"Eleanor The Great" est, aussi surprenant que cela puisse paraître, le premier film de Scarlett Johansson en tant que réalisatrice. Honnêtement, rien que par cette accroche, j'ai été très intrigué par le fait de découvrir ce projet. Dotant plus que, par l'intermédiaire d'un passage dans plusieurs festivals, le long-métrage avait réussi à se faire remarquer. Alors, après avoir vu le film, je dois dire que je comprends la petite attention que certaines personnes lui ont portée, même si j'ai mes réserves vis-à-vis de ce dernier. Pour moi, il est clair que réaliser un projet de la sorte en tant que premier film est plutôt encourageant, même si l'ensemble n'a pas forcément pour but d'être très original. Que ce soit dans la réalisation, la photographie ou dans le déroulé de la trame narrative, le projet est extrêmement prévisible. Nous sommes face à ce type de productions très calibrées, axées avant tout sur les échanges, et qui ont pour but de nous faire tirer quelques larmes. Le schéma est donc assez classique, surtout dans l'approche du gros rebondissement de fin. Cependant, une trame classique ne veut pas forcément dire qu'elle est inefficace, et ce film en est un bon exemple. Traitant d'un sujet assez sensible, je trouve que le projet réussit à développer une thématique assez honnête sur l'identité et sur le devoir de mémoire. Et pour moi, je trouve que cet aspect est vraiment porté par le casting, la plupart des acteurs étant réellement bluffants. Évidemment, je pense à June Squibb, qui réussit à dégager cette tranquillité de l'âge, tout en ayant de vrais moments plus relâchés, voire comiques. Mais je peux également parler d'Erin Kellyman, que j'ai trouvée très touchante dans ces séquences d'émotions. Et je pourrais même aller jusqu'à toucher un mot sur Rita Zohar, qui est assez peu présente dans le film, mais qui réussit à être absolument saisissante de justesse dans les rares séquences où elle apparaît. Et pour moi, cet ensemble prouve déjà que Scarlett Johansson est une réalisatrice avec beaucoup de potentiels. Si elle a réussi à obtenir le meilleur de ces comédiens dès son premier long-métrage, alors cela ne présage que du bon pour la suite. Maintenant, il est clair que son approche visuelle devra prendre en importance, car on sent encore quelques lacunes. Je pense surtout aux 10 premières minutes du film, qui m'ont vraiment semblé être un peu mal montés, comme si les plans ne s'enchaînaient pas correctement pour une lecture cohérente. Mais heureusement, cette impression s'est assez vite estompée, car, même si elle a quelques difficultés, elle sait quand même réussir à apaiser son style pour faire ressortir les prestations du casting. Et en vérité, je pense que c'était clairement l'idée initiale du projet. Si l'ensemble est classique, je pense qu'il mérite vraiment le coup d'oeil, car j'ai vraiment pris du plaisir à voir une telle cohérence dans le jeu de ces acteurs. On sent que le sujet les a touchés, et leur prestation renforce le sujet global. On en ressort donc en se disant que l'on n'a rien vu de fondamentalement nouveau, mais que le résultat est suffisamment intéressant pour espérer une belle carrière de réalisatrice à cette comédienne. Pour conclure, un ensemble efficace.