Laurent décide de changer d’air pour sortir d’une dépression et s’installe à la montagne dans un chalet prêté. Il y découvre la vie hors saison dans une station de ski isolée, et y rencontre des locaux attendrissants. Certaines rencontres le changent et lui permettent de retrouver un sens à sa vie. Le film est un peu long, inégal, cela part un peu dans tous les sens…
De bonnes critiques presses et spectateurs. Ce n'est pas rendre service à ceux qui ont commis un tel navet. Jean Pierre Mocky, grand cinéaste avait réalisé : Y a t'il un français dans la salle. A présent, il est autorisé de se demander au vu des films de vacances français sur côtés. Y a t'il des cinéphiles dans les salles!
Laurent à l'ouest eût été, selon moi, un titre plus approprié au regard de tous les personnages qui habitent ce film tant ils sont décalés, voire caricaturaux parce que campés dans des situations de vie qui fleurtent avec le cliché : dans un village de montagne avant la saison de ski, une vieille dame seule qui veut mourir, une mère rock'n roll et son grand fils genre asperger, un berger qui recherche sa chèvre-miracle, un jeune homme homosexuel qui attend au bord de la route un passant improbable pour le photographier ou un Laurent trentenaire paumé qui attérit parmi eux.... Nonobstant, tout ce petit monde hétéroclite, par les liens qu'il tisse, parvient à me toucher malgré des ellipses narratives gênantes ou quelques scènes peu réalistes mais rendues crédibles grâce à un jeu d'acteurs et d'actrices remarquable. Je vous laisse découvrir le message véhiculé par les réalisateurs si vous en voyez un.
Ce film sorti discrètement pendant les Fêtes a été une très belle surprise. Il suit un jeune homme en perpétuel déplacement, sans réel but ni attaches solides, porté par le hasard de ses rencontres et par une douce dérive existentielle, comme la métaphore de toute une génération, qui semble parfois à côté de sa propre vie.
Il y a dans ce film une douceur rare, portée par un personnage principal immédiatement attachant, incarné par un acteur à la gueule d’ange dont la fragilité lumineuse capte l’attention dès les premières minutes. Autour de lui gravite une galerie de seconds rôles tous remarquablement justes, et l’on savoure particulièrement le plaisir de retrouver l'immense Béatrice Dalle, toujours juste, jusque dans la moindre respiration.
Le trio de cinéastes filme une France des marginaux, composée de gens modestes, cabossés mais profondément accueillants. Une communauté fragile, caractérisée par un authentique esprit de solidarité, et que le film regarde sans misérabilisme, ni surplomb.
Laurent dans le vent est un film dont il faut accepter le rythme très lent mais dont la simplicité et le charme vous gagnent peu à peu jusqu'à ne plus vous lâcher et vouloir que cette ode à la liberté et au vivre ensemble dure encore.
Inclassable, tendre et mélancolique, il avance au gré du vent, sans promesse de destination, et révèle, pour peu qu’on accepte de s’y perdre, une forme de liberté assez rare.
Laurent (Baptiste Pérusat) a vingt-neuf ans. Cet adulescent lunaire atterrit littéralement dans une station de sports d'hiver des Hautes-Alpes, à la morte saison, où l'amie de sa sœur lui prête un appartement. Il va y faire quelques rencontres improbables : un jeune photographe marseillais homosexuel séduisant mais superficiel, une mère (Béatrice dalle) et son fils, obsédé par la culture viking, une vieille femme en fin de vie, un agriculteur à la recherche de sa "chèvre-miracle".
"Laurent dans le vent" est un petit film français sans prétention, comme on en voit hélas (trop) souvent. Son scénario se résume à pas grand-chose : un personnage central et les rares rencontres qu'il fait dans une station de sport d'hiver quasi déserte.
Laurent flotte dans cette indécision caractéristique de la sortie de l'adolescence et de l'entrée dans l'âge adulte. Il flotte dans sa sexualité et couche avec les garçons comme avec les filles. Il flotte dans ses choix et vit plus ou moins aux crochets de sa sœur. On comprend que les trois (!) réalisateurs se soient attachés à cette figure dont l'absence même de qualités constitue le principal trait de caractère. Mais leur parti pris de sobriété, de dédramatisation finit par assécher le film au point de le rendre insipide.
