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Rideau sur l'Écran
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3,0
Publiée le 1 décembre 2025
"Eleanor The Great", est le premier long de Scarlett Johansson : à travers la mémoire de la Shoah et le tabou du deuil, le film déploie une douce humanité. Le personnage d’Eleanor, vieille dame de 94 ans interprétée par June Squibb, pétillante et tranchante, incarne un mélange rare de vitalité et de gravité, et impose une présence admirable. L’alchimie entre générations, l’amitié improbable, les souvenirs troublants, tout cela forme un drame sensible qui touche juste. On regrette en revanche un récit parfois trop prévisible, emprunt d’une mise en scène très "à l’américaine", avec ses envolées lyriques (notamment ce monologue très artificiel du père lors de son émission de télé) qui alourdissent un matériau initial prometteur. Un joli coup d'essai néanmoins.
Un drame qui propose quelques questionnements. Tout part d'un mensonge en rapport avec l'holocauste, porté par le chagrin et la solitude liés à la perte d'un être cher. Et ce mensonge, devenu engrenage, va créer de belles rencontres et finalement relier des personnes qui se sont éloignées. S. Johansson signe une œuvre sensible mais aussi larmoyante, à la réalisation académique dont certaines scènes ne sont pas pensées au mieux.
Pour sa première réalisation, l'actrice Scarlett Johansson offre un film tendre et touchant sur le deuil, l'amitié, la solitude et le mensonge.
June Squibb, 96 ans, porte le film sur ses épaules. Elle est irrésistible, à la fois drôle, fragile et lumineuse dans ce rôle de vieille dame qui se réinvente un passé pour survivre au présent.
Mais très vite, l’émotion sincère se retrouve engluée dans une mise en scène trop sage, trop appliquée, trop académique. L'ensemble sent même le trop-plein de bons sentiments, souligné par une musique envahissante, faite d'un piano et de violons omniprésents, qui viennent saupoudrer de pathos des scènes qui auraient pu se suffire à elles-mêmes, comme si l'actrice/réalisatrice, redoutant que l’émotion n’émerge pas naturellement, s'était appliquée à indiquer lourdement au spectateur ce qu’il doit ressentir.
L'on peut également reprocher au film de trop se détourner de son sujet principal, par le biais d'une sous-intrigue à l'intérêt discutable, comme s'il n’osait pas se concentrer et aller au bout de sa propre audace narrative et traiter de front la question potentiellement explosive du mensonge identitaire autour de la Shoah.
Eleanor the Great reste un objet tendre et sincère, porté par une actrice principale bouleversante et une vraie envie de bien faire, mais dont la naïveté, dans le fond comme dans la forme, vient parfois rappeler les codes des téléfilms de Noël. On aurait aimé que Scarlett Johansson prenne plus de risques.
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3,0
Publiée le 28 novembre 2025
Après le décès de sa meilleure amie, Eleanor part s'installer chez sa fille qui ne peut pas lui accorder beaucoup de temps. Une solitude qu'elle comble au contact de Nina, une étudiante en journalisme intriguée par l'histoire de sa vie... Une histoire qui rapproche les deux femmes qui tentent de surmonter une difficile épreuve. Leur attendrissante relation est le cœur du premier long-métrage de Scarlett Johansson en tant que réalisatrice. Les scènes que June Squibb et Erin Kellyman partagent sont pleines de vie et réconfortantes. Il y a toujours les dessous de cette confession qui planent comme une épée de Damoclès et la résolution de ce mensonge est plutôt satisfaisante. On peut voir ça comme une justification facile ou comme un devoir de mémoire pour une personne qui n'a pas pu raconter son histoire de son vivant. Dans l'ensemble, "Eleanor the Great" est un petit film tendre, digne, amusant et touchant qui n'avait pas besoin d'être aussi mélodramatique pour transmettre des émotions.
