Eleanor The Great
Note moyenne
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traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 octobre 2025
On est toujours curieux de voir ce que donne le passage derrière la caméra d'un acteur ou d'une actrice qui sont d'ailleurs de plus en plus nombreux à sauter le pas. À l'opposé du premier film éruptif de Kirsten Stewart, Scarlett Johansson emprunte un cheminement bien plus classique, dans sa forme, et sa mise en scène dans Eleanor the Great est, c'est vrai, assez peu marquante. spoiler: Son sujet, lui, rejoint celui de Marco, l’énigme d’une vie, lui-même inspiré d'un personnage réel. Mais le traitement de la néo-réalisatrice est nettement moins à vif, évoquant pourtant un mensonge a priori monstrueux, une imposture impardonnable
Mais le film prend d'emblée le contrepied du cynisme et de la dénonciation, en lui opposant la tendresse et la compréhension, voire la légèreté, envers cette nonagénaire pétulante et sympathique, à la langue acérée, mais néanmoins bouleversée par la perte d'un être cher. Eleanor the Great c'est aussi une histoire de deuil pour deuil, entre ses deux protagonistes principales, séparées par plus de 70 ans, d'identité et de transmission et même, par une voie souterraine, du travail de journalisme (toujours doubler ses sources), devant la prolifération de Fake News. Si Scarlett Johansson s'en sort avec les honneurs et avec une émotion tout juste forcée, mais réelle, elle le doit à son impeccable direction d'un duo d'actrices magnifiques : June Squibb, éblouissante vieille dame indigne, et Erin Kellyman, tout en fraicheur et candeur. Toutes leurs scènes ensemble témoignent d'une évidente alchimie.
Audrey L

806 abonnés 2 857 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 juin 2025
Eleanor est une petite mamie (au grand caractère) qui perd sa compagne, et doit, la mort dans l'âme, aller habiter chez sa fille, sauf que cette dernière ne veut pas d'elle constamment dans les pattes : Mamie, tu iras à la chorale ("La chorale, oh non, c'est pour les vieux !"). Mais le Jour-J, au centre d'activités, Eleanor se trompe de porte, et s'incruste malgré elle dans un groupe de paroles pour rescapés de la Déportation. Comprenant son erreur, Mamie Eleanor ne va pourtant pas se défiler, s'excuser, et changer de salle, non : la voici qui commence à raconter une histoire, impossible à inventer, qui lui tient particulièrement à cœur... On n'en dira pas plus, mais on avouera seulement ceci : Eleanor the Great est le film qui nous a le plus plu dans ce Cannes 2025, alliant une actrice principale stupéfiante de sincérité, une mise en scène qui ressemble davantage à un réalisateur aguerri qu'à Scarlett Johansson qui dirige pour la première fois (chapeau !), et surtout à un scénario magnifique. Oscillant toujours entre le rire et la larme, entre le respect profond des récits de vie fracassés après la Seconde Guerre Mondiale et l'envie de faire un film léger (la mamie est hilarante à envoyer des piques à tout le monde), qui met à l'honneur les amours diverses (sans même brandir de pancartes, spoiler: le personnage de la petite journaliste qui galère avec sa vie amoureuse envers une copine est très attachante, et on ne peut s'empêcher de comprendre le parallèle avec la "colloc et plus" de la mamie...
). Quand on comprend que, depuis le début, la mamie tient à raconter son faux-récit car il s'agit spoiler: de l'histoire de sa défunte femme, et que c'est le seul moyen pour elle de la faire revivre un instant
: froissements de mouchoirs et mouchages (pas discrets) en salle Debussy, et nous même les mains déjà écartées pour ne pas perdre une seule seconde lors du "cut au noir" de fin pour applaudir généreusement. On n'a visiblement pas été les seuls à avoir négligé le mouchoir ("ça sèchera") pour applaudir : le titre n'a pas eu le temps d'apparaître sur l'écran noir, qu'un brouhaha joyeux, reconnaissant, ému, a retenti. Il y a des applaudissements de politesse qui ne trompent personne (quand l'équipe du film est présente), mais à l'inverse, dans les séances de reprise à 8h du matin, sans équipe, il y a des triomphes qui sont une véritable communion du public, aussi sincère que peut l'être cette comédie dramatique à la mamie ravageuse, au scénario brillant de finesse, aux gags bien trouvés, aux répliques cinglantes qui se notent pour les ressortir, au final gorgé de respect pour le troisième âge et toutes les cicatrices de la vie qu'il dissimule. Eleanor, elle est en or.
Guillaume LR
Guillaume LR

