L'Inconnue
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Christian RZ
Christian RZ

93 abonnés 308 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 4 septembre 2026
Un photographe qui se cherche rencontre, dans un genre de bal costumé un peu glauque et après avoir pris une sorte d’ecstasy ou autre drogue du genre , une fille qui lui fait l’amour tout de go dans une cave tout en hurlant à faire mollir le plus convaincu des priapes. Dans les minutes qui suivent le photographe se réveille en elle, petite , grosse et bouffie, par une sorte de métempsychose un peu simplette.
Alors entre un film qui raconte ça et un film qui ne raconte rien, je crois que je préfère de loin le film qui ne raconte rien tellement le film qui raconte ça paraît vide et creux à mourir.
Cadreum
Cadreum

74 abonnés 824 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 30 août 2026
Troisième long métrage, compétition cannoise, 2h17, tiré du roman graphique Le Cas David Zimmerman qu'il avait signé avec son frère Lucas et adapté avec Vincent Poymiro. Le film promet de filmer ce que le cinéma filme mal (la dépossession, la dysphorie, l'expérience de se voir de l'extérieur) et de le faire sans un seul effet spécial, dans une lumière ordinaire, au ras du quotidien. L'intelligence du film, à l'image du roman, n'est pas discutable. Ce qui l'est, c'est ce qu'un tel pari engage. Un film dont le sujet est la confiscation d'une identité, et qui traverse ses 137 minutes sans jamais croiser un commissariat, un médecin, une carte d'identité, un employeur, une famille, a évacué du cadre exactement tout ce qui rend une identité confiscable.
Il commence par se débarrasser de ses propres institutions. Aucun logo de production ni de distribution : le générique arrive nu, quatre notes de piano, puis l'écran noir. Un bruit d'essuie-glaces précède toute image. David Zimmerman, bientôt 40 ans, photographe que personne ne connaît puisqu'il ne montre rien, arpente la banlieue parisienne pour refaire, cent ans après des cartes postales et trente ans après son père, les images de lieux que la démolition efface. Ici, il est seul dans sa voiture sous la pluie, deux photographies anciennes du même lieu en main, le regard passant du papier au paysage défiguré pendant que le balai poursuit son va-et-vient. La fiction s'ouvre dans un espace où rien ne doit son existence à personne — exemption qui s'étendra bientôt aux personnages. Tout le film est déjà là, indexé : plusieurs temps dans un même cadre, un geste qui prétend nettoyer, une opacité qui résiste. L'émotion suppose qu'une forme déborde son intention ; ici l'intention arrive la première et impose son règne.
La film pose ensuite la politique en toile de fond de sa séquence fondatrice. Têtes géantes de dirigeants autoritaires flottant sur la foule, Trump en papier mâché défoncé comme une piñata, corps masqués, David seul à visage découvert. Aucune de ces figures ne reviendra, rien de ce qui se joue ensuite n'aura de cause sociale ou historique. Le reste de la séquence illustre l'énoncé avant qu'il soit prononcé : un inconnu glisse à David une pilule pour le détendre et sur un mur il aperçoit le visage peint d'un homme qui lui ressemble — il rencontre son double avant que la métamorphose ne commence, séquence belle, brève et parfaitement redondante. C'est la cinquième déclaration de programme en vingt minutes — les logos disparus, les essuie-glaces, les photographies du même lieu, les masques, ce visage peint — et rien n'aura encore été mis à l'épreuve.
Puis le regard traverse la salle. David repère une femme seule près d'une porte de sortie, et l'espace saturé se creuse autour d'elle en une vision tunnel qui perce la foule. La scène de sexe qui suit est longue, frontale, dénuée de désir apparent. Seydoux se dénude sans un mot, la jouissance s'étire jusqu'à l'épuisement et s'achève sur son effondrement à elle ; David se relève, sort, absent à lui-même. La durée fait tout le travail, et le travail qu'elle fait n'est pas celui que le film revendique. En plaçant le transfert au moment précis de l'orgasme, le montage écrit un récit d'avertissement : on couche sans prémices d'amour, on perd son âme. Harari peut bien récuser toute morale, il l'a filmée.
Le réveil devant le miroir est l'endroit où quelque chose de sensoriel aurait pu advenir. Seydoux, nue, inventorie ce corps qui n'est pas le sien, pièce par pièce, avec un mélange d'alarme et de fascination trouble. Le découpage adopte la frontalité de l'examen. Mais le regard qui parcourt ce corps est celui de David, enquêteur, méthodique, et non celui d'une conscience en deuil de sa propre enveloppe. La dysphorie devient une curiosité documentaire. Le film instruit le procès du regard objectivant en offrant un corps féminin nu à l'inspection, avec l'alibi parfait que ce regard est celui d'un homme piégé dedans.
