Ce film sorti discrètement pendant les Fêtes a été une très belle surprise. Il suit un jeune homme en perpétuel déplacement, sans réel but ni attaches solides, porté par le hasard de ses rencontres et par une douce dérive existentielle, comme la métaphore de toute une génération, qui semble parfois à côté de sa propre vie.
Il y a dans ce film une douceur rare, portée par un personnage principal immédiatement attachant, incarné par un acteur à la gueule d’ange dont la fragilité lumineuse capte l’attention dès les premières minutes. Autour de lui gravite une galerie de seconds rôles tous remarquablement justes, et l’on savoure particulièrement le plaisir de retrouver l'immense Béatrice Dalle, toujours juste, jusque dans la moindre respiration.
Le trio de cinéastes filme une France des marginaux, composée de gens modestes, cabossés mais profondément accueillants. Une communauté fragile, caractérisée par un authentique esprit de solidarité, et que le film regarde sans misérabilisme, ni surplomb.
Laurent dans le vent est un film dont il faut accepter le rythme très lent mais dont la simplicité et le charme vous gagnent peu à peu jusqu'à ne plus vous lâcher et vouloir que cette ode à la liberté et au vivre ensemble dure encore.
Inclassable, tendre et mélancolique, il avance au gré du vent, sans promesse de destination, et révèle, pour peu qu’on accepte de s’y perdre, une forme de liberté assez rare.
Laurent cherche à se reconstruire après avoir traversé une lourde dépression et décide de passer du temps à la montagne. Il rencontre ainsi une galerie de personnages cabossés et hauts en couleurs, se lie à eux, et spoiler: finit par se sentir chez lui dans ce village de montagne . Par conséquent, on ne peut pas dire que Laurent dans le vent ménage ainsi beaucoup de suspense et qu'il surprenne (il rappelle d'ailleurs énormément Miséricorde d'Alain Guiraudie), mais il fait un pas de côté bienvenu quant aux modalités de l'accomplissement de Laurent (spoiler: l'aspect professionnel est finalement évacué), et trouve une justesse de ton remarquable, entre optimisme et mélancolie, entre humour et douceur. On appréciera enfin la prestation des acteurs, tous convaincants et éminemment sympathiques.
J’étais impatient de voir ce film. On m’avait vanté son originalité, son charme, une sorte de douce musique un peu déjantée. Rien de tout cela, on s’ennuie ferme, on a hâte d’arriver au bout. Une perte de temps
C’est un peu décalé, parfois humoristique et souvent touchant. Ce beau film décrit bien le monde angoissant de la jeunesse d’aujourd’hui et ses tentatives de vivre autrement.
Laurent est borderline, il se mets au vert dans une station de ski hors-saison pour renouer avec la vie et lui même. Il rencontre un photographe statique, une femme qui veut mourir en regardant la montagne, un jeune homme passionné par les vikings. Bref toute une galerie de portraits qui plus que son scénario font le sel du film. Et lui donne son côté attachant.
« Laurent dans le vent » captive par sa douceur mélancolique et son regard tendre sur la fragilité humaine, porté par un trio de réalisateurs talentueux qui mêlent introspection, humour discret et poésie du quotidien.
Sorti fin 2025, ce film minimaliste séduit par sa mise en scène pudique, qui privilégie les silences, les plans mobiles flottants et une esthétique contemplative évoquant un conte rural contemporain.
La direction artistique excelle dans l’exploitation du décor alpin hors-saison : un complexe touristique fantôme qui amplifie le sentiment d’apesanteur et de solitude suspendue, sans jamais appuyer le pathos.
La musique discrète et les sons naturels renforcent cette atmosphère de stand-by existentiel, où chaque geste semble hésiter entre inertie et élan vital.
Au cœur du film, Baptiste Perusat livre une prestation nuancée et bouleversante, incarnant une présence spectrale à la fois passive et ouverte, magnétique dans sa vulnérabilité.
Entouré d’une galerie de personnages baroques et touchants – Béatrice Dalle en figure maternelle câline, Thomas Daloz en excentrique absurde, Djanis Bouzyani en rêveur contrarié –, il compose un chœur de solitudes qui s’entrelacent avec finesse et humour décalé.
Les critiques louent unanimement cette réussite inclassable, à mi-chemin du réalisme social et de la fable déflationniste, rappelant Guiraudie ou les frères Larrieu par sa tendresse pour les anti-héros en quête d’utopie face au réel décevant. Le ton grave mais non dénué de légèreté, les dialogues ciselés et la chaleur des liens éphémères en font un objet cinématographique rare, qui laisse une empreinte persistante de bienveillance et d’espoir discret.
On en ressort réchauffé, prêt à embrasser ses propres errances avec plus de douceur.
Voilà un film bien étrange pour débuter l'année car dès la séquence d'ouverture, on est plongé dans une nonchalance qu'on peut craindre mais à laquelle on s'abandonne avec une sorte de délectation. Cela est du aux personnages humains et attachants et surtout à l'acteur principal, Baptiste Perusat, extraordinaire dans ce rôle d'un jeune homme qui n'a aucune envie. Je pense qu'on reparlera de lui.
