Après son très bon "Tout Simplement Noir", Jean-Pascal Zadi revient avec "Le Grand déplacement". Développant une idée très particulière, j'avais hâte de découvrir la nouvelle réalisation de ce dernier. Malheureusement, même si je ne suis pas aussi déçu du résultat, par rapport à beaucoup d'autres spectateurs, j'ai quand même été surpris au moment de mon visionnage. Sincèrement, au vu de son dernier film, je ne pensais pas voir un ensemble aussi raté. Sur le papier, le projet avait pourtant des arguments pour assurer sa réussite. En effet, ce dernier a beaucoup d'ambition, et cela se voit notamment par son budget. Grâce à cela, le projet possède des effets spéciaux assez réussis, mais aussi plusieurs décors vraiment dépaysants pour un film français. Mais, déjà à ce niveau, on en arrive à beaucoup de déceptions, car s'il peut être contemplatif par instants, le projet semble se perdre dans la façon d'utiliser cette ambition. Sur le papier, il est une comédie, mais le résultat est finalement assez quelconque. Si le casting réussit à nous délivrer quelques sourires, l'humour peine à nous faire rire. La faute vient probablement du fait que tout tourne autour de la stupidité du personnage de Pierre, et cela devient rapidement redondant. Si Jean-Pascal Zadi avait réussi à ne pas faire tourner son humour en rond lors de son précédent film, ce n'est pas le cas ici. Son personnage est antipathique, et nous n'avons aucun attachement à ce dernier. Sur le papier, ce n'est pas forcément gênant, car on aurait simplement pu se moquer de lui durant tout le film, mais cela devient assez dérangeant quand l'histoire commence à amener des scènes dramatiques. Nous n'avons aucun attachement à notre héros, et même à tous les autres personnages (ceux-ci étant trop peu présents à l'écran pour être vraiment développés), ce qui nous fait donc perdre pied. On insiste énormément sur l'humour potache, mais on essaye quand même de nous vendre des personnages humains, ce qui n'est pas un bon mélange. Surtout que, notamment lors de la conclusion, on comprend que le film tente également de faire passer un message sur l'Afrique, mais même sur ce point, je trouve que c'est assez confus. La thématique s'intègre très mal au récit, on ne comprend pas vraiment ce que le réalisateur cherche à exprimer, et c'est bien dommage. La faute vient probablement du rythme, qui est paradoxalement assez mal géré. Comme le film est court, tout passe rapidement et on n'a pas vraiment le temps de développer les choses. Le montage détruit parfois la portée de certaines séquences, notamment par des transitions en fondu au noir qui sonnent très datés. Par conséquent, si l'ambition du projet est à saluer, il ne réussit pas son coup. Le film était clairement trop chargé, et avec sa durée de seulement 1h20, il est clair qu'il n'avait pas le temps de tout développer. Une écriture plus fine, un montage mieux géré et 20 minutes de plus manquent donc clairement. Pour conclure, une belle déception.