Avec Météors, Hubert Charuel part d’une idée forte: associer la marginalisation sociale à l’enfouissement nucléaire pour vite l’abandonner au profit d’un schéma binaire et complaisant. Au lieu de creuser la puissance subversive de ses images, le film réduit ses personnages à des archétypes. L’amitié est sacrifiée sur l’autel d’une morale sociale douteuse, qui oppose un « pauvre mais sauvable » à des marginaux irrécupérables, tournés en ridicule. Le dernier plan, faussement attendri, scelle le verdict : condescendance et fatalisme. Charuel avait en main un matériau brûlant ; il en fait une leçon glaciale, qui confond critique sociale et mépris voilé.
Un trio d'acteurs éblouissant dont la complicité crève l'écran ! La justesse des silence, de leur pudeur, de leur fraternité touche en plein coeur. Le film dépeint la réalité de la France des ronds-points, abandonnée, et dont le territoire désert n'est plus destiné qu'à être une poubelle. Une très belle découverte !
Une grosse déception! Déjà, on parle de "trois amis inséparables", en première phrase du synopsis comme sur l'affiche ; à l'écran, on a plutôt le sentiment d'un duo entre Paul Kircher (excellent dans la transmission d'émotions, mais très banal dans son jeu d'acteur) et Idir Azougli qui est un vrai coup de cœur, dont le profil s'intègre merveilleusement au personnage joué. Le choix des décors nocturnes se prête bien à la trame et offre une photographie très intéressante. En revanche, l'absence de musique (trois sons tout au plus) est une vraie problématique ; c'est lent et c'est long, une fois que les traits d'humour du début disparaisse pour entrer dans le drame. L'aspect diagonale du vide est une bonne idée en soi, mais pas suffisamment exploité. Comme la complexité de la poubelle nucléaire spoiler: un truc moche dans un coin moche, mais la possibilité de dynamiser le territoire, sans oublier la disparition de Dan qui n'est pas du tout crédible et possible . Exactement comme la quête de Moby Dick, spoiler: porte d'entrée vers de nouveaux rêves qui retombe comme un cheveu sur la soupe à la fin . Je reste clairement sur ma faim.
Où sont les femmes dans la filmographie de Charuel? En choisissant de les exclure de son champ de représentation, le réalisateur reconduit l’invisibilisation du féminin, prolongeant une tradition où le masculin incarne l’universel et où les récits des femmes sont réduits à l’exception ou au silence. Quant aux acteurs, ils auraient mérité d’être accompagnés. Paul Kircher articule comme à une audition de première année de théâtre; à ce stade, on préfère encore le silence nucléaire.
Un vrai choc cinématographique ! Météors m’a bouleversé du début à la fin, avec une mise en scène d’une intensité rare. Les acteurs sont d’une justesse bouleversante, portés par une bande-son incroyable. C’est un film qui reste en tête longtemps après le générique, une œuvre magistrale à ne surtout pas manquer !
Une belle histoire d'amitiés foutraques joué par un super trio d'acteurs - Idir Azougli est excellent-. L'univers sombre ne manque pas pour autant pas de scènes très drôles. Un beau chaud-froid.
Pour ce nouveau long métrage, Hubert Charuel a voulu retrouver l’univers de ses premiers court-métrages, ""La diagonale du vide" et "K-nada", des films tournés à Saint-Dizier et dans ses environs, là où il a grandi, là où il connait les histoires de personnages dont on ne parle jamais, ou presque. Au départ, le film devait raconter la chute d’une météorite sur Saint-Dizier. La météorite a fini par disparaitre du scénario, la force de l’amitié, celle, incroyablement forte entre Mika et Dan, la disparition d’un personnage, la dépendance à l’alcool et les poubelles nucléaires sont restées. Avec ses nombreuses ellipses et sa fin énigmatique, le film laisse une paire de questions sans réponse : le duo Charuel/Le Pape a-t-il voulu montrer que le système social et le système judiciaire de notre pays préfèrent envoyer les paumés de la société à la poubelle, qu’elle soit nucléaire ou pas, plutôt que de leur apporter de l’aide ? Ce duo a-t-il conscience qu’il y a une certaine facilité et beaucoup de mépris à se moquer sans pitié de personnages marginaux, à la fois alcoolisés et stupides ? Ce film qui laisse donc, malheureusement, une impression de malaise est par contre bien servi par un bon trio de comédiens : Paul Kircher dans le rôle de Mika, Idir Azougli dans le rôle de Dan, Salif Cissé dans celui de Tony. La critique complète peut être lue sur le site où le tiret du 6 est entre critique et film.
À Saint Dizier, trois amis si différents vont voir leur vie basculer. Tony dirige son entreprise de BTP pendant que Mika travaille à Burger King, et que Dan enchaine les plans foireux. Ce dernier va enchainer les mauvaises décisions et entrainer ses amis sur une pente infernale… Dans ce second long métrage, Hubert Charuel explore l’amitié (forte et puissante), mais aussi les territoires marqués par la précarité, les addictions… L’image est globalement très jolie. Problème du film à mes yeux, un scénario un peu fourre tout, avec trop d’histoires pas toujours bien exploitée, et des inégalités de rythme. L’insolent charme de Paul Kircher ne peut pas toujours suffire à hypnotiser le spectateur !