Toute la charge de la métamorphose repose ensuite sur le jeu et sur la comptabilité mentale du spectateur ; l'image reste stable, lisible, correctement exposée, pendant que le scénario affirme qu'un monde vient de se retourner. Niels Schneider, méconnaissable, décharné, le visage mangé par des semaines de dérive, avance comme un exilé de lui-même avant même qu'on ne lui retire son corps, puis trouve, une fois habité par Malia, une raideur juvénile qui ne ressemble à rien de ce qu'il avait joué jusqu'ici. Léa Seydoux fait mieux encore : elle joue un homme qui joue une femme, empile les couches sans jamais recourir à la caricature de posture, et consent à ce qu'on lui retire tout ce que vingt ans de cinéma français avaient construit autour d'elle. Ils sont admirables tous les deux, et le film les laisse seuls.
L'enquête sur internet, forums et témoignages de cas semblables, se donne pour un approfondissement du mystère et fonctionne en dilution. En multipliant les occurrences, le récit convertit une blessure singulière en problème de construction de monde. Or la prémisse exigeait l'inverse, la confiscation absolue et unique. Le passage en revue des hypothèses — réincarnation, métempsycose, drogue hallucinogène — parachève la réflexion. Le film énumère lui-même les lectures possibles, les congédie une à une, et se rend ainsi impossible à interpréter par qui que ce soit d'autre.
C'est aussi ce moment où surgit ce qui me dérange infiniment. Une jeune femme est officiellement portée disparue depuis des mois. Un homme a cessé d'habiter son état civil. Et rien : pas un guichet, pas une convocation, pas un document, pas un praticien, pas une administration. L'identité en 2026 est d'abord une affaire de papiers, de protocoles et de regards, et c'est là que se joue l'expérience trans que le film convoque à mots couverts, entre deux références. En évacuant l'institution, Harari obtient une allégorie queer sans coût.
Le deuxième acte contient pourtant la seule idée que le film ait osée jusqu'au bout. David, dans le corps d'Eva, et Malia, dans celui de David, en viennent à une étreinte où le sexe se referme sur lui-même — un homme touchant son propre corps devenu autre, une femme touchant le corps qu'elle occupe indûment, homosexualité et hétérosexualité annulées d'un même geste. Du génie réflexif mais la logique morale de la séquence est accablante : la libération du clandestin passe par un circuit fermé, un homme délivré par lui-même, un solipsisme présenté comme une expérience-limite. Une œuvre sur l'altérité trouve son sommet dans une scène où personne d'autre n'existe.
Le dernier acte s'étiole dans le brouillard, au point qu'on n'en sort pas certain d'avoir vu la même chose que son voisin : ceux qui ont assisté à la projection ne s'accordent même pas sur l'identité du père qui pleure — le sien ou celui de Malia — ni sur ce qui a précisément tué le corps de scène tient pourtant l'idée la plus noire du film. Un père se tient devant le visage de son enfant et refuse de le reconnaître, faute d'y trouver l'âme qu'il attendait — les liens humains ne tiendraient donc que par une illusion optique. Mais Harari confie ce père à Radu Jude, cinéaste que la moitié de la salle identifie. Au moment précis où il faudrait se laisser détruire par ce qui se joue, on se surprend à penser « tiens, Radu Jude ». Le film s'est mis lui-même en travers. Le procédé revient partout : une affiche de L'Ami américain accrochée dans le champ, un patronyme emprunté à Dylan avant qu'il ne devienne Dylan. Chaque fois qu'une émotion brute approche, une référence savante s'avance et transforme le choc en plaisir de reconnaissance.
Puis le corps de David, habité par Malia, se supprime. Deux femmes ont été soustraites — Eva évaporée après trois plans qui ne lui appartenaient déjà plus, Malia morte — pour qu'un homme parvienne enfin à habiter une image. Le film se pense comme méditation sur la fluidité des identités et produit, par sa seule mécanique, une fable de survie masculine à coût féminin. Le générique de fin achève de désigner le vrai bénéficiaire de l'opération : au défilement des noms, David laisse place à Robert, le prénom que Dylan a quitté pour devenir Dylan. Quelques minutes après un suicide, la dernière chose que le film tienne à faire savoir est qu'il avait choisi ses noms avec esprit.
Ce que la structure raconte du milieu qui l'a produite est plus intéressant que ce qu'elle raconte de l'identité. Anatomie d'une chute tenait parce que l'indécidable y trouvait une arène — un tribunal, une langue, une classe, un couple, des institutions qui exigeaient une réponse. Le frottement produisait la douleur. L'Inconnue supprime l'arène et garde l'indécidable, qui flotte sans contradicteur, faute d'adversaire, faute de quiconque à qui l'affaire coûterait quelque chose. Le film avait annoncé la couleur dès son générique escamoté : il commence par effacer ceux qui l'ont payé et finit par effacer ceux qui l'ont rendu possible à l'écran. Le film est intelligent, il est bien fait, il est habité par deux acteurs qui se détruisent mais il ne me touche pas une seconde parce qu'il a organisé son propre confort avec une rigueur que je préférerais voir consacrée à autre chose.
Didier Albessart
Didier Albessart