43 abonnés 157 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mai 2025
Vu au festival de Cannes 2025.
Excellent premier film de Scarlett Johansson qui questionne avec humour et poésie sur le deuil, la vérité, le devoir de mémoire, le lien intergénérationnel, et la famille.
Magnifiquement interprété notamment par June Squibb et Erin Kellyman, le film parvient à émouvoir aux larmes tant la sincérité déborde devant et derrière la caméra.
Les cadrages sont maîtrisés, les dialogues font mouche et même si on s'attend aux rebondissements et dénouement, on prend plaisir à se laisser émouvoir et à verser une petite larme.
garnierix

306 abonnés 592 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 novembre 2025
Rarement on a vu un synopsis ET une bande-annonce en dire aussi peu sur un film : le vrai sujet n'est pas mentionné. On ne peut donc pas le mentionner sans spoiler. Conséquence frustrante : on n'en parlera pas.

Le sujet aurait-il pu concerner une personne jeune ? Oui. Pourquoi avoir choisi une personne de cet âge ? Sans doute pour pouvoir amener l'évocation de très vieux événements, en l'occurrence l'holocauste (c'est le choix de l'auteur). Mais c'est aussi pour admirer une performance : l'actrice de 94 ans (June Squibb) a l'âge du personnage qu'elle joue, et c'est déjà une raison de voir ce film, parce qu'elle est extraordinaire (vivacité d'esprit et clarté de la diction -il faut voir le film en VO).

Des scènes clés évoquent le bonheur partagé d'être deux, puis la solitude du deuil, pour déboucher sur le sujet du film, traité comme un véritable trouble post-traumatique (ce que fait la "victime" après un traumatisme semble n'avoir aucune logique aux yeux des autres). Le contexte voulu de l'histoire fait qu'alors une partie des scènes évoque le judaïsme (notamment le puissant récit de Jacob et Esaü), une autre l'holocauste, et une dernière la façon dont est perçu ce trouble par le reste du monde : la famille de cette dame, ses amis... et le public ! -on a trouvé un peu gros que le père de la jeune fille en fasse un show à la télé, mais après réflexion, non. Ça dénonce avec force les tabous autour du deuil, et ceux qui prônent sans savoir qu'il faut "aller de l'avant" -les gens ont parfois besoin d'une claque pour comprendre.

Cela dit, ce film est pour qui ? Les traumatisés ? Les endeuillés ? Les vieux ? Les psys ? Comme souvent, il est pour les autres (qui évidemment ne le verront pas). À lire des critiques de presse (comme des spectateurs du reste), on sent bien qu'on entre ou pas dans ce film selon qu'on a vécu ou pas vécu. Vécu quoi ? - Vécu l'amour, la mort. Faute d'avoir une expérience personnelle sur ces deux questions à la fois, le spectateur peut rester de marbre et ne voir que les murs (la musique, le pathos) ; tandis qu'au contraire avoir touché l'amour et la mort permet de pénétrer le monde des âmes et des fantômes, et surtout de les respecter. Vu comme on traitait la mort au temps des pharaons, quelqu'un de ce temps comprendrait Eleanor...

