La pomme et les kiwis
C’est avec cette métaphore fruitière que l’on peut résumer le 2ème film – je ne n’ai pas vu le n°1 -, de l’italienne Laura Samani. 102 minutes joliment filmées, bien jouées, sans outrance mais au point de nous raconter une histoire d’amours adolescentes vue et revue 100 fois au cinéma. Septembre 2007. Fred, jeune Suédoise de dix-sept ans, emménage à Trieste et commence une année de terminale au lycée technique de la ville. Seule fille de sa classe, elle se retrouve au centre de l'attention, en particulier de celle d'un trio inséparable de garçons. Ensemble, ils expérimentent de nouveaux sentiments, confrontent leurs doutes et soumettent leur amitié à rude épreuve. Cette année du bac les marquera pour toujours. Honorable mais banal.
Mademoiselle Samani adapte ici le roman Une année d’école de Giani Stuparich, écrit en… 1929. Elle l’a découvert dans le cadre du programme scolaire de son année de terminale, en 2007. Elle s’est immédiatement reconnue dans l’héroïne, même si le récit se déroule un siècle plus tôt. Elle a elle aussi étudié au lycée de Trieste, et avait un entourage majoritairement masculin, à l’instar de son personnage centrale… « la pomme ». Vous l’avez compris, les « kiwis » sont les deux garçons amoureux d’elle et qui vont « mûrir » à son contact. Amitié, soirées arrosées puis naissance du désir, du sentiment amoureux, magie du premier rapport sexuel, puis insensiblement jalousie et implosion du quatuor d'amis, c'est le trajet vécu par ces 4 lycéen(e)s en cette « année scolaire », - titre original et évidemment meilleur, de ce drame -. Chaque protagoniste en sort meurtri mais grandi…Le film aborde de façon juste, différents thèmes tels que l'amitié, le manque suite à un deuil, l'amour, les rivalités, l'exil et les différences de classe sociale. Les intentions sont louables, la réalisation soignée, l’interprétation pleine de fraîcheur, mais le rythme languissant, le scénario trop répétitif et une forte impression de déjà-vu gâchent le plaisir qu’on aurait pu trouver à se film.
Les quatre acteurs principaux du film débutent à l’écran. Fort bien dirigés, ils s’en sortent à merveille. La jeune suédoise Stella Wendick ne manque ni de présence ni de charme. Giacomo Covi, pour sa part, a reçu un prix d’interprétation à la Mostra de Venise. Citons aussi Pietro Giustolisi et Samuel Volturno. Voilà un teen movie qui aurait pu s’intituler « Fred et les garçons », situé volontairement en 2007, année du rattachement de la Slovénie trontalière à l’Europe… Un contexte géopolitique qui nous échappe et dont on ne voit pas vraiment l’intérêt. Un petit film, pas sans intérêt mais plutôt oubliable.