L'Inconnue
Note moyenne
2,8
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126 critiques spectateurs

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Yvonne Pullinger
Yvonne Pullinger

3 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 août 2026
Scénario totalement incompréhensible et flou vu en avant première , manque de dialogue et une scène de nudité qui n’a pas lieu d’être . Une actrice principale qui passe la plupart du temps hébéter …
UGO
UGO

49 abonnés 28 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 août 2026
Ce film est vraiment pas mal, avec un mélange de 2 types : drama et thriller. Arthur Harari ne s' est vraiment pas loupé c ' est voir un mini chef d' œuvre. Donc c'est est un film à voir pour les fans de drame. Puisque vous avez vu cette critique abonnez vous. ( Vu au festival )!!!
Cadreum
Cadreum

74 abonnés 824 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 30 août 2026
Troisième long métrage, compétition cannoise, 2h17, tiré du roman graphique Le Cas David Zimmerman qu'il avait signé avec son frère Lucas et adapté avec Vincent Poymiro. Le film promet de filmer ce que le cinéma filme mal (la dépossession, la dysphorie, l'expérience de se voir de l'extérieur) et de le faire sans un seul effet spécial, dans une lumière ordinaire, au ras du quotidien. L'intelligence du film, à l'image du roman, n'est pas discutable. Ce qui l'est, c'est ce qu'un tel pari engage. Un film dont le sujet est la confiscation d'une identité, et qui traverse ses 137 minutes sans jamais croiser un commissariat, un médecin, une carte d'identité, un employeur, une famille, a évacué du cadre exactement tout ce qui rend une identité confiscable.
Il commence par se débarrasser de ses propres institutions. Aucun logo de production ni de distribution : le générique arrive nu, quatre notes de piano, puis l'écran noir. Un bruit d'essuie-glaces précède toute image. David Zimmerman, bientôt 40 ans, photographe que personne ne connaît puisqu'il ne montre rien, arpente la banlieue parisienne pour refaire, cent ans après des cartes postales et trente ans après son père, les images de lieux que la démolition efface. Ici, il est seul dans sa voiture sous la pluie, deux photographies anciennes du même lieu en main, le regard passant du papier au paysage défiguré pendant que le balai poursuit son va-et-vient. La fiction s'ouvre dans un espace où rien ne doit son existence à personne — exemption qui s'étendra bientôt aux personnages. Tout le film est déjà là, indexé : plusieurs temps dans un même cadre, un geste qui prétend nettoyer, une opacité qui résiste. L'émotion suppose qu'une forme déborde son intention ; ici l'intention arrive la première et impose son règne.
La film pose ensuite la politique en toile de fond de sa séquence fondatrice. Têtes géantes de dirigeants autoritaires flottant sur la foule, Trump en papier mâché défoncé comme une piñata, corps masqués, David seul à visage découvert. Aucune de ces figures ne reviendra, rien de ce qui se joue ensuite n'aura de cause sociale ou historique. Le reste de la séquence illustre l'énoncé avant qu'il soit prononcé : un inconnu glisse à David une pilule pour le détendre et sur un mur il aperçoit le visage peint d'un homme qui lui ressemble — il rencontre son double avant que la métamorphose ne commence, séquence belle, brève et parfaitement redondante. C'est la cinquième déclaration de programme en vingt minutes — les logos disparus, les essuie-glaces, les photographies du même lieu, les masques, ce visage peint — et rien n'aura encore été mis à l'épreuve.
Puis le regard traverse la salle. David repère une femme seule près d'une porte de sortie, et l'espace saturé se creuse autour d'elle en une vision tunnel qui perce la foule. La scène de sexe qui suit est longue, frontale, dénuée de désir apparent. Seydoux se dénude sans un mot, la jouissance s'étire jusqu'à l'épuisement et s'achève sur son effondrement à elle ; David se relève, sort, absent à lui-même. La durée fait tout le travail, et le travail qu'elle fait n'est pas celui que le film revendique. En plaçant le transfert au moment précis de l'orgasme, le montage écrit un récit d'avertissement : on couche sans prémices d'amour, on perd son âme. Harari peut bien récuser toute morale, il l'a filmée.
Le réveil devant le miroir est l'endroit où quelque chose de sensoriel aurait pu advenir. Seydoux, nue, inventorie ce corps qui n'est pas le sien, pièce par pièce, avec un mélange d'alarme et de fascination trouble. Le découpage adopte la frontalité de l'examen. Mais le regard qui parcourt ce corps est celui de David, enquêteur, méthodique, et non celui d'une conscience en deuil de sa propre enveloppe. La dysphorie devient une curiosité documentaire. Le film instruit le procès du regard objectivant en offrant un corps féminin nu à l'inspection, avec l'alibi parfait que ce regard est celui d'un homme piégé dedans.