Scarlett Johansson n'a pas fait un film facile. C'est un film paradoxal, fait pour ceux qui ne peuvent pas le comprendre ! Pour comprendre ce film il faut parler sa langue. Quelqu'un ne parlant pas le chinois ne comprendrait pas un conteur chinois. La langue du film, c'est l'expérience de l'amour et de la mort. Sans elle, vous chercherez une logique que vous ne pouvez pas atteindre et vous risquerez d'en conclure qu'il est mauvais (c'est un film de niche, qui d'ailleurs a été à Cannes dans la catégorie "un certain regard"). Il y a une chose que "les autres" peuvent découvrir à l'occasion : mentir n'est pas mauvais en soi, tout dépend de l'intention.
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 septembre 2025
Qui est le film ?
Eleanor the Great est le premier long métrage réalisé par Scarlett Johansson. Présenté à Cannes dans la section Un Certain Regard, il a immédiatement attiré l’attention : un projet modeste en apparence, mais porté par une actrice qui, pour la première fois, passe derrière la caméra. Johansson y dirige June Squibb dans le rôle-titre, entourée de Jessica Hecht, Chiwetel Ejiofor et Erin Kellyman. La mécanique dramatique est simple : une femme très âgée, endeuillée, quitte sa ville pour recommencer en cherchant du lien à New York ; elle se lie d’amitié avec une génération très différente (une étudiante de 19 ans) et, pour obtenir de la compagnie et surmonter son deuil, s’empare d’une identité narrative (la figure de la survivante, ici du génocide).

Que cherche-t-il à dire ?
Eleanor the Great se présente comme un petit film de personnage (une histoire sur le vieillissement, la solitude et la manière dont les histoires fabriquent du lien) mais il travaille aussi, sous la surface, une série de paradoxes moraux : la tentation de l’appropriation identitaire, l’usage consolatoire du récit face au deuil, et la façon dont l’empathie peut facilement basculer en exploitation.

Par quels moyens ?
Je préfère commencer par l'évidence. C’est un film qui s’habille des codes du cinéma américain le plus formaté, comme s’il cherchait à s’assurer une reconnaissance immédiate par l’imagerie qu’il convoque : grands cadres propres, écriture huilée, progression dramatique maîtrisée jusqu’à l’artifice. Tout respire la fabrication calibrée, et l’omniprésence des marques (Uber, Coca, Fanta, Starbucks) ne fait qu’ajouter à cette impression d’un récit aseptisé.

Mais peu à peu, derrière l’armature trop visible, il y a dès les premières minutes un autre film possible. Les premiers plans, dans leur fragilité, laissent deviner un espace d’émotion plus brut, où les personnages auraient l'occasion de pleinement exister. Et cette fragilité se déploie en une matière plus vaste. Là où le film semblait condamné à la platitude d’un geste standardisé, il retrouve une densité inattendue, qui lui permet de résister à sa propre mise en forme lissée.

C’est dans cette tension que le film prend corps. La forme ne fait pas obstacle au récit, au contraire elle le rend plus lisible. Le cœur se déplace vers la narration, vers la manière dont des sujets lourds se trouvent traversés par l'humour et une légèreté qui n’efface jamais la gravité mais la rend partageable. Là se situe la réussite : une œuvre capable de faire coexister la douleur et le rire, la fragilité et l’énergie.

Les actrices les plus âgées, souvent laissées en marge dans ce type de production, trouvent ici un espace d’expression rare. Leur présence impose un autre rythme, une autre densité. C’est là, dans cet écart entre le conditionnement de surface et l’émotion, que le film gagne en intensité et justifie qu’on s’y attarde.

June Squibb est au centre d’un dispositif qui exige ambiguïté et charme corrosif : elle est à la fois attachante et légèrement offensante. L'actrice rend compte de la dimension contradictoire d’un personnage qui fait du bien et du mal par les mêmes gestes. Les seconds rôles (Chiwetel Ejiofor, Jessica Hecht, Erin Kellyman) composent autour d’elle des figures d’interrogation morale.

Ici, le moteur psychologique du film est le besoin de connexion après une perte. Johansson et le scénario montrent avec beaucoup de tact comment la narration peut jouer le rôle d’un « colmatage » émotionnel : l’énonciation répare, arrange, permet la présence d’autrui.

