Il y a 5 ans, j'avais beaucoup apprécié "Piccolo Corpo", le premier long métrage de Laura Samani, présenté à la Semaine de la critique de Cannes 2021. A propos de Laura Samani, j'avais même écrit qu'on assistait avec ce film à la naissance d'une grande réalisatrice qui savait sortir avec talent des sentiers battus. Autant dire que je me suis montré quelque peu déçu à la vision de "Une année italienne", son 2ème long métrage, un film adapté de " Une année d’école" de Giani Stuparich, un roman écrit en 1929, un film présenté dans la section " Orizzonti" de l’édition 2025 de la Mostra de Venise. Non pas que le film soit, à mes yeux, mauvais du début jusqu'à la fin, ni même médiocre : il est simplement d'une grande banalité dans sa première moitié, dans sa peinture des agissements de grands adolescents dans un lycée de Trieste avec une succession de scènes et de comportements qu'on a déjà vus 1000 fois. Par contre, le film devient beaucoup plus intéressant lorsque, dans sa 2ème moitié, il se concentre sur un quatuor, Fred, Antero, Pasini et Mitis. Fred est une jeune suédoise de 17 ans qui, en septembre 2007, se retrouve dans ce lycée de Trieste, un lycée technologique, avec beaucoup plus de garçons que de filles, parce que son père, qui l'élève seul depuis le décès de son épouse, vient d'être muté dans une usine de Trieste afin de "dégraisser" du personnel dans une usine. Lorsque des jeunes du lycée apprennent ce qui va être l'occupation du père de Fred, la cote d'amour de cette dernière en prend un coup ! Petit à petit, Fred va se rapprocher d'un trio de garçons inséparables malgré d'importants différences entre eux. Bien entendu, aussi bien Antero, l'amateur de poésie, Pasini, le séducteur perturbé par le décès d'un frère, et Mitis, le plus adulte des 3, ont en eux l'espérance d'avoir une relation amoureuse avec Fred. Pour Fred, la question se pose : lui faut-il se comporter en "pote" avec les 3 garçons ou bien peut-elle envisager de sortir avec l'un d'entre eux et, si oui, lequel ? En tout cas, en tant que spectateur, on retient forcément ce que son père dit à Fred à propos du rôle des pommes : quand elles sont proches d'autres fruits, elles les aident à mûrir. Ce rôle de pomme, Fred le joue auprès de ses 3 camarades, ce qui ne l'empêche pas, bien au contraire, de mûrir également. Très intelligemment, le film qui commence par un long travelling se terminant par l'entrée de la caméra dans le lycée, se termine sur un aussi long travelling faisant rigoureusement le même chemin en sens inverse. Cela ne fait que regretter davantage ce choix du titre "une année italienne", alors que le titre original apparait beaucoup plus juste en reprenant le titre du roman de Giani Stuparich, "Un anno di scuola".Film vu aux Rencontres cinématographiques de Cannes.