Mars 2002, quelques mois après le 11 septembre, près de Kandahar, en Afghanistan, l’instituteur Gamel Sadek, un égyptien marié à une afghane, partage tranquillement un repas avec sa femme et ses enfants lorsqu’il est enlevé par la police et livré aux forces américaines de la base aérienne de Bagram. Au même moment, John Anderson, 65 ans, un militaire spécialiste des interrogations, membre des CITF, Criminal Investigation Task Force, est sorti de sa retraite pour aller dans un premier temps en Afghanistan apporter son savoir faire. Pas question pour lui de refuser, persuadé qu’il est d’œuvrer pour assurer à Cassidy, sa fille, un bel avenir dans son pays. Une décision que Cassidy, par contre, n’apprécie guère, elle qui a une conception très différente de celle de son père de ce qui est bénéfique à son pays et à sa jeunesse. C’est à Bagram que va se dérouler la première rencontre entre Gamel et John. Il y en aura beaucoup d’autres dans le camp de Guatanamo (Gitmo en abrégé), un camp situé à Cuba sur une base militaire américaine choisie par le président George W. Bush pour tirer profit de son extraterritorialité permettant de ne pas soumettre les détenus au système judiciaire fédéral américain. C’est lorsque l’action commence à se dérouler dans ce camp que le film va prendre toute sa force, se partageant en grande partie entre l’enfer que va vivre Gamel pendant des mois et le déroulement des rencontres, très riches en informations, entre le prisonnier et son interrogateur, des rencontres au cours desquelles ces 2 hommes rivalisent de ferveur religieuse. Ce que va vivre Gamel, ce sont des accusations sans preuve revenant sans cesse, comme quoi il aurait été un proche de Ben Laden, qu’il serait membre de l’organisation terroriste Hezb-e-Islami Gulbuddin, qu’il aurait participé aux attentas du 11 septembre, etc.. Ce sont des conditions de détention inhumaines avec des séances de torture, physiques et psychologiques, d’une très grande variété, ayant comme points communs d’être interdites par les lois et les conventions internationales quand bien même elles ont été signées par les Etats-Unis, telle, par exemple, la Convention de Genève de 1949. Certes, au bout d’un certain temps, un avocat va être attribué à Gamel mais, malgré ses compétences et sa bonne volonté, son apport va s’avérer très limité. Certes, les prisonniers de Guatanamo vont tenter d’organiser une rébellion contre ce qu’ils subissent, mais le rapport de force est loin d’être en leur faveur. Critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-express-i-am-gitmo/