Le plus surprenant dans ces 98 minutes de comédie dramatique c’est que ce symbole du glamour qu’est devenue Scarlett Johansson durant sa carrière d’actrice, ait choisi ce sujet pour son 1er passage derrière la caméra. Eleanor Morgenstein est une femme de 94 ans pleine d’esprit et pétulante. Après une perte bouleversante, elle raconte une histoire qui prend un tournant dangereux. Hommage aux rescapés de la Shoah qui, encore traumatisés par les crimes qu’ils avaient subis, avaient refait leur vie en Amérique. Sensible, souvent très drôle et surtout porté par une incroyable actrice de 94 ans, ce film est une véritable réussite et une excellente surprise. La scénariste du film, s’est inspirée de sa propre histoire familiale pour écrire cette histoire. De son côté, notre actrice et réalisatrice a un lien particulier avec cette page sombre de l’Histoire puisqu’elle a appris en 2020 que son arrière-grand-oncle et sa famille avaient péri dans le ghetto de Varsovie. Aussi a-t-elle fait appel à plusieurs rescapés de la Shoah, rencontrés grâce au soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et d’autres organisations, pour camper les membres du groupe de parole du centre communautaire juif. On est toujours curieux de voir ce que donne le passage derrière la caméra d'un acteur ou d'une actrice qui sont d'ailleurs de plus en plus nombreux à sauter le pas. Ici le sujet, rejoint celui de Marco, l’énigme d’une vie. Mais le traitement de la néo-réalisatrice est nettement moins à vif, évoquant pourtant un mensonge a priori monstrueux, une imposture impardonnable, mais en prenant d'emblée le contrepied du cynisme et de la dénonciation, elle fait le choix de la tendresse et de la compréhension, voire de la légèreté, envers cette nonagénaire pétulante et sympathique, à la langue pour le moins acérée. Même si l’on peut regretter la musique sirupeuse qui souligne lourdement chaque moment d’émotion – et ils sont nombreux -, le personnage principal est formidable. Malheureusement tous les autres sont moins bien définis. L'histoire souffre de raccourcis un peu brusques et il manque un peu de finesse et d'approfondissement. Mais pour un 1er film, au sujet plus que délicat, la star du dernier Jurassic World, Lucy, Black Widow, Avengers, Captain America – liste non exhaustive -, à mille lieues de son univers habituel, réussit son coup dans un registre intimiste et douloureux. A découvrir. Tout comme June Squibb, - qui a l’âge du rôle – qui est éblouissante en très vieille dame indigne. Une incroyable découverte d’une actrice cantonnée jusque là à des rôles mineurs dans des séries TV encore plus mineures. Autre belle découverte avec la jeune Erin Kellyman, bien entourée par Chiwetel Ejiofor et Jessica Hecht. À l'heure du passage de relais entre les témoins de la Shoah et la troisième, voire quatrième génération, la question se pose, cruciale : que peut-on encore transmettre quand on n'a pas connu soi-même dans sa chair ou dans sa prime enfance le vécu ou le récit de ce traumatisme ? Le risque de la banalisation n'est pas loin. Prendre le point de vue des ennemis peut être un recours – comme dans La Zone d'intérêt de Jonathan Glazer ou La Fabrique du Mensonge de Joachim Lang -, mais c'est aussi un aveu d'impuissance de ne plus pouvoir opposer à l'Histoire la parole des survivants. Un film somme toute utile.
Scarlett a pris le risque de passer derrière la caméra, et l’essai est brillamment transformé ! Elle nous offre un film touchant, émouvant, porté par une héroïne de plus de 90 ans qui nous délivre une véritable leçon de vie. Le film aborde des thèmes forts , la perte des proches, l’Holocauste, la solitude, l’amitié , mais jamais il ne sombre dans le pathos. Grâce à une touche d’humour subtile et parfaitement dosée!!! Un premier film sensible, humain, qui réussit à parler de sujets lourds avec grâce et délicatesse. Une belle réussite!!