Le film joue souvent sur le mélange du comique (la répartie d’Eleanor, le burlesque des situations intergénérationnelles) et du tragique (le poids du passé, la violence symbolique de la manipulation). Le propos formel de Johansson consiste à faire sentir que l’humour et la tendresse peuvent servir aussi bien à guérir qu’à dissimuler une faute.

Il y a aussi, dans l’air culturel contemporain, une sensibilité forte autour de la façon dont les récits de violence collective sont transmis (témoignage vivant vs. patrimonialisation). Eleanor the Great se place précisément au point de friction : d’un côté la nécessité de transmission (les victimes vieillissent), de l’autre le danger de récupération (les récits deviennent outils identitaires, performatifs, ou instruments de liaison personnelle). Et prendre à son compte la parole d’un groupe opprimé pose la question : qui a le droit de parler pour qui, et quand le désir de se relier devient-il une forme d’usurpation ? Johansson a pris la précaution de travailler avec des survivants réels et la Shoah Foundation, ce qui montre une conscience éthique de la part de la réalisatrice et sa production.

Où me situer ?
J’admire l’espace que Johansson ouvre aux corps âgés. Mais je regrette l’auto-satisfaction de certains choix : l’esthétique lisse, presque publicitaire, neutralise parfois cette puissance en l’enrobant dans un vernis de joliesse. Au lieu d’accompagner la rugosité de ces corps, elle les adoucit, comme si la mise en scène craignait la vérité nue du vieillissement qu’elle prétend pourtant accueillir. Qui plus est, c’est un film qui m’a atteint au plus intime. J’y ai ri de bon cœur et j’y ai aussi pleuré. Cette oscillation entre le rire et les larmes, entre la légèreté et le poids du réel, m’a bouleversé.

Quelle lecture en tirer ?
Eleanor the Great est un film qui reste au-delà de ses maladresses. Il s’impose comme une œuvre fragile et généreuse, et où la légèreté n’efface jamais la gravité mais l’accompagne avec justesse.
donniedarko1
donniedarko1

72 abonnés 258 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 mai 2025
Premier essai concluant pour Scarlett. Un film à la facture plutôt classique mais non dénué d’humour.
selenie

7 445 abonnés 6 653 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 novembre 2025
Sur une thématique similaire, Scarlett Johansson offre un petit bijou entre "Voyage avec mon Père" (2025) et "Marco, l'Enigme d'une Vie" (2025) où comment une presque centenaire en deuil se laisse aller à vivre par procuration et à l'insu de son plein gré un destin qui n'est pas le sien. D'abord la réalisatrice s'amuse à instiller un doute (lesbienne, bi ou hétéro ?!), et nous présente une femme d'un âge canonique pétillante, volontiers taquine voire moqueuse. Le film évite ainsi judicieusement l'écueil de l'enfant égoïste qui veut simplement se débarrasser d'une mère encombrante, par là même on évite l'ado cliché mal dans sa peau et/ou grognon. Si Eleanor/Squibb est merveilleuse avec un rôle taillé sur mesure, sa jeune amie Nina/Kellyman n'est pas en reste, endeuillée mais moins préparée à la vie, cela crée à la fois un parallèle et un paradoxe avec son face à face intergénérationnel. Le récit est très bien écrit, l'évolution des personnages attendus et lisibles, trop peut-être, mais les deux femmes sont si attachantes que tout est aussi logique et fluide à l'exception de deux passages... SPOILERS voir site !... Un très joli moment à conseiller.
Site : Selenie
Pi c
Pi c

52 abonnés 48 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juin 2025
Quel plaisir de découvrir ce film dans la sélection "un certain regard" de Cannes sans rien n'y connaître si ce n'est que c'est la première réalisation de Scarlett Johansson et que le personnage principale était âgée.

