Jean-Pascal Zadi a eu l’idée du film après avoir vu un astronaute dire qu’"on ne pourra jamais maîtriser le facteur humain" dans les missions spatiales. Cela l’a frappé : malgré toute notre technologie, c’est notre incapacité à bien communiquer qui reste notre talon d’Achille. C’est devenu le cœur de Le Grand Déplacement : une mission vouée à l’échec à cause… Des humains eux-mêmes.
Jean-Pascal Zadi a dû jouer suspendu à des câbles, pour simuler l'apesanteur, tout en faisant de la comédie et en dirigeant le film. Il a dit : "Faire des blagues en apesanteur, c’est trop dur". Ces scènes ont demandé un énorme travail physique (abdos sollicités en permanence) et une coordination redoutable.
Pour éviter les écrans verts classiques, l’équipe a utilisé un mur de LED géant, affichant une Terre modélisée en 3D. Cela permettait de changer l’angle, la taille ou la position de la planète selon les scènes, rendant l’immersion plus crédible pour les acteurs et plus réaliste visuellement.
À Bry-sur-Marne, l’équipe a construit un vaisseau complet avec :
Tout était connecté comme un vrai vaisseau, permettant les mouvements de caméra fluides. Le décor principal fait 300 m², sans compter la station orbitale, aussi grande.
Le nom de la planète est un clin d'œil à Jeanne et Paulette Nardal, penseuses martiniquaises de la négritude. Leur rôle historique a été minimisé, et Zadi a voulu les réhabiliter discrètement via ce choix. Une façon subtile de lier science-fiction et mémoire anticoloniale.
Nardal a été imaginée à partir de lieux réels : les scènes sont tournées à Ouarzazate (Maroc), mais les couleurs viennent du désert rouge de la Tadrart, en Algérie. Le but était de créer une planète belle mais inhospitalière, pour dissuader les spectateurs de croire que fuir la Terre est une solution.
Jean-Pascal Zadi ne connaissait pas Lous and the Yakuza avant de la rencontrer par hasard à l’anniversaire de Fary. Il a été frappé par sa présence magnétique : "Dès qu’elle entre dans une pièce, tu es obligé de la regarder", dit-il. Elle n’avait jamais joué au cinéma auparavant, mais son charisme naturel correspondait exactement au personnage de Wangari Tamai, une astronaute énigmatique, souvent en retrait mais toujours observatrice.
La Côte d’Ivoire est le pays d’origine des parents de Zadi. Tourner là-bas, c’était un retour aux sources. Son père a même fait une figuration dans le film. Les décors brutalistes (notamment la fondation Houphouët-Boigny) offrent une image moderne et monumentale du continent africain, rarement vue à l’écran.
Jean-Pascal Zadi a constitué son casting comme une famille de cinéma, en mêlant acteurs reconnus et proches collaborateurs : Fary, Fadily Camara et Éric Judor étaient ainsi déjà présents dans Tout simplement noir. Le réalisateur a voulu les remercier en leur offrant un film de science-fiction, un genre rarement accessible aux artistes afro-descendants.
Le casting du Grand déplacement comprend aussi de nouvelles têtes (Lous and the Yakuza ou Edgar-Yves), pour mélanger expérience et nouveauté.