Il faut avoir le cœur très sec pour ne pas être touché par le récit volé de cette vieille dame qui rend, en lui empruntant son passé, un hommage vibrant à sa très chère amie disparue
L’interet de ce film reside entièrement dans la decouverte de cette merveilleuse actrice Junn Squibb (qui a deja fait carriere auparavant) ici elle joue le role de sa vie pour notre plus grand plaisir : humour, personnalité et une grande vitalité. Elle defonce tout… mais du coup il ne reste pas grand chose en face. Ni le scenario (trop pudding ramassé qui fini par etre lourd), ni les autres acteurs, ni la mise en scene (manque de rythme qui fini par endormir presque) n’arrivent à redresser la barre. Le sujet pourrant est enorme… l’usurpation d’identité (accodentelle ou non) pour retrouver de la vitalité, des liens et de la joie tour en commettant une chose « disons apriori impardonnable, mais pour la bonne cause ». Le sujet est certes potentiellement sensible, mais je trouve qu’un ou une realistrice different(e) comme Woody Allen par exemple, en aurait fait une merveilleuse comédie grinçante !
C'est précisément pour un film comme celui-là que j'aime aller au cinéma !
C'est un sujet délicat qui pourrait être casse gueule sur le papier mais qui est traité avec une telle délicatesse et sensibilité qu'on ne peut qu'être touché.
On sent que ce sujet tient à coeur à Scarlett Johansson qui, pour sa première réalisation, a mis tout son cœur dans ce film. Les personnages sont approfondis et attachants. On sent que ce film est réalisé par une actrice car elle prend le temps de développer les personnages et de leur donner une consistance.
June Squibb est formidable ! Du haut de ses 96 ans, elle porte le film à bout de bras : avec sa langue bien pendue, on s'attache immédiatement à elle !
Sur cette femme, aucun jugement n'est posé. Quand on vit 11 ans avec sa meilleure amie, on s'imprégne de l'autre et de son histoire. Je déteste le mensonge mais la solitude est tellement pesante que je comprends comment on peut arriver à un tel extrême pour lutter contre elle.
J'ai également été touchée par le duo quelle forme avec Erin Kellyman qui a un grand talent !
Ces deux femmes qui vivent un deuil se rapprochent et se comprennent malgré les années d'écart et j'ai trouvé leur relation émouvante.
C'est un film sur la solitude, le deuil, l'amitié transgénérationnelle et le poids du passé. On se rend compte que la douleur est ressenti de la même façon peu importe son âge.
C'est un premier film réussi qui a tiré une flèche qui s'est plantée au plus profond de mon coeur.
Lorsqu’un ou une actrice se lance dans la réalisation, il est important de regarder le résultat rien que par curiosité. Évidemment Scarlett Johansson n’est pas la première à passer le pas, mais elle n’était pas la plus attendue dans ce domaine.
Quoi qu’il en soit, le film “Eleanor The Great” est une bonne surprise car le film est un des films les plus marquants de l’année et dans le bon sens du terme. La mise en scène (peut-être par manque d’expérience) n’est pas artificielle et too much, elle est pure. Et le scénario est extrêmement touchant et complet.
Concrètement, la réalisation n’est pas superficielle, le montage est relativement posé et laisse une place très importante au silence faisant monter la tension et les émotions. Sans compter que les musiques sont très belles. En ce qui concerne l’imagerie, elle est naturelle, c’est-à-dire qu’il n’y a aucune modification inutile de la photographie ; les couleurs et les décors sont beaux tels quels. Il est très important de notifier l’intelligence du montage et du rythme qui permet de connaître plusieurs points de vue à la fois et surtout, il est important de noter la pertinence du dernier plan.
En bref, la réalisation est sobre et n’a pas besoin de plus. Entre silence et dialogue, Scarlett Johansson a totalement maîtrisé son sujet.
Quant au scénario, il est très intéressant avec un pitch très pertinent et intriguant. Il rend hommage à l’Histoire, à une période difficile, à une communauté et religion, à une génération et également au métier de journaliste. En soit, les sujets traités sont cohérents et complets. Ensuite, la narration est prenante et cohérente avec son sujet laissant le temps d’exposition et laissant au spectateur le temps de s’attacher au personnage. Effectivement, ils sont tous suffisamment attachants ou suffisamment développés en peu de temps (sûrement grâce à l’expérience d’acting de la réalisatrice). Sinon, la morale de l’histoire est assez didactique mais le schéma narratif apporte suffisamment de nuance pour ne pas croire à un manichéisme.