Les seuls reproches que j'ai à faire sont la colo du film et les jeux de lumières, la réalisation est simple et à part ça, ça fonctionne globalement.
Le film touche plus dans son fond que dans sa forme en réalité.
C'est une œuvre drôle et touchante à la fois qui arrive à parler de sujet très lourds avec une légèreté folle, le tout sublimé par de superbes performances, notamment des actrices les plus âgées (Chiwetel Ejiofor a été pour moi beaucoup moins convaincant par exemple)
Alors certes on pert en subtilité pendant certaines scènes (comme le reportage ou les comparaisons judaïques) mais le film fait rire et peut faire pleurer sans pour autant nous faire déprimer au final.
bref, un film puissant et léger à la fois !
Nitnelav
Nitnelav

15 abonnés 150 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 octobre 2025
J’ai vu Eleanor the Great à Deauville, et j’en suis ressorti avec un vrai sourire. Scarlett Johansson signe un premier film touchant, simple, sincère, sans chercher à trop en faire. Il y a de la tendresse, de l’humour, et surtout une vraie douceur dans la manière de filmer la vieillesse et la mémoire.

La mise en scène est classique, presque timide, mais ça fonctionne grâce à une justesse de ton rare. June Squibb est lumineuse, pleine d’esprit, et apporte une énergie incroyable au film. On sent l’amour de Johansson pour ses actrices, et ça transparaît dans chaque scène.

Ce n’est pas un film révolutionnaire, mais c’est une belle surprise, à la fois pudique et réconfortante. Un premier pas modeste mais solide derrière la caméra.
Gentilbordelais

402 abonnés 3 539 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 novembre 2025
Un drame qui propose quelques questionnements. Tout part d'un mensonge en rapport avec l'holocauste, porté par le chagrin et la solitude liés à la perte d'un être cher. Et ce mensonge, devenu engrenage, va créer de belles rencontres et finalement relier des personnes qui se sont éloignées.
S. Johansson signe une œuvre sensible mais aussi larmoyante, à la réalisation académique dont certaines scènes ne sont pas pensées au mieux.
caramel2017
caramel2017

20 abonnés 148 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 novembre 2025
L’interet de ce film reside entièrement dans la decouverte de cette merveilleuse actrice Junn Squibb (qui a deja fait carriere auparavant) ici elle joue le role de sa vie pour notre plus grand plaisir : humour, personnalité et une grande vitalité. Elle defonce tout… mais du coup il ne reste pas grand chose en face. Ni le scenario (trop pudding ramassé qui fini par etre lourd), ni les autres acteurs, ni la mise en scene (manque de rythme qui fini par endormir presque) n’arrivent à redresser la barre. Le sujet pourrant est enorme… l’usurpation d’identité (accodentelle ou non) pour retrouver de la vitalité, des liens et de la joie tour en commettant une chose « disons apriori impardonnable, mais pour la bonne cause ». Le sujet est certes potentiellement sensible, mais je trouve qu’un ou une realistrice different(e) comme Woody Allen par exemple, en aurait fait une merveilleuse comédie grinçante !
Xian Crister
Xian Crister

16 abonnés 7 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 4 décembre 2025
Dégoulinade de beaux sentiments accompagnée d’une musique sirupeuse sur un sujet qui aurait pu être passionnant
À éviter
Chris G
Chris G

41 abonnés 66 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 1 juin 2025
Malgré toute la bienveillance de Scarlet Johansson pour son héroïne et une jolie entrée en matière, le récit de ce mélo poussif tombe dans tous les travers possibles
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 novembre 2025
Me retrouver sur @cinémasansfard (YouTube) !