7 abonnés 81 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 1 septembre 2026
Avec un pitch fantastique intéressant quoique déjà vu, on pouvait s'attendre à une œuvre envoûtante. Non, on subit les errances de deux trois personnages qui se regardent et se suivent en tirant la tronche. Et puis rien. Ou presque. Le tout servi par une image moche qui montrent des décors assez moches. Une impression de caricature du film auteurisant accumulant tous les poncifs avec lenteur, voire torpeur... a fuir !
Shawn Atreides
Shawn Atreides

37 abonnés 56 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 août 2026
Si la première partie laisse une sensation étrange vis-à-vis des interactions entre les personnages, la seconde épouse la déconnexion et provoque, via une succession de renversements de perspectives, un effet de profonde sidération.

Contrepied quasi total au film The Substance, auquel il m'est arrivé de penser durant la projection, Harari parvient à proposer une forme nouvelle de body horror, aussi bien physique que mental, en utilisant davantage le pouvoir évocateur et l'intériorité plutôt que la surenchère graphique.

Véritable exercice de décentration, le film nous propulse tour à tour dans les psychés plurielles des âmes qui croisent le chemin sinueux des protagonistes.

Une expérience à méditer au même titre qu'un certain Enemy de M. Villeneuve.
Daniel Marchetti
Daniel Marchetti

2 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 31 août 2026
Tout ça pour ça ? Plus de deux heures à tourner en rond autour de transferts de personnes pour au final déboucher sur une impasse. Heureusement les acteurs font le job mais le scénario est vraiment trop faible. Décevant.
FredGéo
FredGéo

4 abonnés 13 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 août 2026
Ce que expérimentation veut dire, noblement !
Il y a du Zulawsky, du Skolimnovsky, du Haneke et de l'Antonioni bien sur, les cinéastes de l'incommunanicabilité, mais il y a surtout une rencontre inouïe et réussie entre Hitchcock et Linch.
Réinvention philosophique du champ/contre-champ qui devient moi/hors-moi
LLDS76
LLDS76

35 abonnés 37 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 août 2026
Film fascinant que j’ai découvert au festival de cannes et que je viens de revoir. C’est un film assez conceptuel avec de très belles idées de scénario. L’enquête est intéressante et fascinante, malheureusement la musique répétitive n’emporte pas ce récit et alourdit le tout. Le cinéaste est brillant les séquences dans la banlieue et aussi en provinces ont énormément de maestria. spoiler: Entre schizophrénie, transidentité, dissociation liée au viol, dysphorie de genre, le film brasse large les problèmes psychiatriques de notre époque mais manque cruellement d’émotion(paradoxalement).
Un film très cérébrale qui rappelle du Lynch (mais sans humour) ou plutot du Alain Resnais dans l’aspect théorique. Pour cinéphile confirmé.
velocio

