Laura Samani avait sacrément impressionné avec son premier long-métrage, Piccolo corpo. Son second, Une année italienne, aura sans doute moins d’impact, mais il n’en reste pas moins une œuvre maîtrisée, qui rebat un peu les cartes du traditionnel film d’apprentissage adolescent. Bien qu’inspiré d’un roman datant presque d’un siècle, Une année italienne se situe en 2007 et relate certainement, au moins en partie, les souvenirs de la réalisatrice, ses derniers mois au lycée, à Trieste. C’est aussi, en creux, un portrait de cette ville si particulière, carrefour historique européen. Mais c’est avant tout l’histoire de quatre jeunes gens dans le vent, dont une étrangère, une Suédoise, objet de toutes les attentions, comme une fille dans un jeu de quilles. C’est le temps de l’amitié, des jeux du désir, mais aussi de la jalousie, des chagrins et des trahisons. Laura Samani mène sa barque avec délicatesse et sensibilité, évitant les clichés inhérents à son sujet, aidée par des interprètes débutants qui apportent une fraîcheur indéniable. Le charme de l’ensemble agit à plein, il y manque peut-être un peu plus d’audace et de profondeur pour pouvoir nous séduire encore davantage.