La solitude : elle pèse comme un manteau trop lourd sur les épaules d’Eleanor. À 94 ans, elle avance avec cette manière de flotter légèrement — un pas après l’autre — comme si la mémoire la tirait en arrière et que la vie, pourtant, insistait encore. June Squibb n’incarne pas une “vieille dame courageuse” : elle incarne une femme traversée, inhabitable parfois, mais tenue debout par des récits qu’elle refuse d’abandonner. La disparition de sa meilleure amie ouvre une brèche. Un espace vide. Un creux où les souvenirs deviennent plus bruyants que le présent. Elle quitte alors la Floride, rejoint sa fille à New York. Et dans ce déplacement, il y a déjà une fissure : la sensation d’être hors de sa propre vie, de marcher dans un décor dont les repères ont bougé. Scarlett Johansson filme cette transition avec une retenue presque clinique — pas de violons, pas de pathos — juste des corps qui cherchent leur place, et des silences qui durent plus longtemps qu’ils ne devraient. Puis vient ce centre communautaire juif. Une salle, des chaises en cercle, des femmes et des hommes qui partagent leurs récits de survivants. L’histoire de la Shoah, transmise génération après génération. Eleanor s’y retrouve par hasard — ou par besoin — et quelque chose glisse. Elle raconte l’histoire de son amie Bessie comme si c’était la sienne. Le mensonge naît dans un souffle bref, une sorte de réflexe pour combler un vide. Rien d’agressif. Juste une manière de tenir debout. Nina apparaît dans ce décor — jeune, vive, affamée de récits. Erin Kellyman lui donne une énergie nette, une écoute presque trop attentive. Leur lien n’est pas spectaculaire ; il se dépose lentement, comme une poussière chaude sur une table. La jeune femme veut écrire, comprendre, saisir ce qu’Eleanor porte en elle. Et Eleanor, elle, veut surtout être entendue. Le film devient alors un dialogue entre deux temporalités : l’urgence de la jeunesse et la lenteur de l’âge. La bat mitzvah étire encore plus l’ambiguïté morale. Eleanor s’y projette comme si cette cérémonie, qu’elle n’a jamais vécue, pouvait suturer une absence lointaine. Le rabbin, en citant Jacob et Ésaü, glisse une question : peut-on mentir si le mensonge protège ? Le film ne répond pas. Il laisse la question vibrer — suspendue, inconfortable, nécessaire. Scarlett Johansson filme sans condamner. Elle laisse le réel trembler. Les gestes sont simples : marcher, raconter, se tromper. Mais derrière cette simplicité, quelque chose se fissure. Eleanor s’enfonce dans une narration qui n’est pas la sienne — et pourtant, le spectateur comprend qu’elle ne cherche pas à voler une histoire : elle cherche une place dans le monde. Une petite place, juste assez grande pour respirer. La dernière respiration du film laisse un goût trouble : un mélange de tendresse, de malaise et d’admiration. Eleanor ment — mais elle aime. Elle s’invente — mais elle survit. Et la vérité, dans ce chaos fragile, n’est plus un verdict : elle devient une matière mouvante, presque honnête malgré elle. Ma note : 14 / 20

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Killian
Killian

8 abonnés 50 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 septembre 2025
Vu en avant-première au Festival de Deauville, Eleanor the Great est terriblement lisse, cruellement en manque de relief.

Dans son premier long métrage derrière la caméra, Scarlett Johanson construit un récit, sur le papier, fort intéressant. Malheureusement, sur le papier seulement.

Alors que cette histoire centrée sur le mensonge d'une vieille dame juive, racontant sa (fausse) déportation dans les camps de concentration nazis, aurait pu être géniale, le soufflet retombe aussi vite.

Ce film ne raconte rien de vraiment profond, puisqu'il tente vainement de devenir une ode à l'acception du chagrin et à la compassion. Il évoque pêle-mêle les questions du deuil, du mensonge, de la solitude, du manque...mais sans jamais aller au delà d'un propos très simpliste.

Et cette simplicité - dommageable ici - est accentuée par les très faibles tentatives de réalisation de la cinéaste. Tous les plans sont relativement basiques, la photographie est sans doute le plus gros point faible technique du film. On croirait voir une comédie romantique diffusée chaque après midi à la télévision.

Et la cerise sur le gâteau : la musique : excessivement et maladroitement larmoyante. La quasi totalité des séquences "émouvantes" sont accompagnées de notes de piano clichés pour s'assurer que le spectateur va bien pleurer, quand il le faut...
Mention speciale pour la comédienne principale, à l'humour ciselé et rythmé.

En résumé, difficile à l'issue de ce premier film, de savoir ce qu'est le cinéma de Scarlett Johanson, sa patte, sa sensibilité. Puisque le produit fini n'est qu'une spirale remplie de consensualité, incompatible avec l'émergence d'un style Johanson. Eleanor the Great, c'est un film assez radin...dommage
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