1 551 abonnés 3 526 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 27 août 2026
Comme on a du mal à comprendre quoi que ce soit à la vision du film, on peut passer son temps à s’attacher à des détails susceptibles, peut-être, de faire sens. spoiler: On peut commencer par analyser la façon dont se déroulent les coïts : ils sont mécaniques, exempts de la moindre tendresse, c’est pénétration directe. En fait, ils s’apparentent à des viols et ce sont ces coïts, et seulement ceux-ci, qui aboutissent à un échange de corps. Autre détail : il y a dans le film une femme qui est d’origine allemande et un personnage juif : cette femme est du genre opulente alors que le personnage juif est maigrichon. Sans doute un clin d’œil appuyé à la Shoah !
Et puis, il y a le nom du personnage principal : David Zimmerman ! Fouillons un peu ce détail là : tout d’abord, pour celles et ceux qui l’ignoreraient, Zimmerman est le véritable patronyme de Bob Dylan ! Quant à David, c’est le prénom de David Blue, un des meilleurs amis de … Bob Dylan. Bob Dylan qui est une référence artistique et intellectuelle pour Arthur Harari, Bob Dylan qui est l’auteur et l’interprète d’une chanson ayant pour titre « The man in me » (non, les paroles ne font pas référence à un échange de corps !), Bob Dylan a qui le réalisateur Todd Haynes a consacré un film qui parle vraiment d’identité, "I’m not there", dans lequel le rôle du chanteur a été confié à 6 interprètes différents, dont une femme, Cate Blanchett. Bob Dylan, dont on entend la chanson « It’s all over now, Baby Blue » (Oui : Blue, comme David) à la fin du film. Que de détails qui font sens mais qui n’arrivent pas à transformer ce brouet indigeste en plat comestible ! Critique complète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film.
Audrey L

828 abonnés 2 871 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juin 2026
Festival de Cannes : Quoi ma gueule... A part la longueur abusive et un manque de contexte de cette "malédiction" (on ne comprend jamais comment elle marche, c'est assez frustrant), L'Inconnue se distingue quand même par la brillance de ses acteurs, qui n'ont clairement pas des rôles faciles. Léa Seydoux doit jouer un homme de 40 ans, et Niels Schneider une gamine de 18 piges. Pas évident, et pourtant ils s'en sortent vraiment bien. Dans ce récit d'échanges de corps après "consommation intime" (mais pas toutes : on n'a pas tout compris au fonctionnement), on retrouve les poncifs du genre, à savoir les bévues des premiers instants, les confusions de genres, mais ce qui surprend particulièrement dans L'Inconnue, c'est qu'il refuse d'en faire une comédie ou un film de science-fiction (comme 99 d des œuvres du genre "body-swap"), pour rester dans le plus pur drame réaliste. Quelles souffrances mentales découleraient de cette situation, de l'isolement, de l'impossibilité de revenir en famille ou entre amis, de refaire sa vie (surtout quand le "vous" original se barre... et que vous êtes signalé disparu, alors que vous êtes là mais pas avec la bonne gueule : le choc mental est rude). Aussi, la dernière partie est ce qui nous a le plus convaincu, alliant le tragique le plus pur ( spoiler: le suicide de la gamine dans le corps de Niels quand elle comprend qu'elle ne reverra plus sa famille,
après une séquence fantasmée particulièrement difficile, est un brise-cœur absolu... pauvre gosse) et résignation (comme une volonté d'aller de l'avant spoiler: pour le gars coincé dans Léa Seydoux
), est un très bon équilibre. On regrette juste de ne pas savoir d'où vient ce Mal, comment le personnage de Léa l'a eu, ni si elle en était à X échanges (peut-être que quand on prend le film, Léa n'était plus dedans depuis longtemps... On pense que c'est le cas, que Niels a échangé avec une personne "énième" à être coincée, cela donne plus de poids au récit, même si rien ne le confirme malheureusement...), ni même comment cela marche (puisque le spoiler: rapport intime
entre Léa/homme de 40 ans et Niels/gamine de 18 piges ne fonctionne pas...). Dommage, car en 2h12 il y a le temps d'approfondir le sujet. Il n'en reste pas moins que Niels et Léa sont bluffants, et que le final nous a pincé le cœur. Pas mal !
lionelb30

546 abonnés 2 939 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 31 août 2026
Le film tient en haleine durant tout le film et c'est la principale qualité . L'histoire irréaliste n'apporte aucune réponse et donc l’intérêt d'un tel film est négligeable.
Cinévore24

461 abonnés 960 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 septembre 2026
Le "body swap" façon cinéma d'auteur.

Un film plutôt atypique, dans lequel j'ai eu du mal à rentrer dans sa première heure, de par son rythme un peu trop lent et sa narration trop attendue.
Mais plus le film avançait (et s'éloignait des sentiers battus), plus celui-ci m’intriguait et m'accrochait, convoquant (à sa façon) des figures comme Hitchcock, Antonioni et Lynch (ou encore le film d'animation "Your Name.").

