Laurent dans le vent
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68 critiques spectateurs

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Yves G.

1 845 abonnés 4 017 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 janvier 2026
Laurent (Baptiste Pérusat) a vingt-neuf ans. Cet adulescent lunaire atterrit littéralement dans une station de sports d'hiver des Hautes-Alpes, à la morte saison, où l'amie de sa sœur lui prête un appartement. Il va y faire quelques rencontres improbables : un jeune photographe marseillais homosexuel séduisant mais superficiel, une mère (Béatrice dalle) et son fils, obsédé par la culture viking, une vieille femme en fin de vie, un agriculteur à la recherche de sa "chèvre-miracle".

"Laurent dans le vent" est un petit film français sans prétention, comme on en voit hélas (trop) souvent. Son scénario se résume à pas grand-chose : un personnage central et les rares rencontres qu'il fait dans une station de sport d'hiver quasi déserte.

Laurent flotte dans cette indécision caractéristique de la sortie de l'adolescence et de l'entrée dans l'âge adulte. Il flotte dans sa sexualité et couche avec les garçons comme avec les filles. Il flotte dans ses choix et vit plus ou moins aux crochets de sa sœur. On comprend que les trois (!) réalisateurs se soient attachés à cette figure dont l'absence même de qualités constitue le principal trait de caractère. Mais leur parti pris de sobriété, de dédramatisation finit par assécher le film au point de le rendre insipide.
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 décembre 2025
Laurent dans le vent est un film rare, discret et profondément contemporain, qui capte avec une justesse troublante le malaise diffus de notre époque. À travers une errance presque immobile, le film observe des êtres qui parlent beaucoup, se croisent, s’accrochent, mais peinent à réellement se rencontrer. Ici, la solitude n’est ni spectaculaire ni tragique : elle est ordinaire, installée, presque acceptée. Elle se glisse dans les gestes, les silences, les arrangements du quotidien. Le film regarde ces existences sans les juger, avec une attention patiente, laissant affleurer ce que chacun tente de masquer.

La mise en scène privilégie l’écoute, le temps long, la présence. Elle refuse l’effet, la démonstration, pour laisser surgir des instants de vérité fragile. Les dialogues semblent parfois surgir comme des confidences trop longtemps retenues, révélant combien la parole sert autant à se protéger qu’à se relier. On parle pour combler, pour justifier, pour tenir debout. Mais parler ne suffit pas toujours à créer du lien.

Le film interroge ainsi notre société de communication permanente, où les relations deviennent parfois des rôles à tenir, des récits à produire, des preuves d’existence. Couple, amitié, exposition de soi : autant de formes qui tentent de conjurer la peur du vide. Sans jamais théoriser, le récit montre combien le besoin d’être reconnu, vu et touché demeure une nécessité profondément humaine, presque biologique.

Entre réalisme et douceur poétique, Laurent dans le vent propose un cinéma de la présence : un cinéma qui observe comment les êtres s’effleurent, se manquent, s’aident parfois sans le savoir. Un film mélancolique mais jamais désespéré, traversé d’humour discret et de tendresse, qui rappelle que le lien ne se décrète pas, ne se performe pas, mais se construit lentement, dans l’attention portée à l’autre. Une œuvre singulière, humble et précieuse, qui laisse une trace durable par sa justesse émotionnelle et sa profonde humanité.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 janvier 2026
Laurent est un jeune qui cherche sa place. Sans domicile, sans métier, psychologiquement instable, il échoue dans la station de ski des Orres.

Ce deuxième film du trio de réalisateurs Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon dresse donc le portrait de Laurent et de ses rencontres : une vieile femme grabataire, un géant qui veut fonder des colonies viking en Sibérie, une chèvre magique, Béatrice Dalle qui ramasse des plantes.

Baptiste Pérusat fournit une belle performance d'acteur, avec une candeur inquiétante qui peut rappeler par moment le Terence Stamp de Théorème.

Il y a dans ce (trop) long essai d'une heure quarante beaucoup du cinéma de Guiraudie. En vrac, la fluidité sexuelle, la mort, les bizarreries, le choc de solitudes dans une nature plus grande que l'homme, des personnages opaques et souvent légèrement antipathiques, une atmosphère qui flirte avec le fantastique.