Succinctement, le scénario est très bon avec des archétypes qui sortent de leur clichés et une narration prenante, impactante et un récit extrêmement touchant et pertinent.
Il ne fallait pas une mise en scène haute en couleur pour illustrer un scénario comme celui-là. Scarlett Johansson a su trouver le bon dosage entre émotivité, silence et baisse de rythme afin que le spectateur se sente impliqué dans son intrigue.
Mission réussi pour “Eleanor The Great” qu’il faut impérativement voir.
Ai vu « Eleanor the great » le premier film de la comédienne américaine Scarlett Johansson. Son film a été présenté dans la Sélection Un Certain Regard au Festival de Cannes en mai 2025. Cela fait des mois que les petits films d’auteur américains ne parviennent plus jusqu’en Europe. La grève des scénaristes à Hollywood a probablement tari le marché, et la mode des blockbusters et des super-héros ne permet plus à ce genre de film d’être produit. C’est donc avec un grand bonheur que j’ai assisté à la projection de ce film qui oscille entre le feel-good movie, film d’amitié inter-générationnel et le film de mémoire sur l’holocauste où l’on passe du rire à la petite larme. Le sentimentalisme et le léger pathos se mêlent pour illustrer le travail de mémoire, le deuil, l’amitié, la culpabilité… Eleanor Morgenstein a 94 ans (June Squiibb qui a le même âge que son rôle est phénoménale) à la suite d’un deuil inattendu part vivre à New-York chez sa fille pendant quelques mois. A la suite d’un concours de circonstance, la vieille dame raconte dans un groupe de parole une histoire intense et dramatique. Les conséquences de sa prise de parole vont la dépasser et lui faire rencontrer la jeune Nina (excellente Erin Kellyman) qui fait des études de journalisme. La grande force du film est son quatuor d’actrices (Rita Zohar, Jessica Hecht) superbement dirigées. Le scénario original, la mise en scène, la musique peuvent paraitre très américains parfois avec une fin appuyée, des raccourcis un peu faciles, un manque d’audace cinématographique et un peu trop de bons sentiments…. Mais le projet est honnête, habité et surtout très sincère. En conclusion, Eleanor et son actrice sont de vraies tornades qui envahissent tout et arasent toutes les réserves sur leur passage. Un film sans prétention, empli de bienveillance qui fait du bien. Idéal pour un dimanche d’hiver gris et pluvieux.
une histoire bouleversante ....Le ton comique qui est donné au démarrage du film est un peu perdu de vue et laisse place au sentimentalisme et c'est un peu dommage. malgré tout tant l histoire que les personnages sont très attachants.
Un film très classique dans sa réalisation. La bienveillance des personnages fait de ce film un mélo malgré le sujet grave et les bons sentiments l'emportent, empêchant d'être vraiment transporté par ce film.
Un choix intelligent pour un premier film. Même si Scarlett Johansson n'est pas (ou pas encore, nous verrons bien la suite) une cinéaste chevronnée elle a eu la bonne idée de choisir un scénario avec des sujets forts (l'amour, la légitimité, le devoir de mémoire, la transmission...). Même si la mise en scène n'est pas très inventive, souvent convenue et de temps en temps franchement trop explicite, la direction d'acteurs, est sans faille. Consciente de ses lacunes et de ses forces. Un très bon moment donc, on se laisse embarquer dans la vie de cette nonagénaire pétillante et meurtrie, prise malgré elle dans une mise en lumière qu'elle ne soupçonnait pas. Cela nous embarque doucement sans pathos ni excès de bons ou de mauvais sentiments, le bateau arrive à bon port sans que la route soit trop prévisible, et c'est déjà très bien.