Une histoire d'image/regard/reflet et d'identité, de solitudes et de genre, sans doute trop étirée pour ce qu'elle nous raconte, mais qui convainc de par le jeu de son casting (mention spéciale à Seydoux, oui oui), et surtout son ambiance travaillée.

Une œuvre étrange (dans les 2 sens) qui ne plaira pas à tout le monde (clairement), mais possède une forme d'attraction non négligeable. 6,5-7/10.
Direct-actu.fr

401 abonnés 542 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 septembre 2026
La photographie, mémoire d’une identité héritée
La photographie occupe une place étrange dans L’Inconnue. David photographie les traces laissées par le temps dans le paysage périurbain, jusqu’à retrouver les endroits précis où son père avait lui-même posé son regard. Son travail ressemble presque à une archéologie familiale : il ne construit pas encore quelque chose qui lui appartient, il marche dans une mémoire préexistante. Le personnage apparaît ainsi prisonnier d’une filiation qu’il reproduit jusque dans son activité artistique. Cette situation ouvre une autre lecture de son identité, moins liée à ce que nous sommes qu’à ce que nous héritons sans réellement l’avoir choisi.

Le film crée alors un parallèle assez cruel entre mémoire individuelle et mémoire collective. Les bâtiments changent, certains lieux disparaissent, les générations se succèdent, pourtant la photographie conserve artificiellement une continuité entre ces différentes époques. David cherche ainsi dans l’image une stabilité que sa propre existence ne possède pas. Le paysage devient une mémoire extérieure, telle une archive capable de conserver les traces d’une histoire familiale. Et derrière cette obsession se dessine une question plus anthropologique : sommes-nous réellement les auteurs de notre identité, ou passons-nous une partie de notre existence à rejouer, parfois inconsciemment, celle dont nous avons hérité ?

Ce travail sur l’identité dépasse ainsi la question du corps pour interroger la transmission. David semble s’être construit dans une continuité familiale qu’il n’a jamais véritablement remise en cause. Son parcours confronte alors identité personnelle et identité héritée : devenir soi suppose aussi de déterminer ce que l’on conserve, transforme ou abandonne de ceux qui nous ont précédés.
Joce2012
Joce2012

267 abonnés 768 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 août 2026
Scenario très complexe et compliqué, on se perd et on ne comprend pas tout, c'est long, très long...
Guiciné
Guiciné

213 abonnés 1 356 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 septembre 2026
Sans pour autant être totalement décevant, le film vaut principalement pour ses acteurs possédés et impressionnants.
Le scénario est assez simple par sa forme mais complexe par son fond et m’a perdu car les scènes se font souvent trop longues.
Dommage car énormément de potentiel .
Tumtumtree
Tumtumtree

203 abonnés 583 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 août 2026
Le film semble avoir déplu à beaucoup de spectateurs, on y va donc un peu à reculons. Comme on lit partout que l'intrigue est incompréhensible et qu'on s'ennuie, cela motive pour rester concentré et être prêt à se voir dérouté. Et cela fonctionne puisqu'au final, on comprend bien l'histoire et on est embarqué dans cette enquête tout à fait cohérente sur le changement de personnalité.
L'inconnue est proche du fameux film américain It follows. Harari nous livre un scénario avec de constants rebondissements, même si certains aboutissent à des impasses. Parfois les personnages rêvent, parfois ils se souviennent, parfois ils imaginent ce qui pourrait arriver. Tout cela introduit une part de complexité supplémentaire dans ce jeu de miroirs.
Le film est très intéressant sur la dissociation entre ce qu'on voit à l'écran et ce qu'on sait des personnages puisque les inversions de personnalités bouleversent tout. Les comédiens font un énorme travail pour incarner ces figures exilées. Niels Schneider est méconnaissable, et Léa Seydoux accepte de se montrer très très loin du glamour des James Bond.
Au final, je ne suis pas sûr qu’Harari pense sortir là le chef-d'œuvre du siècle ; il est sans doute bien conscient que ce n'est qu'un film de genre. Mais c'est bien mené et intéressant.
Reste que le choix (ou la contrainte) de tout filmer en un morne hiver rend le film assez triste car tout y est laid. Cependant il y a quelques belles inventions de mise en scène, notamment pour filmer la comédienne principale.
Bref si vous êtes prêt à passer plus de deux heures dans l'ambiance blafarde que montre la bande-annonce, et que vous appréciez des films comme It follows, Blow up ou Mulholland drive, vous apprécierez ce film bien construit, fondé sur une hypothèse fantastique et philosophique cohérente.
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