Mais le résultat n'a pas la fantaisie grinçante du réalisateur du merveilleux Miséricorde. Il lui manque un surcroît de méchanceté, un grain de folie ou une bonne dose d'humour pour vraiment captiver.

J'avoue m'être ennuyé, même si le film met en évidence la capacité du trio de réalisateurs à capter avec sensibilité les sentiments d'une jeunesse déboussolée et comme hors du monde.
laurent aroles
laurent aroles

3 abonnés 33 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 janvier 2026
Un film qui sort des sentiers battus.
Tout sonne juste, vrai,authentique. Le rythme, que certains ,trouvent lent, est en fait le rythme de la vie que peuvent avoir des personnes dans une station de ski hors saison.
Les personnages sont authentiques, touchants, attachants.
Béatrice Dalle fait un retour à l’écran très convaincant et colle parfaitement au personnage.
Quant à Baptiste Perusat il accompli une véritable prouesse d’acteur. Dans ce rôle ,difficile à interpréter, pas une fausse note. Tout est juste,mesuré ,exact. Il est le personnage dans les gestes, les regards, la voix. C’est certain, ce garçon fera parler de lui.
Thomas Daloz et Djanis Bouzyani lui donne la réplique avec justesse et sont authentiques et touchants.
Les autres protagonistes sont tout également du même niveau.
En conclusion, un film plein d’humanité sur des écorchés de la vie,très juste .c’est sincère, efficace, bien mené,ou l’humour est également présent par touches bienvenues.
Ce film apporte au cinéma français une pépite qu’hélas la presse ne sert pas.
En France,quand on a de belles choses, ceux qui devraient les valoriser ne le font pas et c’est fort regrettable.
Alors ,plutôt que de vous ennuyer à mourrir avec le maître du kabuki ou l’engloutie envolez vous avec Laurent dans le vent et laissez vous porter...
René Xavier Rosnoblet
René Xavier Rosnoblet

5 abonnés 21 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 janvier 2026
Laurent à l'ouest eût été, selon moi, un titre plus approprié au regard de tous les personnages qui habitent ce film tant ils sont décalés, voire caricaturaux parce que campés dans des situations de vie qui fleurtent avec le cliché : dans un village de montagne avant la saison de ski, une vieille dame seule qui veut mourir, une mère rock'n roll et son grand fils genre asperger, un berger qui recherche sa chèvre-miracle, un jeune homme homosexuel qui attend au bord de la route un passant improbable pour le photographier ou un Laurent trentenaire paumé qui attérit parmi eux....
Nonobstant, tout ce petit monde hétéroclite, par les liens qu'il tisse, parvient à me toucher malgré des ellipses narratives gênantes ou quelques scènes peu réalistes mais rendues crédibles grâce à un jeu d'acteurs et d'actrices remarquable.
Je vous laisse découvrir le message véhiculé par les réalisateurs si vous en voyez un.
silien
silien

7 abonnés 57 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 19 janvier 2026
De bonnes critiques presses et spectateurs. Ce n'est pas rendre service à ceux qui ont commis un tel navet. Jean Pierre Mocky, grand cinéaste avait réalisé : Y a t'il un français dans la salle. A présent, il est autorisé de se demander au vu des films de vacances français sur côtés. Y a t'il des cinéphiles dans les salles!
traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 janvier 2026
Presque tous les longs métrages labellisés par l'ACID se caractérisent par leurs pas de côté et un certain refus d'une narration classique. Mais il faut du talent pour croquer des tranches de vie à part, notamment pour leur insuffler un rythme et du dynamisme. Cela passe par l'audace et Laurent dans le vent n'en a pas trop, quoiqu'on puisse dire, cheminant dans un récit qui prend ses marques décalées, d'emblée, avec un personnage insaisissable, errant sans véritable but dans une station de sports d'hiver hors saison. Les rencontres avec des humains qui se cherchent aussi plus ou moins, entre absurde et mélancolie, font avancer le film à un train de sénateur. C'est bien de tout miser sur l'atmosphère, mais encore faut-il éviter d'être redondant quand on a finalement assez peu à raconter, si ce n'est l'existence de "déclassés", certes assez absents du paysage cinématographique français, qui sont rarement définis par leur activité, mais par leur comportement, voire leurs états d'âme. Il est indéniable que les réalisateurs témoignent d'une grande tendresse à l'égard de leurs protagonistes, mais ce cinéma, évidemment chéri de la critique, a quelque chose d'éteint dans sa mise en scène, en dépit de la beauté des paysages alpins, et y voir une parenté avec les films d'Alain Guiraudie n'est que très partiellement pertinent eu égard à l'énergie vitale et malicieuse qui se dégage des réalisations de ce dernier.
Cinememories

