une intrigue policière aux confins du cinéma fantastique. En dépit de leur caractère rocambolesque, les nombreux rebondissements et péripéties du récit n'enlèvent rien à la vraisemblance de l'action et de la mise en scène. L'approche du cinéaste ne procède ni de la parodie ni de l'esbroufe; Franju ressuscite les personnages et l'esprit du genre littéraire feuilletonnesque d'une certaine époque dont Judex, justicier occulte, est l'émanation. Volontiers taciturne, le film préserve son mystère en bannissant les dialogues inutiles, les effets spectaculaires ou les explications de texte. Le scénario, où Judex condamne un banquier véreux à se dépouiller de la moitié de sa fortune sous peine de mort, s'enrichit de scènes d'un formalisme séduisant autant qu'étrange. (pour exemple: spoiler: la silhouette animale de l'ennemie de Judex lorsqu'elle revêt sa moulante combinaison noire). Mais le talent essentiel du film est encore de réveiller la candeur enfouie, le goût de l'énigme qui sommeillent en nous.
Hommage aux romans d'aventures, aux films muets, mais surtout au feuilleton homonyme tourné par Louis Feuillade en 1916. Les rebondissements s'enchaînent, les forces du bien et du mal s'affrontent... Déguisements, passages secrets, suspense, rien ne manque à ce bon divertissement un peu kitsch, où le sérieux côtoie l'humour et la poésie. Sorti en pleine Nouvelle Vague, Judex apparaît comme un "anachronisme" nostalgique. L'acteur Channing Pollock était surtout connu à l'époque pour ses talents de prestidigitateur.
Bon début qui dépeint bien les caractères. Puis vient la magistrale scène du bal masqué sur un air de Jarren, clou du spectacle mais aussi... bouquet final. Problème : il reste encore une heure de métrage. En fait, la suite bascule dans un récit naïf et linéaire – type Fantômette – où les personnages (mal joués de surcroît) agissent plus bêtement les uns que les autres. On reverra "Les yeux sans visage" ou "Le sang des bêtes" pour se souvenir de Franju...