Toute la charge de la métamorphose repose ensuite sur le jeu et sur la comptabilité mentale du spectateur ; l'image reste stable, lisible, correctement exposée, pendant que le scénario affirme qu'un monde vient de se retourner. Niels Schneider, méconnaissable, décharné, le visage mangé par des semaines de dérive, avance comme un exilé de lui-même avant même qu'on ne lui retire son corps, puis trouve, une fois habité par Malia, une raideur juvénile qui ne ressemble à rien de ce qu'il avait joué jusqu'ici. Léa Seydoux fait mieux encore : elle joue un homme qui joue une femme, empile les couches sans jamais recourir à la caricature de posture, et consent à ce qu'on lui retire tout ce que vingt ans de cinéma français avaient construit autour d'elle. Ils sont admirables tous les deux, et le film les laisse seuls.
L'enquête sur internet, forums et témoignages de cas semblables, se donne pour un approfondissement du mystère et fonctionne en dilution. En multipliant les occurrences, le récit convertit une blessure singulière en problème de construction de monde. Or la prémisse exigeait l'inverse, la confiscation absolue et unique. Le passage en revue des hypothèses — réincarnation, métempsycose, drogue hallucinogène — parachève la réflexion. Le film énumère lui-même les lectures possibles, les congédie une à une, et se rend ainsi impossible à interpréter par qui que ce soit d'autre.
C'est aussi ce moment où surgit ce qui me dérange infiniment. Une jeune femme est officiellement portée disparue depuis des mois. Un homme a cessé d'habiter son état civil. Et rien : pas un guichet, pas une convocation, pas un document, pas un praticien, pas une administration. L'identité en 2026 est d'abord une affaire de papiers, de protocoles et de regards, et c'est là que se joue l'expérience trans que le film convoque à mots couverts, entre deux références. En évacuant l'institution, Harari obtient une allégorie queer sans coût.
Le deuxième acte contient pourtant la seule idée que le film ait osée jusqu'au bout. David, dans le corps d'Eva, et Malia, dans celui de David, en viennent à une étreinte où le sexe se referme sur lui-même — un homme touchant son propre corps devenu autre, une femme touchant le corps qu'elle occupe indûment, homosexualité et hétérosexualité annulées d'un même geste. Du génie réflexif mais la logique morale de la séquence est accablante : la libération du clandestin passe par un circuit fermé, un homme délivré par lui-même, un solipsisme présenté comme une expérience-limite. Une œuvre sur l'altérité trouve son sommet dans une scène où personne d'autre n'existe.
Le dernier acte s'étiole dans le brouillard, au point qu'on n'en sort pas certain d'avoir vu la même chose que son voisin : ceux qui ont assisté à la projection ne s'accordent même pas sur l'identité du père qui pleure — le sien ou celui de Malia — ni sur ce qui a précisément tué le corps de scène tient pourtant l'idée la plus noire du film. Un père se tient devant le visage de son enfant et refuse de le reconnaître, faute d'y trouver l'âme qu'il attendait — les liens humains ne tiendraient donc que par une illusion optique. Mais Harari confie ce père à Radu Jude, cinéaste que la moitié de la salle identifie. Au moment précis où il faudrait se laisser détruire par ce qui se joue, on se surprend à penser « tiens, Radu Jude ». Le film s'est mis lui-même en travers. Le procédé revient partout : une affiche de L'Ami américain accrochée dans le champ, un patronyme emprunté à Dylan avant qu'il ne devienne Dylan. Chaque fois qu'une émotion brute approche, une référence savante s'avance et transforme le choc en plaisir de reconnaissance.
Puis le corps de David, habité par Malia, se supprime. Deux femmes ont été soustraites — Eva évaporée après trois plans qui ne lui appartenaient déjà plus, Malia morte — pour qu'un homme parvienne enfin à habiter une image. Le film se pense comme méditation sur la fluidité des identités et produit, par sa seule mécanique, une fable de survie masculine à coût féminin. Le générique de fin achève de désigner le vrai bénéficiaire de l'opération : au défilement des noms, David laisse place à Robert, le prénom que Dylan a quitté pour devenir Dylan. Quelques minutes après un suicide, la dernière chose que le film tienne à faire savoir est qu'il avait choisi ses noms avec esprit.
Ce que la structure raconte du milieu qui l'a produite est plus intéressant que ce qu'elle raconte de l'identité. Anatomie d'une chute tenait parce que l'indécidable y trouvait une arène — un tribunal, une langue, une classe, un couple, des institutions qui exigeaient une réponse. Le frottement produisait la douleur. L'Inconnue supprime l'arène et garde l'indécidable, qui flotte sans contradicteur, faute d'adversaire, faute de quiconque à qui l'affaire coûterait quelque chose. Le film avait annoncé la couleur dès son générique escamoté : il commence par effacer ceux qui l'ont payé et finit par effacer ceux qui l'ont rendu possible à l'écran. Le film est intelligent, il est bien fait, il est habité par deux acteurs qui se détruisent mais il ne me touche pas une seconde parce qu'il a organisé son propre confort avec une rigueur que je préférerais voir consacrée à autre chose.
H:C
H:C