583 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 octobre 2025
Entre introspection, humour et tendresse, Laurent dans le vent explore la fragilité d’un jeune homme en quête de sens, naviguant d’une rencontre à l’autre sans direction précise. Le trio de cinéastes – composé d’Anton Balekdjian, de Léo Couture et de Mattéo Eustachon – poursuit ici son exploration de personnages à la dérive, à travers une mise en scène minimaliste qui privilégie les silences aux éclats.

Dans la continuité de leur précédent long-métrage, Mourir à Ibiza (un film en trois étés), un teen movie, les réalisateurs interrogent à nouveau l’errance, la solitude et la nature éphémère des liens humains. Mais cette fois, le cadre change radicalement : le vide des stations balnéaires laisse place à l’immensité verticale et silencieuse des Hautes-Alpes. C’est dans ce paysage rural, isolé et hors saison, que Laurent espère trouver un point d’ancrage. Il arrive dans une station de ski désertée, dont le calme glacial entre en résonance avec son propre état d’âme.

Laurent semble se fondre dans ce décor fantomatique. Sa démarche lente, ses bras ballants, son regard absent le réduisent presque à une présence spectrale. Il croise alors les quelques habitants restés coincés dans la vallée, eux aussi happés par une forme de stagnation. Tous partagent une quête existentielle confuse : désir de changement, incapacité à avancer, espoir d’un renouveau. Le film suggère que c’est justement dans cette communauté de solitudes que Laurent pourrait se reconstruire.

Commence alors un parcours de plusieurs mois. Laurent, âgé de 29 ans, erre sans but clair, poursuivant des aspirations floues : stabilité, apaisement, relations sincères. Plus qu’un travail ou un logement, il cherche une forme d’équilibre intérieur, tout en remettant en question son propre engagement – affectif, social, personnel. L’image inaugurale du film, où l’on ne voit que ses pieds flottant dans le vide d’un télésiège, symbolise parfaitement son état : suspendu, sans contrôle sur sa trajectoire.

Malgré son inertie apparente, Laurent parvient à nouer des liens avec une vieille femme en fin de vie, un photographe amateur et une mère célibataire nostalgique. Chacun représente une génération différente, mais tous semblent partager une même mélancolie, une même envie d’échapper à leur condition actuelle. Parmi eux, un homme fasciné par les Vikings rêve de fonder une colonie dans un pays lointain – un projet absurde en surface, mais révélateur d’un mal-être profond. Ces portraits, souvent touchants, forment un chœur discret d’individus à la dérive.

Le fil rouge du récit reste les appels téléphoniques de la sœur de Laurent, discrets mais récurrents, qui renforcent l’idée que sa reconstruction dépendra de sa capacité à se reconnecter aux autres. C’est dans ces rencontres – parfois absurdes, souvent poignantes – qu’il parvient peu à peu à sortir de sa torpeur. Le film se clôt sur une note douce-amère, à la croisée d’un adieu à la mort et d’un salut à la vie. Laurent semble enfin prêt à sortir de la piste, au sens propre comme au figuré, pour envisager un nouveau départ.

Sans être dépourvu d’humour, notamment grâce à quelques dialogues décalés, Laurent dans le vent conserve un ton globalement grave et mélancolique. Il tire son étrangeté d’un mélange singulier entre narration quasi-contemplative et esthétique réaliste, empruntant au conte sa structure initiatique tout en gardant les pieds sur terre. La musique, discrète, accompagne avec justesse les émotions sans jamais les surligner. Ce choix contribue à renforcer l’impression d’un personnage principal aussi insaisissable que les lieux qu’il traverse.