Ce deuxième long métrage réalisé par trois cinéastes issu de la Ciné Fabrique de Lyon, un peu atypique et utopique est intéressant à découvrir. On suit les errances de Laurent en sortie de dépression dans une station de ski alpine. Ce jeune homme, un peu désorienté et sans véritables repères dans la vie, va tenter de trouver un peu de sens par ses différentes rencontres avec des personnes auxquelles il s’attache. Cela donne des situations parfois comiques et touchantes. Le film nous permet aussi d’apprécier les beaux paysages du massif des Orres dans lesquels on suit avec intérêt les déambulations de Laurent.
Bernard CORIC
(film visionné le 21/11/2025 en projection de presse au cinéma Le Balzac à PARIS)
Laurent décide de changer d’air pour sortir d’une dépression et s’installe à la montagne dans un chalet prêté. Il y découvre la vie hors saison dans une station de ski isolée, et y rencontre des locaux attendrissants. Certaines rencontres le changent et lui permettent de retrouver un sens à sa vie. Le film est un peu long, inégal, cela part un peu dans tous les sens…
Ai vu « Laurent dans le vent » du trio de réalisateurs Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon. Un film original dans sa fabrication, sa forme et son fond. Laurent (très convainquant Baptiste Pérusat dont c’est le premier rôle) est un jeune homme de 29 ans qui comme une feuille va là où le vent le pousse. Il fait partie de cette génération, à juste titre, défaitiste et « aquoibonniste » … qui se renferme sur elle-même et qui a peu de besoin. Laurent n’a que son RSA pour vivre et cela lui suffit grandement. Il arrive dans une petite station de ski fort laide et inhabitée, sans neige et hors saison. Comme un Bernard l’hermine, il squatte à droite, à gauche et se fait des amis au fil des saisons. Laurent s’intéresse aux autres et est très attachant. Il rencontrera une femme mûre (intense Béatrice Dalle bien trop rare au cinéma) qui vit avec son fils qui se rêve viking (Thomas Dalloz), un photographe du dimanche (toujours aussi décalé et drôle Djanis Bouzyani), une femme qui aspire à mourir enfin (Monique Crespin). Il y a de belles idées de mise en scène dans ce film, entre autre une scène d’ouverture très originale et onirique, où l’on voit Laurent être parachuté dans la station presque malgré lui. Les scènes sont parfois joliment fondues enchainées. La musique répétitive et étrange est symptomatique du film qui est hélas trop long aussi. Mais ce film est une très juste photographie sur une jeunesse désillusionnée, où aimer et être aimer est le plus beau des rêves, et qui a pour voeux les choses les plus simples qui soient et où la liberté n’a aucun prix. Baptiste Pérusat est de tous les plans et son charme est pour beaucoup dans cette proposition décalée qui peut souvent faire penser à l’univers d’Alain Guirodie. Et je trouve que de jeunes réalisateurs s’inspirant de ce réalisateur atypique et génial est une excellente nouvelle en ce début d’année.
Film un peu décalé sur un mec de 30 ans un peu paumé, qui ne sait pas trop quoi faire et qui se laisse porter. D'un appartement prêté par une amie de sa sœur à la montagne, à une rencontre avec un jeune photographe de la station qu'il a envie de suivre à Marseille, à une vieille dame qui n'a plus la force de vivre et qui essaie de se faire mourir dans son jardin, à un jeune homme qui se prend pour un Viking. Univers assez barré. Quelques longueurs.
Comme son plan d’ouverture, ce joli film flotte dans les airs. Le personnage principal (Laurent, interprété par le très convaincant Baptiste Pérusat), effarouché et gracile, ne sait jamais vraiment ni où ni comment se poser. Chacun tantôt s’aimante, tantôt se repousse ; tous un peu insatisfaits, un peu de guingois, un peu cabossés. Le désir circule partout. On pense bien sûr à Guiraudie, mais en plus mutin, sans l’épaisseur volontariste du trait. Le film capte avec délicatesse un vieux rêve commun : aimer et être aimé, aussi rare et merveilleux qu'une chèvre magique.
Ce qui m'a d'abord étonnée en entrant dans cette salle, aux trois quarts pleine, d'un cinéma de quartier de Rouen, c'est la présence uniformisée de boomers. Ces gens avaient -ils comme moi étaient conseillés par leur fille trentenaire pour venir voir ce film, "Laurent dans le vent", pour s'attendrir sur l'histoire d'un jeune paumé ? À la lumière de la fin de séance, leurs visages reflétaient- ils leur jeunesse perdue de babacool ? Dans un style glissant, cette histoire nous montre une quête de sens d'une jeunesse, peu connectée au monde tel qu'on le lui impose, n'inscrivant pas d'idéal, sans colère, dérivant au gré du vent. Solitudes qui cohabitent , essais d'attachement, compréhension sans débats et humanité résignée. Dans son époque.
Quel film de ouf, probablement mon film préféré des années 20, j'en ressors avec 2 sourires, un sur mon visage et un sur mon coeur, merci dieu d'avoir inventé le cinéma et la france d'avoir permis de faire des films à 3!