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4,0
Publiée le 27 août 2026
avant première à Thionville et je peux dire déjà que ce n'est ni de la science fiction ni un film fantastique puisqu'on vit le récit de l'intérieur des personnages et que c'est leur réalité que nous partageons à l'écran : l'échange de corps qui est le début de l'histoire transforme le film en enquête et tous les péripéties du film suivent la logique de ceux qui le vivent: c'est donc sans lassitude qu'on suit les démarches des protagonistes jusqu'à un dénouement où Harari ne nous rend rien facile car sans rien dévoiler , le personnage de léa seydoux ne parle pas et il est impossible de savoir si elle a ou non , retrouvé son accent: un beau film déroutant sur l'impossibilité de communiquer avec ceux qu'on aime.....
Domvill
Domvill

37 abonnés 225 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 8 juin 2026
une découverte cannoise dont je me serai bien passée : Encore un fouillis impossible à décrypter !
Ici on chute bien bas…dans un irracontable délire. Le film commence dans une grande fête,
mi carnaval de Nice avec des têtes de géants colorées qui défilent, mi boite de nuit aux lumières
stroboscopiques …le héros qui semble être photographe fixe sur la pellicule l’évolution des
constructions dans des rues de la banlieue parisienne, puis avale un cachet… et c’est parti pour un
trip de fumeur de moquette sans début, ni fin. Il a une relation brusque avec Léa Seydoux, et tout
une série de séquences sans lien entre elles se succèdent. Il devient elle, les protagonistes sont
interchangeables, une troisième personne qui semble avoir disparu entre dans la danse… on se
renseigne sur internet sur les personnes qui changent de corps… au début on essaye de comprendre, puis on lâche prise, et alors c'est l'ennui...
Mathys G.
Mathys G.