Quelques longueurs se font néanmoins sentir dans la deuxième partie du film, notamment dans la répétition de certaines situations. Heureusement, la prestation sobre et habitée de Baptiste Perusat donne du corps à ce rôle d’apparence flottante. Son interprétation gagne en densité au fil du récit. À ses côtés, Béatrice Dalle (37°2 le matin, La Sorcière, Lux Æterna, La Bête dans la jungle) apporte une intensité bienvenue, compensant les creux narratifs par une présence magnétique. Finalement, la station de ski ne se contente pas d’être un décor : elle incarne le labyrinthe mental dans lequel Laurent évolue, tout en offrant la possibilité d’en sortir.

Retrouvez toutes nos critiques du festival de Cannes 2025 sur Le Mag du Ciné.
norman06

425 abonnés 1 821 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 janvier 2026
Un très joli film, poétique et décalé, sur la marginalité. Les élans et hasard de la vie sont admirablement mis en scène, avec une Béatrice Dalle rayonnante dans un second rôle difficile.
Rideau sur l'Écran
Rideau sur l'Écran

102 abonnés 221 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 janvier 2026
Difficile de ranger "Laurent dans le vent" dans une case tant le film avance à contre-courant. Le récit progresse par à-coups, porté par des rencontres imprévues qui semblent guider Laurent plus que toute logique apparente. Ce flottement permanent, jamais forcé, évoque une forme de théâtre de l’absurde délicatement transposé au cinéma. Entre douceur maladroite, éclats de rudesse et humour discret, le film change sans cesse de cap, avec une liberté réjouissante. Cette errance assumée crée une proximité rare avec ses personnages et rend le voyage aussi imprévisible qu’attachant, laissant une impression durable de sincérité et de plaisir inattendu.
max7_13
max7_13

36 abonnés 166 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 décembre 2025
Vu en avant première au MK2 beaubourg, on se laisse porter par les rencontres de Laurent au sein d’une petite station de montagne. J’ai toutefois du mal à comprendre la cohérence
takeshi29
takeshi29

35 abonnés 141 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 septembre 2025
Quelqu'un aurait dit à la sortie de la projection : « Mais quel est l'intérêt de filmer des ratés pareils ? ». Et c'est justement pour ça que "Laurent dans le vent" est un bonheur, parce qu'il met en avant, parce qu'il regarde avec une infinie tendresses ces losers magnifiques que le cinéma ignore, ceux qui se foutent de la réussite sociale à l'heure où il faut posséder pour exister. Sous l'aspect farfelu se cache quelque chose de profond, ces personnages sont typés et décalés, ils semblent vivre ailleurs, dans des stratosphères qui rappellent les univers d'Alain Guiraudie ou Luc Moullet.

Une très jolie surprise, d'autant que le "Mourir à Ibiza" du trio de réalisateurs ne laissait en rien présager un film si libre et réussi. Ah oui une dernière chose : Béatrice Dalle est tout simplement formidable dans ce rôle de mère aimante qui n'oublie pas d'être une femme.

Vu en avant-première
Mathilde L.
Mathilde L.

33 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 janvier 2026
film singulier sur les singularités qui finalement font le lien et le commun...enfin, c'est ma lecture...chouette film...sympa aussi de revoir Béatrice Dalle, cela dit, les acteurs sont tous assez rayonnants, beau casting
velocio

1 538 abonnés 3 497 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 janvier 2026
L'envie d'aller voir ce film m'était venue de comparaisons que j'avais lues avec les cinémas d'Alain Guiraudie et d'Eric Rohmer. J'avoue que le début du film m'a un peu désarçonné et j'avais l'impression d'avoir été quelque peu grugé. Et puis, plus le film avance, plus Laurent devient attachant, plus le comportement des personnes qu'il fréquente dans la station de sports d'hiver nous touche, la forme de burlesque très légère et poétique empruntée par le film venant se greffer sur un mélange délicat de tendresse et de mal de vivre.
Cinephille
Cinephille

174 abonnés 634 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 janvier 2026
Petit film sympathique sur ces gens nombreux un peu satellisés vivotant comme ils peuvent sans rien demander ni embêter qui que ce soit. Une humanité biscornue et poétique où il y a finalement une place pour chacun.
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