Difficile de ranger "Laurent dans le vent" dans une case tant le film avance à contre-courant. Le récit progresse par à-coups, porté par des rencontres imprévues qui semblent guider Laurent plus que toute logique apparente. Ce flottement permanent, jamais forcé, évoque une forme de théâtre de l’absurde délicatement transposé au cinéma. Entre douceur maladroite, éclats de rudesse et humour discret, le film change sans cesse de cap, avec une liberté réjouissante. Cette errance assumée crée une proximité rare avec ses personnages et rend le voyage aussi imprévisible qu’attachant, laissant une impression durable de sincérité et de plaisir inattendu.
Film un peu décalé sur un mec de 30 ans un peu paumé, qui ne sait pas trop quoi faire et qui se laisse porter. D'un appartement prêté par une amie de sa sœur à la montagne, à une rencontre avec un jeune photographe de la station qu'il a envie de suivre à Marseille, à une vieille dame qui n'a plus la force de vivre et qui essaie de se faire mourir dans son jardin, à un jeune homme qui se prend pour un Viking. Univers assez barré. Quelques longueurs.
Il y a de l'idée, des belles relations, le personnage principal est agréable mais il ne se passe pas grand chose, pas d'action et pas de perspective dans la vie pour cet homme paumé
Un très joli film, poétique et décalé, sur la marginalité. Les élans et hasard de la vie sont admirablement mis en scène, avec une Béatrice Dalle rayonnante dans un second rôle difficile.
Il s'agit sans doute de décrire la pauvreté sociale, intellectuelle, financière, etc de certaines personnes. De là à faire aussi pauvre cinématographiquement... Image nulle, dialogues nuls, diction faiblarde, éclairage anémique, scénario décousu, même la montagne dans ce coin de l'embrunais est glauque. Le seul moment intéressant est celui du recueillement, à la fin. Comme le curé était dans la scène précédente, j'ai réellement cru que le recueillement était pour la chèvre. Dernière déception !
Laurent est un jeune qui cherche sa place. Sans domicile, sans métier, psychologiquement instable, il échoue dans la station de ski des Orres.
Ce deuxième film du trio de réalisateurs Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon dresse donc le portrait de Laurent et de ses rencontres : une vieile femme grabataire, un géant qui veut fonder des colonies viking en Sibérie, une chèvre magique, Béatrice Dalle qui ramasse des plantes.
Baptiste Pérusat fournit une belle performance d'acteur, avec une candeur inquiétante qui peut rappeler par moment le Terence Stamp de Théorème.
Il y a dans ce (trop) long essai d'une heure quarante beaucoup du cinéma de Guiraudie. En vrac, la fluidité sexuelle, la mort, les bizarreries, le choc de solitudes dans une nature plus grande que l'homme, des personnages opaques et souvent légèrement antipathiques, une atmosphère qui flirte avec le fantastique.
Mais le résultat n'a pas la fantaisie grinçante du réalisateur du merveilleux Miséricorde. Il lui manque un surcroît de méchanceté, un grain de folie ou une bonne dose d'humour pour vraiment captiver.
J'avoue m'être ennuyé, même si le film met en évidence la capacité du trio de réalisateurs à capter avec sensibilité les sentiments d'une jeunesse déboussolée et comme hors du monde.
C'est un film qui ne donne rien, n'apporte rien, n'ajoute rien, une tranche de vie sur des gens qui vivent comme ils peuvent. C'est la force du film, c'est un documentaire sur un gars lambda entouré de gens plus ou moins aussi lambda travesti en film. Il ne fait que rappeler, à ce que vous vous trouvez en commun avec ses éléments, l'existence et le cru de ces sentiments. C'est un film pour se souvenir de nous-mêmes, en tant que nous ne sommes personne, de nos errances qui durent toute une vie et du réel qui frappe à la sortie du vieux rêve de la vie active et adulte; ce malheur qui fait perdre du temps et le nord à la boussole de celui qui court après le quotidien accéléré, mais malheur qui peut apaiser cette névrose : ce qui reste comme désir ultime après la fin de ce mirage c'est "d'aimer et d'être aimé". On ne parle pas du grand amour, le besoin de faire corps à plusieurs en échangeant quelques tendresses suffit. Un film bien plus cruel qu'il ne laisse croire, cela sans amener aucun artifice ou effet déchirant. Il fait partie de ces oeuvres qui s'habille le mieux de l'adjectif "véritable".