Réussir à faire un film léger sur un sujet lourd n’est pas donné à tous. Et beaucoup s’y sont cassés les dents. En effet, tout le monde ne peut pas saisir la magie, au hasard, d’un Roberto Benigni qui traite des camps sur le ton de la fantaisie avec son chef-d’œuvre « La Vie est belle ». Avec « Nino », il s’agit de maladie. Du cancer en l’occurrence. Et dès les premières séquences du long-métrage, Nino le personnage principal apprend de but en blanc et sans ambages qu’il est atteint d’un cancer de la gorge avancé. Cette scène est d’ailleurs très réussie et parvient même à distiller un soupçon d’humour. Ensuite, durant une heure et demie, on va suivre Nino durant un weekend où il ne peut rentrer chez lui car il a perdu ou oublié ses clés (d’ailleurs c’est l’invraisemblance du film, les serruriers ça existe!). Quelques jours où il va devoir digérer la mauvaise nouvelle en l’annonçant à ses proches ou rencontres inopinées. Ou pas.
« Nino » est un premier film. Et parvenir à tenir l’équilibre fragile de la légèreté quand on parle de maladie et de mort n’est pas aisé lorsqu’on débute. Bravo donc car la magie du long-métrage est qu’il y parvient tout du long avec pudeur et aucune once de sensiblerie. On va être ému certes par le sort de ce jeune homme, mais on va aussi et surtout souvent rire et sourire de ses errances parisiennes. Attention, on n’est jamais au sein d’une comédie non plus. Mais, au gré des rencontres et de son nouveau statut, vont naître quelques quiproquos naturels amusants tout autant que des moments de flottements, de questionnements où légèreté a toujours sa place. Silencieux ou éloquents, ils vont garnir ce joli film précieux d’un parfum envoûtant. Il n’y pas vraiment de chemin narratif clair ici. C’est avant tout le portrait d’un jeune homme dans un instantané de vie court et décisif. Et la compréhension de sa personnalité est indexée sur les gens qu’il va rencontrer ou retrouver.
Dans le rôle-titre, Théodore Pellerin est une nouvelle fois magistral. Il EST Nino. On dirait qu’il ne joue pas un personnage mais qu’il le vit. La réussite de cette première œuvre lui doit beaucoup. Son côté égaré et sensible donne envie de l’aimer. On éprouve de la compassion mais pourtant le film ne s’apitoie jamais sur son sort, le pathos est quasiment toujours évité. « Nino » préfère la lumière et les instants de vie simples et solaires qui en font la beauté. Pauline Loquès reste au demeurant parfois trop discrète, pas assez affirmée mais on s’en acquitte. Et, forcément, dans cet enchainement de séquences anodines ou cruciales, légères ou plus tristes, il y en a des plus réussies que d’autres. Mais même quand on accroche moins selon nos sensibilités à certains moments, on ne peut nier que l’ensemble constitue une chronique douce, juste et qui conquiert les cœurs.
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