29 abonnés 22 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 juin 2026
Même si le film nous laisse perplexe sur son mystère sous-jacent, il nous plonge dans le flou et l'inconfort le plus total dans le destin haletant de ce photographe merveilleusement incarné par Niels Schneider et Léa Seydoux.
Audrey L

828 abonnés 2 871 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juin 2026
Festival de Cannes : Quoi ma gueule... A part la longueur abusive et un manque de contexte de cette "malédiction" (on ne comprend jamais comment elle marche, c'est assez frustrant), L'Inconnue se distingue quand même par la brillance de ses acteurs, qui n'ont clairement pas des rôles faciles. Léa Seydoux doit jouer un homme de 40 ans, et Niels Schneider une gamine de 18 piges. Pas évident, et pourtant ils s'en sortent vraiment bien. Dans ce récit d'échanges de corps après "consommation intime" (mais pas toutes : on n'a pas tout compris au fonctionnement), on retrouve les poncifs du genre, à savoir les bévues des premiers instants, les confusions de genres, mais ce qui surprend particulièrement dans L'Inconnue, c'est qu'il refuse d'en faire une comédie ou un film de science-fiction (comme 99 d des œuvres du genre "body-swap"), pour rester dans le plus pur drame réaliste. Quelles souffrances mentales découleraient de cette situation, de l'isolement, de l'impossibilité de revenir en famille ou entre amis, de refaire sa vie (surtout quand le "vous" original se barre... et que vous êtes signalé disparu, alors que vous êtes là mais pas avec la bonne gueule : le choc mental est rude). Aussi, la dernière partie est ce qui nous a le plus convaincu, alliant le tragique le plus pur ( spoiler: le suicide de la gamine dans le corps de Niels quand elle comprend qu'elle ne reverra plus sa famille,
après une séquence fantasmée particulièrement difficile, est un brise-cœur absolu... pauvre gosse) et résignation (comme une volonté d'aller de l'avant spoiler: pour le gars coincé dans Léa Seydoux
), est un très bon équilibre. On regrette juste de ne pas savoir d'où vient ce Mal, comment le personnage de Léa l'a eu, ni si elle en était à X échanges (peut-être que quand on prend le film, Léa n'était plus dedans depuis longtemps... On pense que c'est le cas, que Niels a échangé avec une personne "énième" à être coincée, cela donne plus de poids au récit, même si rien ne le confirme malheureusement...), ni même comment cela marche (puisque le spoiler: rapport intime
entre Léa/homme de 40 ans et Niels/gamine de 18 piges ne fonctionne pas...). Dommage, car en 2h12 il y a le temps d'approfondir le sujet. Il n'en reste pas moins que Niels et Léa sont bluffants, et que le final nous a pincé le cœur. Pas mal !
Cinéphiles 44

1 690 abonnés 4 674 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 mai 2026
David Zimmerman est un photographe solitaire. Un soir, il aperçoit une femme et se met à la suivre, comme hypnotisé. Quelques heures plus tard, il se réveille… dans le corps de cette inconnue. Arthur Harari signe une œuvre qui ne laisse pas indemne, qui continue de hanter plusieurs jours après la projection, au point de se demander encore si l’on a aimé ou non ce que l’on vient de voir. Et c’est justement là que le film devient passionnant. "L’Inconnue" fonctionne grâce à sa capacité à maintenir un trouble constant. On est hypnotisé, dérangé, parfois même perdu, sans jamais décrocher. Le film devient une véritable expérience sensorielle et mentale. Lea Seydoux porte le film avec une maîtrise impressionnante. Niels Schneider livre une performance remarquable, renforcée par le travail de maquillage de Flore Masson. Son visage semble lui-même devenir un terrain d’instabilité. Le film ne cherche jamais vraiment à expliquer ce qui se passe ni même à rassurer le spectateur. Tout au long du récit, on se demande quelle direction l’intrigue va prendre, si l’on est face à un drame psychologique, un film de genre, une réflexion sur l’identité ou simplement un immense cauchemar éveillé. Un véritable ovni du cinéma français.
Alexandra Lesca
Alexandra Lesca

6 abonnés 93 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 mai 2026
Film vu dans le cadre du festival de Cannes 2026

Tellement bouleversée mais mitigée par ce film. Une réelle envie d'avoir un concept. Dans la réalisation, on dirait un film étudiant. Film poétique, mystique, mystérieux, énigmatique. Néanmoins une vraie âme de réalisateur


Ceci n'est que mon avis
Adèle S
Adèle S

14 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 26 mai 2026
j'ai rarement été aussi mal à l'aise devant un film, j'ai pas du tout compris le message en plus (mais peut-être qu'il n'y en a pas et que c'est juste un film fantastique)

le film méritait d'être 45 minutes moins long, je me suis vraiment ennuyée comme pas possible, la performance de léa et niels n'a même pas rattrapé ça

et le score pitié il était tellement nul.....
max7_13
max7_13

37 abonnés 166 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mai 2026
Un film lugubre sur un sujet intéressant qui interroge : comment réagirions nous si nous nous trouvions projeté dans le corps d une autre personne. Vu en avant première dans le cadre de la reprise de Cannes 2026
Cinememories

604 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 mai 2026
En compétition à Cannes 2026, L’Inconnue, le troisième film d’Arthur Harari, repose sur un pitch fascinant, un homme piégé dans le corps d’une femme, pour livrer une œuvre longuement attendue et rapidement décevante, trop longue, trop froide, et finalement creuse.

Il faut reconnaître à Arthur Harari une certaine audace. Adapter Le Cas David Zimmerman, la bande dessinée qu’il a coécrite avec son frère Lucas, c’était prendre le risque de se confronter à un matériau riche, psychologiquement dense, dont la force tenait précisément à l’intériorité de son personnage. On attendait que le cinéma fasse ce que la BD ne pouvait pas faire, comme incarner cette bascule vertigineuse, ce moment où un homme se réveille dans un corps qui n’est pas le sien et doit recomposer son identité de l’intérieur. L’idée est de questionner le rapport à son propre corps, à l’enveloppe charnelle que l’on habite ou que l’on s’approprie, à la frontière fragile entre soi et l’autre. Mais L’Inconnue rate cette promesse avec une régularité décourageante.
Dans la peau de moi-même

Le film débute avec l’énergie d’une malédiction à la It Follows. David Zimmerman, photographe solitaire et anxieux de 40 ans, se retrouve projeté dans le corps de la femme qu’il a suivie. La mécanique narrative est posée, le trouble installé. Puis, très vite, l’enquête est abandonnée. Ce qui aurait pu devenir un thriller métaphysique sur l’identité et la dépossession de soi glisse vers une sorte de buddy movie maladroit, sans jamais aboutir franchement à quoi que ce soit. L’Inconnue n’est ni la comédie romantique et poétique que le genre du body switch autorisait, à l’instar de Your Name, ni le drame de la transidentité qu’il effleure sans jamais s’y engager, ni même le film de genre décomplexé qu’on pouvait espérer. Harari semble avoir voulu tout cela à la fois, et n’a finalement pas d’identité à défendre. On traverse des banlieues, dans une photographie granuleuse, sans vraiment les investir, et on suit David sans jamais entrer en lui.

C’est là le paradoxe douloureux du film : Niels Schneider est méconnaissable, métamorphosé physiquement comme Christian Bale dans The Machinist, et cette intention impressionne. Mais derrière ce corps squelettique, on ne traite pas beaucoup de l’anxiété sociale du personnage, ni de ce que ce changement, dans un corps peut-être plus désirable et plus regardé, change ou ne change finalement pas sa condition intérieure. La tragédie psychologique est esquissée, jamais creusée. Léa Seydoux, de son côté, porte une présence indéniable, mais son jeu semble lui aussi flotter dans un récit qui ne lui offre pas beaucoup d’options, contrairement à Gentle Monster, où on la sent libérée et authentique. Il reste une réflexion à demi-formulée sur le corps et le regard que l’on porte sur le corps des autres, notamment à travers la caméra de David, mais elle n’atteint jamais la force d’un vrai propos. Ce n’est pas non plus un culte de la beauté déconstruit comme dans Jim Queen, c’est simplement une mise en scène trop hitchcockienne pour un film qui ne se donne pas les moyens de l’investir.

Aussi, L’Inconnue est bien trop long pour ce qu’il veut raconter. Ce qui aurait tenu en une heure trente, avec un montage plus rythmé, s’étire sur 2h20 dans un visionnage qui devient pénible, puis franchement ennuyeux. L’idée d’une impasse psychique forte, d’un homme prisonnier d’une enveloppe qui n’est pas la sienne, ne transparaît jamais vraiment à l’écran. Et il ne reste qu’une belle idée, un beau titre, et le sentiment amer qu’Onoda, plus maîtrisé, plus sensoriel, plus émotionnel, mieux écrit et beau à regarder, n’a pas eu la lumière qu’il méritait, et que ce film en compétition ressemble, hélas, à un désir de réparer une injustice.
domit64
domit64

76 abonnés 382 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 mai 2026
Vu en AP, je ne sais pas si je suis passée à côté de ce film, mais j’ai envie d’écrire « tout ça pour ça ? ».
J’imagine que ce film cherche à aborder la quête d’identité mais je ne l’ai pas saisie…
Les regards perdus de L Seydoux et de N Schneider expriment très bien ce sentiment de « je ne comprends rien à ce qu’il m’arrive », la spectatrice que je suis devait avoir le même.
Bref, c’est très bien joué, mais je me suis ennuyée car ce film tourne en rond et n’apporte rien. Dommage
traversay1

4 514 abonnés 5 428 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 mai 2026
Quelques recensions du dernier film d'Arthur Harari laissaient à penser que le réalisateur avait en grande partie raté son coup, perdant ses spectateurs dans le labyrinthe de son récit. Bon, ce n'est pas tout à fait exact, même si la fluidité du scénario n'est pas sa qualité première, loin en tout cas de l'audace qui y préside. Oui, c'est vrai qu'il n'est pas rare de devoir réfléchir à de nombreuses reprises pour ne pas perdre de vue, si l'on ose dire, que les corps des deux personnages principaux ont changé de propriétaires. Mais ce n'est pas une tare que de donner à penser, non ? Sur le thème fantastique de Ceci n'est pas mon corps et sur l'apparence et l'identité, L'Inconnue nous entraîne assez loin, s'égare parfois, sa longueur est d'ailleurs excessive, mais retombe, in fine, assez joliment sur ses pieds. Léa Seydoux et Niels Schneider étonnent d'emblée par leur physique, avant de nous surprendre par leur talentueuse adhésion à un projet aussi peu commun. Le troisième long métrage d'Arthur Harari n'est sans doute pas son meilleur, mais il est très différent de Diamant noir et de Onoda. Puisqu'il écrit pour les autres et ne tourne que tous les cinq ans environ, il faudra longuement attendre pour le prochain, lequel, à coup sûr, ne ressemblera à aucun de ses films précédents et restera placé, c'est une quasi-certitude, sous le sceau de la hardiesse.
Alexandre Mayet
Alexandre Mayet

20 abonnés 68 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 mai 2026
Vu en rattrapage de Cannes. Sujet intéressant avec des bonnes idées de mise en scène, qui explore la thématique de l’identité, cependant le film se pert parfois et aurait gagné à plus de concision dans le propos
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